Greta Thunberg, la rock star du climat acclamée par 10'000 fans

VidéoLa jeune Suédoise a participé au premier anniversaire de la Grève pour le climat en Suisse ce vendredi. Reportage.

Ils étaient près de 10'000 personnes à être venus assister au discours de Greta Thunberg sur la Place de la Riponne à Lausanne.
Vidéo: Fabien Grenon

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Un instant repliée dans le hall du palais de Rumine sous bonne garde en attendant la fin des discours, Greta Thunberg se lance enfin. Elle sort en tenant la pancarte, presque aussi grande qu’elle, qui ne la quitte jamais. On y lit «Grève étudiante pour le climat» en suédois: «Skolstrejk för klimatet». À la vue de sa frimousse, de ses Moon Boots pour enfants et de sa désormais célèbre tresse, la foule pousse une clameur que ne dédaignerait pas la plus adulée des rock stars. Les organisateurs avancent 10'000 personnes. Ils sont même peut-être 15'000 sur la place de la Riponne. Greta ose un «Bonjour Lausanne» en français, point d’orgue de la visite de la jeune militante suédoise qui a tenu à marquer de sa présence le premier anniversaire de la Grève pour le climat en Suisse avant d’aller porter la bonne parole au World Economic Forum la semaine prochaine.

Apercevoir Greta ce vendredi matin aux abords de la gare à Lausanne, lieu de départ de la marche pour le climat, c’était un peu comme jouer à trouver Charlie. «Je suis venue exprès pour la voir, avec mon mari et mes deux fils de 10 et 11ans. J’ai obtenu une autorisation de leur école», assure une mère. Elle tient en laisse deux chiens, Lana et Zenko, que la petite famille de Gilly a affublés de slogans contre le réchauffement climatique. Une autre brandit une pancarte «Merci Greta et les enfants». Les minutes défilent. À chaque attroupement de photographes, la foule fait un mouvement en dégainant son téléphone portable au cas où Greta pointerait enfin le bout de ses couettes. Ce n’étaient que des manifestants déguisés en koalas. Ou des antifascistes, tout de noir vêtus et encagoulés, exfiltrés du cortège par la police. La foule s’ébranle enfin. Ouf, Greta est montée dans la marée humaine à temps.

Sous bonne garde

«Elle n’est vraiment pas bien grande», lâche un manifestant. C’est vrai que, pour les selfies, la taille de la Suédoise n’aide pas. D’autant qu’il n’est pas évident de l’approcher. La militante est entourée par une garde rapprochée qui se donne la main, qui rouspète quand le cortège stoppe, qui enjoint la meute de photographes postés à l’avant du défilé d’avancer. Greta garde sa pancarte sous le bras. Elle ne la brandira pas une seule fois de tout le parcours. Elle a la tête baissée. Devant l’inimaginable cohue, ses proches remettent en question sa présence au défilé. Greta fait savoir qu’elle veut continuer. Des jeunes avec des brassards blancs tentent de contrôler les fans parfois hystériques. Ils sont débordés.

«Cela fait maintenant 74 semaines que notre mouvement dure. C’est juste le début. Vous n’avez encore rien vu»

À la hauteur du tribunal de Montbenon, le cortège marque une pause pour réclamer que les multinationales y répondent de leurs actes. À Saint-François, «là où se trouvent les plus gros pollueurs», ce sont les banques que les manifestants houspillent. Puis sur les marches du palais de Rumine, avant la présentation de Greta à la foule, c’est Roger Federer qui en prend pour son grade, accusé de prêter son image à une banque. Le joueur de tennis aura même droit à sa petite chanson, reprise en chœur: «Roger Federer, le Credit Suisse t’utilise pour détruire la Terre, ne te laisse pas faire.» Greta Thunberg, qui s’en était prise à lui la semaine dernière, n’en a pas remis une couche pour son retour en terres helvétiques. «Cela fait maintenant 74 semaines que notre mouvement dure. C’est juste le début. Vous n’avez encore rien vu. C’est ce message que je vais porter à Davos la semaine prochaine», promet-elle avant de s’éclipser pour de bon.

À noter qu’une cinquantaine de manifestants, au premier rang desquels les activistes animaliers Virginia Markus et Pierrick Destraz, ont prolongé la manifestation devant l’hôtel de police de Lausanne, où les cinq personnes embarquées le matin étaient encore entendues. Il s’agit de trois Suisses et de deux Français, âgés entre 20 et 33 ans, dont une femme. Des brise-vitres et des bombes à peinture ont été retrouvés sur eux. Deux seront dénoncés pour empêchement d’accomplir un acte officiel. Ils ont été libérés au terme des contrôles par la police. Les trois autres seront entendus pour violences contre fonctionnaires et présentés au procureur.

Créé: 17.01.2020, 20h43

Un an pour le climat en Suisse

La Grève pour le climat en Suisse a fêté son premier anniversaire ce vendredi avec Greta Thunberg. Elle a commencé exactement le 18 janvier 2019 en mobilisant 8000 personnes dans la rue. Deux mois plus tard, ils étaient entre 10'000 et 15'000 à manifester pour la même cause. Un record à ce jour. Au mois d’août, le mouvement a reçu le premier soutien de Greta Thunberg. La jeune militante suédoise participait à une semaine de réflexion à l’EPFL à l’enseigne du sommet Smile for Future. L’occasion pour de nombreuses personnalités, comme le Prix Nobel Jacques Dubochet, d’afficher elles aussi leur soutien au mouvement.

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