La gare de Renens se mue en labo d’urbanisme

AménagementsDes étudiants de l’EPFL ont écouté la population et ont transformé pour deux mois la place Sud de la gare en zone de rencontre.

Sur la base de leur enquête de terrain, les étudiants ont commencé à construire trois installations dès mercredi.

Sur la base de leur enquête de terrain, les étudiants ont commencé à construire trois installations dès mercredi. Image: Philippe Maeder

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Les pendulaires qui ont leurs habitudes à Renens savent qu’ils doivent prendre leur mal en patience. Amorcé l’an passé, le chantier de la gare bat son plein actuellement, à grand renfort de bruits de travaux, de trous béants et de parcours modifiés pour aller d’un quai à l’autre. Au niveau des aménagements emblématiques, il faudra attendre en tout cas 2021 pour passer au-dessus des voies sur une passerelle végétalisée, le fameux «Rayon vert», mais aussi pour prendre du bon temps sur deux nouvelles places au nord et au sud de la gare.

«Ce que nous faisons, c’est un test grandeur nature, qui est aussi l’occasion de créer un moment de dialogue avec les usagers»

A quoi ces espaces pourront-ils ressembler et qu’en attendent les usagers? Cette semaine, une petite vingtaine d’étudiants de l’EPFL ont pris possession de la place Sud pour y créer des aménagements temporaires et ainsi se projeter concrètement dans l’avenir. Première étape, ils sont allés à la rencontre de la population pour recueillir son ressenti et ses envies. Dans un deuxième temps, ils se sont mis au travail pour transformer la place en une zone de rencontre où, pendant deux mois, les piétons seront rois, même sur la chaussée où passent les voitures. Celles-ci ne pourront circuler qu’à 20 km/h au maximum.

«Cette zone de rencontre avec une limitation de vitesse sera effectivement mise en place en 2021. Ce que nous faisons, c’est un test grandeur nature, qui est aussi l’occasion de créer un moment de dialogue avec les usagers», explique Jade Rudler, assistante doctorante à la Faculté de l’environnement naturel, architectural et construit (ENAC) de l’EPFL, qui coordonne cette expérience.

Scène et microbibliothèque

«Plusieurs personnes interrogées ont un ressenti assez fort par rapport à cette place. Ils nous disent qu’elle est laide et qu’elle ne sert à rien», commente Justine Estoppey, étudiante en deuxième année d’architecture. Et pourtant, sur les 23 000 personnes qui transitent chaque jour par la gare de Renens, 35% passent à cet endroit en faisant le trajet entre l’arrêt du M1 et les quais. «Plusieurs usagers apprécieraient des espaces de jeu. D’autres veulent des espaces conviviaux pour s’arrêter en attendant leur train. Ce sont les demandes qui reviennent le plus souvent», résume Jade Rudler.

Sur la base de leur enquête de terrain, les étudiants ont commencé à construire trois installations dès mercredi. Plutôt imposantes, ces structures en bois joueront sur les volumes afin de pouvoir servir plusieurs usages, explique Justine Estoppey: «L’idée est qu’un enfant pourra en faire une utilisation ludique, bien différente de celle d’un adulte en route pour son travail. La structure permet de s’y asseoir ou de s’y accouder par exemple.» L’une des structures pourrait abriter une microbibliothèque où les passants pourront échanger des livres. Une autre pourrait servir de scène aux musiciens qui, d’habitude, se postent à l’intérieur du passage sous-voies.

A côté de ces installations à mi-chemin entre l’oeuvre d’art et le mobilier urbain, le bitume s’est lui aussi transformé en canevas. Pour mettre clairement en évidence la zone limitée à 20 km/h, les étudiants ont couvert la chaussée de marquages de couleur, unifiant du même coup un espace jusque-là segmenté par les voies de circulation. Le résultat de cette expérience de terrain est à découvrir dès ce jeudi 4 mai lors d’une inauguration festive.


Inauguration de la zone de rencontre temporaire jeudi 4 mai à 17 h 30 sur le parvis de la gare de Renens Sud. Apéritif offert au public.

(24 heures)

Créé: 04.05.2017, 07h20

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