L’EVAM revoit sa gestion des foyers de migrants

AsileL’Etablissement vaudois d’accueil des migrants avait essuyé une grève des éducateurs en foyer pour mineurs l’an passé. Le syndicat s’estime entendu.

Plusieurs collaborateurs avaient tiré la sonnette d'alarme l'an dernier, suite à l'annonce de la fermeture du foyer pour mineurs non accompagnés du Chasseron, à Lausanne.

Plusieurs collaborateurs avaient tiré la sonnette d'alarme l'an dernier, suite à l'annonce de la fermeture du foyer pour mineurs non accompagnés du Chasseron, à Lausanne. Image: Patrick Martin

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L’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) passe un coup de balai dans son organisation interne. Les changements interviendront dès cet été et doivent permettre de mieux coordonner les collaborateurs qui interviennent dans les foyers d’hébergement, de simplifier la prise de décisions et de diminuer le nombre de niveaux hiérarchiques.

«Jusqu’ici chaque métier, qu’il s’agisse des éducateurs ou du personnel d’intendance, avait sa propre hiérarchie, explique Erich Dürst, directeur de l’EVAM. Désormais, il y aura dans chaque foyer un responsable pour chapeauter l’ensemble des professionnels qui encadrent les migrants.»

Si, sur le papier, il s’agit d’une réorganisation de routine, selon le syndicat SSP, cette annonce s’inscrit dans un contexte bien particulier. En avril 2018, une quarantaine de collaborateurs de l’EVAM avaient en effet débrayé pendant quelques heures et avaient manifesté à Lausanne à la sortie du Grand Conseil. Sur fond de fermeture d’un foyer pour migrants mineurs non accompagnés (MNA), ils réclamaient une réforme du système d’encadrement des jeunes demandeurs d’asile.

Secrétaire syndicale du SSP, Letizia Pizzolato affiche sa satisfaction: «Nous constatons que le nouveau modèle d’organisation adopté par l’EVAM est celui que nous avions revendiqué pour les foyers de mineurs non accompagnés. Nous sommes d’autant plus contents qu’il va être repris également dans les autres foyers.»

Selon la syndicaliste, l’absence de coordination entre les différents intervenants entraînait non seulement des rapports de pouvoir délétères, mais aussi des décisions contraires à l’intérêt des enfants pris en charge. Les revendications ne s’arrêtent toutefois pas là: «Nous avons aussi demandé que les surveillants en foyer de MNA ne soient plus armés (ndlr: de spray défensifs) et ne portent plus l’uniforme. C’est un aspect qui n’est pas évoqué dans le nouveau modèle. Nous allons rester vigilants.»

Du côté de l’EVAM, aucune référence n’est faite à ces revendications syndicales. «Notre organisation actuelle a été mise en place en 2006. Dans le contexte de l’époque, l’objectif était de garantir les mêmes prestations d’assistance pour tous. Aujourd’hui, la nouvelle organisation est le fruit d’une réflexion stratégique qui vise à mieux amener les migrants vers l’autonomie», déclare Erich Dürst. Entre 2015 et 2018, le nombre de personnes hébergées par l’EVAM est passé de 6554 à 5800. La réorganisation annoncée ne prévoit toutefois pas de mesures d’économie ou de suppressions de postes. (24 heures)

Créé: 04.06.2019, 18h35

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