Fermé, le Café de l’Ouest cherche des repreneurs

LausanneAssommé par une descente de police et par des ordres de fermeture, le gérant est en faillite. Une expulsion est en cours.

Le bistrot de l’avenue de Morges et sa petite salle de spectacle gardent leurs portes closes. Le Tribunal cantonal a donné tort au tenancier sanctionné par l’État pour des entorses aux normes d’hygiène.

Le bistrot de l’avenue de Morges et sa petite salle de spectacle gardent leurs portes closes. Le Tribunal cantonal a donné tort au tenancier sanctionné par l’État pour des entorses aux normes d’hygiène. Image: Patrick Martin

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Les amateurs de cuisine érythréenne ont perdu une adresse qui, lors de son ouverture en 2013, semblait prometteuse. Mais le tenancier du Café de l’Ouest, à l’avenue de Morges à Lausanne, est sous le coup d’un ordre de fermeture et d’un retrait d’autorisation d’exploiter un bistrot pendant trois ans que le Tribunal cantonal n’a pas voulu remettre en question dans un tout récent jugement. Déclaré en faillite le 1er février dernier, il fait en outre l’objet d’une procédure d’expulsion en raison des loyers impayés depuis six mois. La seule issue est de trouver des repreneurs.

De nombreux Lausannois gardent le souvenir des soirées programmées dans la petite salle de spectacle du Café de l’Ouest, le Pois Chiche, jusqu’au début des années 2010. Un couple d’Érythréens voulait donner une nouvelle vie à ce bistrot, dès 2013, en misant sur la gastronomie de leur pays d’origine. L’affaire a mal tourné et les coups ont commencé à pleuvoir sur le bistrot. En particulier en mai 2016, lorsque 130 policiers y mènent une opération contre des dealers. Les forces de l’ordre saisissent une quinzaine de sachets de marijuana et quelques dizaines de grammes de cocaïne. Quinze clients, sur soixante contrôlés, sont renvoyés en justice. Une enquête sur des paris clandestins aboutit à une sanction pénale. Et un ordre de fermeture tombe.

«Acharnement» dénoncé

Le Café de l’Ouest semblait revivre quelques mois plus tard, dès l’été 2016, mais ce fut de courte durée. Le 20 juillet 2017, la police cantonale du commerce ordonnait une nouvelle fois la fermeture des lieux pour des motifs liés aux normes d’hygiène. Il était notamment question de la ventilation en panne et de frigos défectueux. Le tenancier dénonçait alors «l’acharnement» des autorités et souhaitait se défendre jusqu’au bout. La Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vient de mettre fin à cet espoir en maintenant les sanctions infligées.

«Pour que des revenus soient maintenus, nous avons demandé au Canton l’autorisation d’exploiter le café, sans la cuisine. Mais la requête s’est heurtée à un refus.» Me Philippe Liechti Avocat du tenancier

Un recours au Tribunal fédéral n’est pas envisagé: «La porte est trop étroite. Il faudrait que le Tribunal cantonal ait massacré les droits élémentaires du justiciable pour avoir une chance», déclare Me Philippe Liechti, avocat du tenancier. Privé de revenu, le patron ne pouvait plus payer les loyers et s’est retrouvé finalement en faillite. La situation est d’autant plus dramatique qu’il a investi plus de 150 000 fr. dans l’affaire. «Pour que des revenus soient maintenus, nous avons demandé au Canton l’autorisation d’exploiter le café, sans la cuisine. Mais la requête s’est heurtée à un refus», regrette son avocat.

Les deux copropriétaires de l’immeuble ne peuvent que «faire une croix» sur le bistrot érythréen. «C’est une sombre histoire», regrette l’un d’eux, l’architecte lausannois Kurt Hofmann. «Il y a six mois environ, j’avais proposé des repreneurs, mais le tenancier ne voulait pas lâcher l’affaire», déplore-t-il aussi. Un repreneur qui verserait un «pas-de-porte» permettrait au moins au patron en faillite de retrouver des fonds. Le propriétaire souligne que le prix de la location est plutôt bas: 4400 fr. par mois, un loyer qui comprend le bistrot, la petite salle du sous-sol et un appartement à l’étage. (24 heures)

Créé: 28.02.2018, 16h59

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