Des boîtes favorisent le partage entre voisins

LausanneA l’initiative des Communes ou d’associations, les caissettes à troc se multiplient dans la région lausannoise

Xavier Vasseur, organisateur de La Nuit de la lecture, est à l’origine de l’installation de deux boîtes à livres à Lausanne

Xavier Vasseur, organisateur de La Nuit de la lecture, est à l’origine de l’installation de deux boîtes à livres à Lausanne Image: VANESSA?CARDOSO

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’échange, l’entraide et l’écologie. Et si ces bons sentiments pouvaient se matérialiser simplement grâce des boîtes colorées pleines d’objets hétéroclites? A Pully, à Renens et à Lausanne, depuis plusieurs mois, des caissettes de différentes formes fleurissent dans les quartiers. A l’angle d’une rue, dans une déchetterie ou encore sur une place animée du centre-ville, elles ont la même vocation: favoriser l’échange de proximité.

Le principe est simple. Vous possédez un objet encore en bon état dont vous n’avez plus besoin, déposez-le, il fera le bonheur de quelqu’un d’autre. Et peut-être trouverez-vous votre bonheur dans cette même boîte. Au nord de Renens, au détour de rues résidentielles, la Commune en a installé une. Ce mercredi-là, William Louna en étudie le contenu et explique. «Lorsque je trie mes affaires, je mets de côté les choses en bon état que je n’utilise plus, dit-il. Puis je les dépose dans la boîte, elles n’y restent jamais longtemps.» Depuis l’arrivée de ces petites caisses, les habitants constatent qu’ils abordent le tri de manière différente.

Quelques minutes plus tard, Brian, une dizaine d’années, s’approche. «Je viens souvent regarder ce qu’il y a dans la boîte, et, pour Pâques, j’ai trouvé un panier en osier. Je l’ai utilisé pour en faire une décoration avec des œufs.» Ainsi, un objet déposé par un voisin a connu une seconde vie, et aura occasionné une petite économie pour la famille de Brian.

Communes instigatrices

A Pully, comme à Renens, c’est la Commune qui est l’instigatrice de cette nouvelle pratique du partage dans les quartiers. Pully compte à ce jour trois caissettes et Renens une seule. «L’idée est de favoriser l’échange afin de limiter les déchets», confirme le municipal Marc Zolliker, en charge notamment de l’Environnement, à Pully. C’est l’association genevoise Happy City Lab qui leur fournit le matériel nécessaire et trouve l’emplacement idéal. L’association utilise d’anciennes caissettes à journaux repeintes par des artistes. De plus, elle met à disposition un site Internet participatif, sur lequel les usagers peuvent ajouter des photos de leurs découvertes.

Pour Xavier Vasseur, organisateur de La Nuit de la lecture, qui a eu lieu le 18 avril, le concept des caissettes à échange a une vocation particulière. Il est lui-même à l’origine de l’installation de deux boîtes à livres à Lausanne. «La volonté est d’amener les livres aux gens, dans la rue. De rendre la lecture accessible à tous», annonce-t-il. Avec le soutien de la Ville, il a pu réaménager une ancienne cabine téléphonique en armoire à la rue Pré-du-Marché. Ici, les livres sont organisés par thématiques et plutôt bien rangés. «La démarche participative fait que les gens sont très soigneux», constate l’organisateur.

En effet, l’implication des usagers est indispensable. A Chailly, l’association Chailly 2030 souhaite installer prochainement une armoire à troc. «Dans une logique de récupération, et pour des raisons financières, nous avons choisi de mettre le quartier à contribution pour confectionner l’armoire», explique Isabelle Veillon, membre de l’association. A cette fin, les organisateurs convient les habitants de cette partie de la ville à une séance de bricolage, le 8 mai, lors des Journées des alternatives urbaines.

Les projets d’implantation de caissettes sont nombreux et la Ville de Lausanne pourrait en installer, à la manière des communes de Pully et de Renens. «Un projet est en cours», indique Samira Dubart, responsable du développement durable.

Dans un contexte économique où tout objet peut avoir une valeur marchande, la récupération des objets pour les revendre est un risque. Mais, à l’heure actuelle, aucun détournement de ce type n’est à signaler, selon l’association Happy City Lab. Ainsi, le seul effet collatéral est qu’autour de ces boîtes les gens se rencontrent et font renaître l’esprit de voisinage.

Happy City Lab www.hclbox.org/fr/boxes La Nuit de la lecture, le 18 avril, à Lausanne, www.lanuitdelalecture.ch Journées alternatives urbaines, du 8 au 10 mai, à Lausanne, www.alternativesurbaines.ch (24 heures)

Créé: 21.04.2015, 10h14

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 11 décembre.
(Image: Bénédicte) Plus...