Gymnase de la Cité: la direction serre la vis, les étudiants s’indignent

Les élèves dénoncent un régime militaire et une administration défaillante. Pour l’autorité, le climat ne serait plus propice aux études.

D’accord pour mettre fin au laxisme, les étudiants dénoncent la sévérité du système et son application par l’administration.? Image: GÉRALD BOSSHARD

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Les élèves du Gymnase de la Cité sont fâchés. Aux alentours de la cathédrale, les discours se suivent et se ressemblent: on râle contre le système disciplinaire. La volonté de la direction de serrer la vis contre l’absentéisme, annoncée aux adolescents et leurs parents à la rentrée, fait débat. Sanctions trop sévères, administration défaillante, manque de communication avec les élèves: les critiques s’enchaînent.

Cette colère, un petit groupe d’élèves a décidé de la dire par écrit. D’abord dans un journal payé de leur poche, puis sur un blog qui a fait le tour du gymnase. «Du laxisme le plus total, nous sommes passés à une discipline quasi militaire, explique l’éditorial de cet Hypocri’Cité, sous couvert d’anonymat. Les élèves de la Cité doivent payer le prix d’une administration à deux vitesses promettant des sanctions exemplaires sans pouvoir donner l’exemple d’une organisation irréprochable.» Mercredi soir, sous menace de plainte et à la demande des doyens, les auteurs ont décidé de fermer le blog. Jeudi, le directeur de l’établissement Blaise Richard temporisait: «Il n’y aura a priori pas de plainte. Il s’agit plutôt d’ouvrir le dialogue.»

Lutte contre l’échec

Le responsable assume sa politique. «En aucun cas, les règles ne se sont durcies. Mais la fréquentation des cours est obligatoire et j’avais informé qu’on allait davantage le contrôler. L’absentéisme était trop important et les résultats en première année étaient mauvais. On aimerait éviter de traquer les élèves, mais sans cela, ils se handicapent eux-mêmes.»

Aujourd’hui, Blaise Richard se félicite des effets d’une discipline accrue: le taux d’absentéisme et les arrivées tardives ont diminué d’environ 20%, le taux d’échec de moitié. Même si l’augmentation simultanée des exigences pour entrer au gymnase a sûrement aussi joué un rôle dans les résultats scolaires des élèves.

Ces derniers connaissent l’argument. «Ils ont raison de resserrer le système, qui était trop laxiste. Le problème, c’est que ça ne suit pas.» Interrogés en petits groupes ou un par un, de première ou de troisième année, les étudiants ne dénoncent pas que la sévérité du système, mais son application par l’administration. «C’est strict, mais ils ne montrent pas l’exemple.» Les critiques: communications tardives des rendez-vous à agender, courriels restés sans réponses, erreurs de décompte dans la gestion des absences, manque d’information si leurs excuses sont refusées, mise en doute abusive de leur bonne foi, interventions nécessaires des parents pour les valider.

Quelques erreurs

De son côté, Blaise Richard conteste toute notion d’arbitraire dans le traitement des élèves. Il reconnaît en revanche qu’il a pu y avoir des erreurs informatiques et des difficultés. Le secrétariat croule sous le travail engendré par le nombre encore trop grand d’excuses des élèves, pas toujours au point avec leur gestion administrative. «Notre but est d’offrir un suivi aux élèves qui ont de vrais problèmes. On se passerait bien de tous ceux qui courbent deux heures pour éviter un test.»

Pour lui, il est un peu trop facile de ne prendre que les mauvais exemples. «Je veux bien passer à la critique. Il y a eu des erreurs. Mais ce qui est important, c’est que les objectifs sont sains. Même si des élèves grognent encore à la fin de l’année, je serai content si je peux annoncer une baisse des échecs.» (24 heures)

Créé: 19.01.2012, 22h14

Dossiers

Echecs et absentéisme combattus ensemble

Le taux d’échec au gymnase ne préoccupe pas que la Cité. Il est pris très au sérieux dans le canton, assure le directeur de l’enseignement postobligatoire, Séverin Bez. Aucun classement des établissements: les performances varient. «C’est une question complexe qui n’appelle pas qu’une réponse. Il suffit parfois que deux maîtres arrivent ou qu’une volée pose problème.» A chaque gymnase de trouver ses solutions.

Mais le constat est unanime: le taux d’absentéisme est en étroite corrélation avec le taux d’échec. Aussi, nombreux sont les établissements à prendre des mesures pour limiter les absences. C’est le cas du Gymnase du Bugnon où le nombre d’échecs des élèves de première avait atteint un seuil préoccupant en 2010-2011. «La conférence des maîtres a décidé de mettre en place un suivi plus rapide et plus intense des absences des élèves», indique le directeur de Sévelin et du Bugnon, Bernard Furrer, président de la Conférence des directeurs de gymnase. «Les sanctions tombent plus vite. Surtout, le dialogue avec l’élève et ses parents intervient plus tôt. Ce qui importe, c’est de ne plus laisser des élèves décrocher.»

Pour Séverin Bez, il est tout à fait normal d’être «sans pitié» vis-à-vis de l’absentéisme. Les élèves ont choisi de suivre la voie du gymnase, et la participation aux cours est obligatoire. La Cité ne se distingue d’ailleurs pas. «Son projet de règlement interne, en cours de validation par le canton, est tout à fait équivalent aux autres textes», indique le porte-parole du Département de la formation, Michael Fiaux.

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