«Il n'est pas impossible que la Riponne finisse en votation populaire»

A la tête d'une ville (5/7)Un an après le début de la législature, les édiles lausannois évoquent leur ville et leur vie. Au tour du syndic, Grégoire Junod.

Grégoire Junod a désiré poser au bord du lac parce qu’il aime «par dessus tout» Vidy, sa plage, sa piscine, son théâtre.

Grégoire Junod a désiré poser au bord du lac parce qu’il aime «par dessus tout» Vidy, sa plage, sa piscine, son théâtre. Image: Odile Meylan

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L’étoile montante du Parti socialiste Grégoire Junod est devenu syndic l’an dernier. Dans son propre style, le nouvel homme fort tente un mode de gouvernance plus horizontal sans renoncer à assumer le leadership du collège. Son défi sera de mener l’équipe à bon port, dans un contexte de grand développement de la capitale vaudoise.

Syndic depuis un an, ça change la vie?
Oui, c’est un gros changement. C’est un mandat plus exigeant en termes de charge de travail. Il y a beaucoup de représentation et ce n’est pas la même chose de s’occuper d’une seule direction que d’avoir un œil sur les sept.

L’ambiance en Municipalité est-elle différente que lors de la précédente législature?
Oui, l’ambiance est meilleure, même si elle était correcte avant. Il y a une nouvelle génération avec une forte envie de travailler. Et ça fonctionne aussi très bien avec les anciens. Nous trouvons le temps de nous parler. Cela tient à la personnalité de tous; il y a une envie commune de réussir.

Quel genre de chef êtes-vous? On vous a parfois dit cassant.
J’entends dire régulièrement que je suis parfois un peu autoritaire. Ça ne doit donc pas être totalement faux… Cela dit, j’aime que nous trouvions des solutions ensemble même s’il faut finir par décider.

Vous avez récemment fermement défendu la direction du Théâtre de Vidy. N’avez-vous pas un peu tué le débat?
Il était important que je m’implique. Et le débat est loin d’être mort, il est même récurrent s’agissant de Vidy. Mais ce débat est parti sur une fausse piste: Vidy n’aurait pas trouvé son public. C’est faux, il a même été profondément rajeuni et le taux de fréquentation a augmenté comme la proportion de metteurs en scène romands d’ail­leurs. Et le théâtre de répertoire y est aussi bien présent. Par contre, la question sur la place d’un théâtre plus «classique» à Lausanne est tout à fait légitime; elle touche à la mission et aux moyens des différents théâtres lausannois.

Vous vous êtes aussi récemment positionné en faveur du patrimoine bâti de certains quartiers. Cela vous tient à cœur?
Oui, le patrimoine est une part importante de notre histoire et de ce qui fait notre fierté d’être Lausannois. Par le passé, Lausanne ne l’a pas toujours bien défendu. Ce qui m’est apparu après le vote sur Taoua, c’est que les vues sont des éléments très importants pour les Lausannois. Et Lausanne a toujours eu un rapport ambigu avec son caractère urbain. Aujourd’hui il est plus assumé mais il est bien de défendre la qualité de cette ville, la fierté de la trouver belle. Nous avons la chance d’avoir devant nous pour les 15 ans à venir, la possibilité de concilier une politique forte de développement urbain tout en préservant le bâti dans les quartiers. Nous avons d’ailleurs, durant l’année écoulée, refusé davantage de permis de construire qu’au cours des cinq années précédentes.

La requalification de la Riponne est un autre élément auquel les Lausannois sont attachés. Quelles sont les pistes de réaménagement à ce stade?
Ce sera un des dossiers importants de cette législature même si la réalisation débutera au-delà. Un préavis sera sur la table de la Municipalité cet été. La Riponne est un espace emblématique et un échec urbanistique qui constitue un gros défi. Il nous faudra donc prendre le temps de faire les choses comme il faut. Il n’est pas impossible qu’il finisse d’ailleurs en votation populaire et il ne faut pas en avoir peur.

Votre prédécesseur Daniel Brélaz avait mis l’accent sur le développement durable. Qu’avez-vous envie d’ajouter ou de soustraire?
Nous allons continuer. Ce qui a été initié dans ce domaine est remarquable. Lausanne jouit d’ailleurs d’une excellente réputation au niveau international en matière de production énergétique, de traitement des eaux ou des déchets. Toute la Municipalité y est attachée. C’est un héritage important qui a ouvert une voie très positive pour l’avenir. Olivier Français et Jean-Yves Pidoux y ont aussi largement contribué. Nous avons une vraie expertise sur les questions énergétiques qu’il s’agit d’entretenir et de développer.

Vous êtes au comité de l’Union des villes suisses. Les villes sont-elles toujours aussi mal vues dans ce pays?
Les mentalités évoluent, même si cela va plus lentement que dans les autres pays. Nous avons le projet de monter une exposition des villes suisses. Je ne sais pas si cela va se réaliser, mais l’idée est de fédérer les villes et d’affirmer l’identité urbaine. En ce sens, le concept de développement durable nous vient en aide. C’est en ville que les solutions novatrices émergent dans les grandes problématiques comme la pollution ou la migration.

Et dans le Canton, comment se porte Lausanne?
Nous avons de meilleures relations avec le Conseil d’Etat qu’il y a vingt ans. Disons que nous avons des «tensions constructives». Et avec les autres communes, cela ne va pas si mal, même si nous avons parfois les oreilles qui sifflent à l’Union des communes vaudoises. A leur échelle, les autres villes vaudoises vivent une réalité qui n’est pas très différente de Lausanne.

Vous avez 41 ans et vous en êtes déjà à votre 2e légis­lature. Comment imaginez-vous votre carrière. Resterez-vous toujours un politicien?
Certainement pas, pour répondre à la fin de votre question. Mais pour le moment, je me plais beaucoup comme syndic de Lausanne. (24 heures)

Créé: 02.08.2017, 07h01

Le théâtre ou le concert, comme une «respiration»

La Municipalité s’est organisée sur un mode transversal. Comment ça se passe?

Je trouve que nos changements de directions sont opportuns, même si cela a impliqué une grosse dépense d’énergie. La collaboration du collège est renforcée.

Quels sont les dossiers de vos collègues dans lesquels vous vous impliquez?

Il y en a beaucoup. J’essaye toutefois de ne pas m’immiscer directement dans la gestion de mes anciens dossiers. Je suis surtout impliqué dans les questions qui ont trait au développement de la ville, par exemple dans le dossier compliqué de l’avenir de Beaulieu, le tourisme, les JOJ 2020 ou les grands projets.

Si vous n’aviez qu’un grand défi à relever durant cette législature, lequel serait-il?

Faire avancer les grands dossiers de construction sans trop dépenser. Lausanne se trouve à l’aube d’un grand développement.

Quel est le meilleur moment de votre journée?

Il y en a beaucoup évidemment; c’est un métier où l’on a le privilège de faire de magnifiques rencontres. Cela dit, les séances de Municipalité sont un des moments de la semaine que je préfère. Et puis, il y a les moments au théâtre ou au concert. Ce sont des respirations.

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