L'avenir du tram et de la forêt du Flon encore débattu

PolitiqueLes élus lausannois ont encore parlé tram, forêt et route, mardi soir. La fermeture du Grand-Pont au trafic devient centrale.

La forêt du Flon.

La forêt du Flon. Image: Odile Meylan

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L'annonce, dans «24 heures», que la forêt du Flon ne sera pas rasée n'a pas laissé les élus lausannois de marbre. Et mardi soir, ils ont saisi l'occasion de le faire savoir.

C'est que la nouvelle n'a jamais été officiellement confirmée par le pilote du projet de tram, le Canton de Vaud. Ni par les autorités lausannoises, partenaire central de cette ligne embourbée dans les procédures judiciaires depuis des années. Avec, on le rappelle, un élément de litige central : le déboisement du bois des côtes de Montbenon pour y construire une route. Ce, dans le but d'absorber le trafic supprimé de la rue de Genève pour y faire passer le dit tram. Mais aussi celui du Grand-Pont, livré à des bus à haut débit et prévu sans voitures.

Des réponses attendues

Xavier Company, coprésident des Verts, et Axel Marion (PDC) sont montés à la tribune pour tenter d'obtenir des réponses et des garanties. Le premier avait posé des questions sur le sujet à la fin du mois de septembre, peu avant l’annonce qui faisait état du sauvetage de la forêt. Le second avait lui réagi à l’article. La Municipalité leur avait livré ses réponses par écrit il y a quelques semaines mais elles n’ont pas suffi à éviter une longue discussion.

Il faut dire qu'elles étaient pour le moins cryptiques pour ceux qui cherchent à connaître l’avenir de ce projet. Lausanne répète que le «pilote c’est l’État et pas nous», comme le dit Florence Germond, municipale en charge du dossier. Et ajoute invariablement qu’une procédure judiciaire est toujours en cours.

Pour rappel encore, le Tribunal administratif fédéral doit en effet se prononcer dans les mois à venir sur l’octroi ou non d’une autorisation de construire la fameuse route. Et d’ici là, au Canton comme à la Ville, c’est motus et bouche cousue. Personne ne confirme ni n’infirme que cette forêt, objet d’une mobilisation massive sur les réseaux sociaux notamment, est sauvée.

Et en attendant, pas possible, selon les autorités et leurs avocats, de se lancer dans la construction du tram. En somme, tant que la route n’est pas autorisée, les autorités ne peuvent pas affirmer qu’elles y renoncent. Et la tendance qui voudrait qu'on «anticipe les décisions judiciaires est un mauvais signal politique», selon Xavier de Haller (PLR).

Xavier Company et Axel Marion ne sont pas d’accord. Pour eux, en substance, rien n’empêche les autorités de dire quelles pistes existent pour «réorganiser le trafic urbain» en évitant de construire la route Vigie-Gonin. Ils ont d’ailleurs demandé à ce que les autorités lausannoises s’engagent à explorer des alternatives, réalisent de nouvelles études de trafic, et communiquent leurs résultats. Une résolution que la majorité de gauche a acceptée.

Trafic sur le Grand-Pont: la mesure divise

L’élu de la gauche radicale Johann Dupuis a tenté d’aller plus loin. Il voulait que les autorités s’engagent à ce qu’aucune alternative impliquant la construction de la route mais aussi le maintien du trafic à la rue de Genève et sur le Grand-Pont ne soit envisagée.

Il a perdu. Les voix socialistes lui ont manqué. C’est que des sources proches du dossier ont laissé entendre que si la rampe routière n’était pas construite, il se pourrait bien que le trafic automobile soit maintenu sur le Grand-Pont.

Or le dossier est en mains socialistes, au Canton comme à la Ville. En refusant cette résolution de Johann Dupuis, le PS a donc marqué un appui de plus à cette option. Le chef de groupe Vincent Brayer avait auparavant déclaré: «Ce qui est évident, c’est qu’il faudra des mesures compensatoires aux fermetures de trafic. Ce sera le barreau ou autre chose. Ce que veulent les lausannois et le PS, c’est un tram et des bus. On doit trouver un moyen supportable de mettre en œuvre ces nouvelles infrastructures.»

Créé: 20.11.2019, 08h32

Flous juridiques

Deux points du dossier suscitent des interprétations très diverses.

D'une part, des conventions signées avec des riverains à l’époque de la création de ce projet où de nombreux éléments sont interconnectés sont encore en vigueur. Selon les autorités, des changements dans le triangle route Vigie Gonin - rue de Genève - Grand-Pont impliquent que les conventions soient renégociées. A nouveau, sur ce sujet, les autorités jurent que sans décision de justice, difficile de reconsidérer les choses. D'autres voix disent au contraire que si le Grand-Pont reste finalement ouvert au trafic, les conventions n'ont simplement plus lieu d'être.

Autre élément capital au sujet duquel les interprétations varient: peut-on déjà construire le tram, sans connaître le sort juridique réservé à la route Vigie-Gonin? Xavier Company, avocat, dit que oui. En se basant sur une décision incidente du Tribunal Administratif fédéral. Il suffirait pour cela de demander une levée de l'effet suspensif sur le reste du projet, hors route. Les autorités, prudentes, avancent que l'entier du projet doit connaître son épilogue dans les tribunaux avant qu'elles puissent donner le moindre coup de pioche.

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