Human Brain Project, un nouvel espoir contre la maladie

RechercheParkinson, Alzheimer ou les pathologies psychiatriques sont intimement liés au projet lauréat de l’EPFL.

Un modèle 3D d'un neurone, reconstruit à partir des données de laboratoire.

Un modèle 3D d'un neurone, reconstruit à partir des données de laboratoire. Image: DR EPFL/Blue Brain Project

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Félicitations et discours de remerciements en cascade, mardi à l’EPFL. Les artisans du Human Brain Project reviennent de Bruxelles avec le sourire aux lèvres et une enveloppe d’un demi-milliard d’euros versés par l’Union européenne. De quoi lancer et mener pendant dix ans leur projet de modélisation informatique du cerveau humain.

Cette sorte de CERN de la matière grise, piloté par l’école polytechnique vaudoise, pourrait bientôt fédérer 150 instituts dans 24 pays.

Quelles retombées concrètes sur la santé publique peut-on attendre de ces recherches très pointues? Les découvertes espérées pourraient accélérer le développement de nouvelles approches pour lutter contre les maladies dégénératives comme Alzheimer et Parkinson mais aussi les pathologies psychiatriques.

«Le lien est indirect. Si l’on veut comprendre le mécanisme de ces maladies, il faut comprendre le fonctionnement du cerveau», résume le neurobiologiste Pierre Magistretti. «Nous ne garantissons pas de trouver un remède à Alzheimer ou à une autre maladie, insiste le père du projet, Henry Markram. Le Human Brain Project est un outil. Mais sans télescope, l’homme n’aurait pas trouvé les planètes.»

Tester les traitements

Les plates-formes de neuroinformatique, de simulation du cerveau et les supercomputers du Human Brain Project vont collecter l’énorme quantité de données neuroscientifiques à travers le monde pour les intégrer dans des modèles de simulation. Ces derniers seront ensuite vérifiés et complétés à la lumière de nos connaissances en biologie.

«Il semble qu’il y ait plusieurs causes de démence, explicite le professeur Richard Frackowiak, chef du Département des neurosciences cliniques du CHUV et responsable du volet médical du Human Brain Project. L’idée est de réunir une somme de données issues de l’imagerie cérébrale, de la génétique ou encore des examens cliniques dans un superordinateur pour identifier des groupes de malades et trouver les causes de leurs démences. Puis de les cibler avec des médicaments adaptés.»

Autre avantage de la simulation: permettre de tester de futurs traitements afin de dépister d’éventuels effets secondaires.

La visée médicale des neurosciences est ici portée à son comble. Richard Frackowiak milite pour une abolition complète des frontières entre médecine et science. «Avant les microscopes, que savait-on? sourit-il. Les data base de Google, Amazon Cloud, les superordinateurs, l’imagerie cérébrale, la génétique et les maths ont tout changé.»

Ordinateurs de demain

Le Human Brain Project vise également à développer des nouvelles technologies dans le domaine de l’informatique. Le fantasme: mettre au point des systèmes dont le fonctionnement se calque sur la structure et les circuits du cerveau. Patrick Aebischer est enthousiaste. «Mieux connaître le cerveau - par exemple comprendre pourquoi il consomme si peu d’énergie comparé à un supercomputer - pourrait mener à la fabrication des ordinateurs de demain.» (24 heures)

Créé: 30.01.2013, 07h24

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