L’hypnose au secours des enfants qui ont mal

SantéUn nouvel antidouleur a fait son entrée au département de pédiatrie du CHUV.

Patricia Fahrni-Nater fait voyager Mathilde, atteinte d’une leucémie, pendant la?pose d’une voie veineuse.

Patricia Fahrni-Nater fait voyager Mathilde, atteinte d’une leucémie, pendant la?pose d’une voie veineuse. Image: PATRICK MARTIN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Le ballon magique monte haut, très haut dans le ciel et atterrit sur l’île de la petite souris.» Les yeux dans les yeux, Patricia Fahrni-Nater murmure à l’oreille de Mathilde, 7?ans. Le doudou de la fillette monte et descend sur son ventre, au rythme de sa respiration. De l’autre côté du lit d’hôpital, une infirmière pose une voie veineuse. Une piqûre très douloureuse que Mathilde endure calmement, captivée par les aventures de la courageuse souris.

«C’est pourtant un soin qu’elle appréhende énormément, chuchote sa maman. C’est terrible de voir son enfant crier et pleurer à chaque fois qu’il se fait piquer. Depuis que Mathilde pratique l’hypnose, nous arrivons sereins à l’hôpital. Dès que «son» infirmière est là, ses angoisses disparaissent. C’est incroyable.» Plus que la douleur elle-même, la peur d’avoir mal s’est envolée.

Une technique rodée

Depuis le mois de janvier, deux infirmières formées aux techniques hypnotiques soulagent les malades à l’étage de pédiatrie du CHUV, dont Patricia Fahrni-Nater. Une hypnose médicale – aujourd’hui courante dans les traitements psychiques comme physiques – à mille lieues des scènes d’envoûtements véhiculées par les films et gravées dans l’imaginaire collectif. «Le patient ne s’endort pas, précise Patricia Fahrni-Nater. Il ne perd pas le contrôle. Son esprit s’extrait de la réalité et s’évade.»

Une dizaine d’enfants de 8 à 16?ans astreints à des soins douloureux et réguliers profitent d’ores et déjà de la technique. Mathilde, qui se bat contre une leucémie depuis 2008, a immédiatement adhéré. «Ça a marché dès la première fois, sourit sa maman. Il faut dire qu’elle adore les histoires.»

Des contes sur mesure

Au point que les aventures de princesses et de licornes ont remplacé l’anesthésie, de rigueur pour les injections intrathécales. «J’ai l’impression que tout s’endort et qu’on va dans un autre monde, explique timidement Mathilde. J’aime bien ce sentiment que personne n’existe, que je suis seule avec Patricia. Je ferme parfois les yeux mais je ne dors pas et je peux parler. C’est bizarre. Et bien en même temps.»

Contrairement au ballon de l’histoire de Mathilde, la technique n’est pas magique, ni infaillible. La clé du succès réside avant tout dans la connaissance de l’enfant et de ses goûts, quitte à le visiter chez lui. L’infirmière doit ensuite faire preuve d’une imagination débordante pour raconter à la carte, selon l’âge et les demandes, des histoires de fées ou de foot intégrant les gestes médicaux du jour. «Si je parle d’un ours, je m’arrange pour qu’il soit mouillé lorsque l’enfant sent un liquide sur son corps, explique Patricia Fahrni-Nater. J’essaie aussi d’introduire l’idée d’épreuve. Les personnages rencontrent des difficultés mais elles ont toujours une utilité. Et à la fin de l’histoire, ils sortent vainqueurs.»

La demande explose

La Fondation Planètes Enfants Malades – qui finance les deux postes à 10% à raison de 28?000?francs par an – cherche d’ores et déjà de nouveaux donateurs. «Nous avons trouvé les fonds pour les trois prochaines années mais le succès du programme est tel qu’il faudrait doubler ce taux d’activité», explique Janine Repetti-Dittes, secrétaire générale de la fondation. Dans les couloirs du CHUV, le bouche-à-oreille fonctionne à plein régime. Les parents, pour qui c’est souvent le dernier recours, n’hésitent pas longtemps avant de se lancer. «J’en parle à tout le monde, confirme la maman de Mathilde. Ça a été un tel soulagement pour nous!»

Créé: 15.04.2012, 22h05

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.