L'étude sur le deal portera ses fruits, promet la Municipalité

LausanneLa Municipalité a répondu mardi au Conseil communal qu'elle comptait tester davantage de pistes pour lutter contre le deal et la toxicomanie.

Depuis juin dernier, le deal de rue a disparu, en journée pour le moins.

Depuis juin dernier, le deal de rue a disparu, en journée pour le moins. Image: PATRICK MARTIN/A

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Le conseiller communal de la gauche radicale, Johann Dupuis, a dit "voir la lumière au bout du tunnel", mardi soir au Conseil communal de Lausanne. Dans une interpellation urgente, il demandait à la Municipalité ce qu'elle entendait faire après les résultats de l'étude comparative qu'elle a elle-même commandée sur le deal de rue.

Dans ce rapport (24heures du 27 février), l'Ecole des sciences criminelles et Addiction Suisse estiment que, par rapport à Berne et Zurich, Lausanne connaît encore aujourd'hui une situation insatisfaisante. Les experts mettent notamment l'accent sur la collaboration entre police et travailleurs sociaux, davantage élaborée en Suisse allemande qu'à Lausanne. Après une avalanche de réponses de la Municipalité et un long débat, le Conseil a voté, à l'unanimité moins une abstention, une résolution demandant une liste détaillée des futures mesures de lutte contre le deal de rue.

Si Johann Dupuis voit le "bout du tunnel", c'est que la Municipalité, incarnée ici par Pierre-Antoine Hildbrand, Oscar Tosato et David Payot, responsables respectivement de la police, du social et de la jeunesse, a compris le sens de ses demandes. A tour de rôle, les édiles ont énuméré les mesures déjà en place, puis ouvert l'horizon sur ce qui va pouvoir encore se faire.

La présence des policiers en rue, déployée depuis juin dernier, a pacifié l'espace public, de 7h à 23h, pour le moins. Pierre-Antoine Hildbrand promet que les policiers adhèrent en majorité à cette stratégie. Elle permet en outre de combattre d'autres délits en rue. "Mais nous ne sommes pas naïfs", poursuit le patron de la police. Ce seul dispositif ne suffit pas et il va falloir l'accompagner plus avant de mesures de réduction des risques, comme le commande la politique nationale des quatre piliers sur la lutte contre la drogue.

Oscar Tosato et David Payot font quant à eux valoir que de nombreuses équipes de travail social et sanitaire sont à l'oeuvre en rue ou dans des structures, qu'elles soient subventionnées ou dépendantes directes de la Ville. Mais il va falloir faire des expériences, dans le sens que proposent les auteurs de l'étude.

La Municipalité songe à tester de nouvelles actions de prévention auprès des toxicomanes. Elle se dit aussi consciente que le deal n'est pas le seul fait des gens dépendants mais alimente également toute la consommation festive. Les reports du trafic dans d'autres quartiers doivent ainsi être prévenus. Pourquoi ne pas tolérer des endroits de micro-deal? Des projets devraient bientôt être proposés.

Dans le débat qui a suivi, les conseillers communaux se sont félicités d'une vision qui avance peu à peu. Pour l'UDC Jean-Luc Chollet, il y a espoir: "Pour une fois, nous ne nous battons pas. Nous allons nous mettre au travail ensemble, chacun avec nos nuances." Voilà qui va dans le sens de ce qu'a dit Johann Dupuis en début de débat: "La drogue n'est pas un sujet politique."

Créé: 28.03.2019, 08h22

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