Ecublens mise sur la médiation culturelle pour toucher les ados

AnimationDe la production musicale à la peinture, le secteur jeunesse de la ville s’implique dans l’éclosion de vocations artistiques.

Erman, 16 ans, a appris à mixer sur les platines du Centre de jeunes d’Ecublens et ses camarades ont fait de lui le héros d’un court-métrage.

Erman, 16 ans, a appris à mixer sur les platines du Centre de jeunes d’Ecublens et ses camarades ont fait de lui le héros d’un court-métrage. Image: Philippe Maeder

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Il est 17 heures, un jeudi après-midi au Centre de jeunes d’Ecublens. L’école est finie. Ça se sent. Dans une pièce du rez-de-chaussée, les canapés sont occupés en rangs serrés par des ados dont c’est le point de ralliement à ce moment de la journée. Casquettes vissées de travers, sweat-shirts aux couleurs vives, on cause et on se détend dans une ambiance digne d’une petite ruche.

Depuis qu’il s’est installé dans un bâtiment flambant neuf en 2012, le secteur jeunesse de la ville a passablement développé ses activités, explique Steve Renggli, son responsable: «Ces cinq dernières années, nos effectifs ont pris de l’ampleur, avec une équipe qui se compose de sept personnes aujourd’hui, soit six équivalents plein-temps, et en moyenne une soixantaine de jeunes fréquente le centre à divers moments de la semaine.»

«Le rôle de la médiation culturelle est entre autres de casser les préjugés que les jeunes peuvent avoir par rapport aux milieux de l’art»

Signe particulier de cette mue récente, l’art a pris de plus en plus de place au Centre de jeunes. Une importance toujours plus grande stimulée par l’arrivée d’une médiatrice culturelle, une fonction que l’on retrouve normalement plutôt dans les musées: «Le rôle de la médiation culturelle est entre autres de casser les préjugés que les jeunes peuvent avoir par rapport aux milieux de l’art. Leur donner accès là où ils n’en auraient pas eu les moyens ou le courage», explique Lara Manzini, qui a inauguré ce poste il y a deux ans.

«L’école joue son rôle pour amener les jeunes à l’art, tient à préciser la jeune femme. Mais le fait d’être noté peut leur donner un sentiment de frustration. Ici, c’est un espace de liberté où les gens travaillent sur ce qui leur plaît.» Au programme: des cours de chant et des soirées peinture, mais aussi des projets permettant à des ados de toucher pour la première fois à des platines de DJ, de produire de la musique ou encore de faire un film.

DJ en herbe

Erman Demircan, 16 ans, est l’un de ces jeunes dont l’univers a changé avec la naissance d’une passion artistique. Au secteur jeunesse, il a pu s’initier à la production de musique électronique dans un petit local en sous-sol: «C’est dans cette salle que j’ai découvert le DJing, se souvient-il. J’ai commencé à toucher les platines, et rapidement je me suis débrouillé.» L’envie d’apprendre à mixer était venue d’un groupe d’amis. Il ne restait plus qu’à mettre en place les moyens, comme l’explique Steve Renggli: «Aller à Lausanne pour prendre un cours est très vite hors de portée pour ces ados. Là, l’encadrement et le matériel ont été financés par la Commune.»

«Maintenant, je travaille sur un mix pour me faire connaître et faire des sets en boîte un jour. Ce sera dès que j’aurai 18 ans, et peut-être même avant s’il y a moyen!»

En tout, ils sont huit, entre 11 et 17 ans, à s’être frottés aux platines. Et si les cours sont finis depuis plusieurs mois, pour Erman, l’histoire ne s’est pas arrêtée là: «Nous le suivons de près pour l’accompagner dans la suite de l’aventure», détaille Steve Renggli. Chaperonné par le secteur jeunesse dans le cadre de la Fête de la musique 2016, le jeune homme a pu mixer pour la première fois au club ABC de Lausanne et l’un de ses morceaux a été diffusé lors du festival Electrosanne avec l’aide d’un DJ professionnel. «Maintenant, je travaille sur un mix pour me faire connaître et faire des sets en boîte un jour. Ce sera dès que j’aurai 18 ans, et peut-être même avant s’il y a moyen!» sourit le jeune homme.

Les camarades avec lesquels Erman a découvert la musique electro sont eux aussi restés dans l’aventure. Encadrés par Lara Manzini, cinq jeunes ont réalisé en fin d’année 2016 un petit film de fiction inspiré de l’éclosion de leur ami en tant que DJ. Avec pour titre Le rêve d’une vie , il met Erman en vedette et vient tout juste d’être présenté à Zurich au Festival Ciné Jeunesse Suisse. Si le court-métrage est revenu bredouille de la compétition, il viendra enrichir le «portfolio» que se constitue actuellement le jeune homme pour faire sa promotion en tant qu’artiste. Déjà très pro, l’apprenti monteur automaticien garde les pieds sur terre, mais n’exclut pas de faire carrière dans le monde de la nuit: «Disons que je ferai tout pour. Mais ce qui est sûr, c’est que même à côté du travail ça restera toujours une passion.» (24 heures)

Créé: 06.04.2017, 08h18

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