La patte de Julia Christ fleurit les bars lausannois

DécorationL’architecte d’intérieur brésilienne signe l’agencement de plusieurs lieux publics à la mode. Rencontre.

L'architecte d'intérieur aime les motifs floraux et l'Arts&Crafts anglais, mais n'hésite pas à changer de style pour chaque lieu. «Lausanne est tellement petit, il faut que cela soit différent.»

L'architecte d'intérieur aime les motifs floraux et l'Arts&Crafts anglais, mais n'hésite pas à changer de style pour chaque lieu. «Lausanne est tellement petit, il faut que cela soit différent.» Image: Vanessa Cardoso

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Lorsque nous la rencontrons au Perroquet, nouveau bar du Rôtillon, Julia Christ s’excuse presque de porter une robe fleurie. «Oups, j’avais pas pensé à la photo!» sourit-elle assise devant la tapisserie House of Hackney aux fleurs psychédéliques qu’elle a fait poser sur un des murs. «J’adore leur maximalisme, c’est une folie qui marche superbien dans les bars.»

L’architecte d’intérieur n’en est pas à son coup d’essai. Le Bellini, le Pavillon et le Café Louve, tous à Lausanne, c’est aussi elle. Elle signe également des réalisations sur La Côte, à Sion et à Genève. Et elle assure en ce moment la direction artistique sur le chantier du Darling, où plusieurs artistes, la plupart lausannois, peignent des fresques qui seront visibles également de jour, la boîte de nuit prévoyant d’ouvrir à l’heure de l’apéro. Un autre lieu public lausannois, tenu secret, portera sa patte en 2019. Quand elle en parle, la Brésilienne installée par amour dans la région lausannoise (son bureau est à Lutry) montre un large sourire qui fait ressortir les fossettes aux coins de sa bouche. «Comment on dit ça: quand on fait quelque chose qu’on aime, on ne travaille pas?»

Formée comme architecte au Brésil, elle a dû, en arrivant en Suisse, reprendre des études d’architecture d’intérieur à la Haute École d’art et de design à Genève. Autre cursus, plus étonnant, elle finit en ce moment un master en marketing hôtelier à la Cornell School of Hotel Administration (EU), après avoir obtenu sa «patente» chez GastroVaud. Pense-t-elle ouvrir bientôt son propre établissement? «Non! Mais tout ce qu’on fait lorsqu’on développe un lieu compte. Le plaisir vient du fait que les gens vont passer un bon moment, pas juste parce que c’est beau: le fonctionnel est aussi important que l’esthétique.»

L’aspect pratique, le respect des lois… Julia Christ avoue une certaine maniaquerie que d’autres appelleront perfectionnisme. Au moment de notre rendez-vous, elle repose une carte avec un air désapprobateur. «Ils ont changé leur menu et fait un truc vite fait, j’ai dit non, non, non! Et j’ai vite sorti une carte avec le bon graphisme.» Son travail va du logo à l’agencement de la cuisine en passant par le nom du lieu.

Lorsqu’on l’interroge sur ses inspirations, l’architecte fait la moue. «C’est que je suis passionnée d’art, je n’arrive pas à citer un nom…» Emmenée enfant dans les musées par son père, marchand de livres anciens d’origine allemande, elle a «grandi exposée à l’art». «C’est l’expression de la créativité qui m’intéresse, le fait de partager son processus intérieur. Aussi pour les artisans, les tapissiers ou les designers de mobilier.» Dans chaque projet, elle fait d’ailleurs «passer un ou deux objets faits sur mesure par des artisans». Le reste est souvent chiné par elle ou par les propriétaires des lieux – Georges Marchant, à la tête du Bellini, du Pavillon et du Perroquet est un coureur de brocantes.

Arts & Crafts et modernisme

Mais si elle devait se réclamer d’un mouvement, elle finit par admettre qu’elle pencherait vers le Arts & Crafts victorien, concurrent anglo-saxon de l’Art nouveau, dont elle apprécie le «pas en arrière» et la philosophie. Avant de lâcher que son prochain projet donnera plutôt dans le modernisme brésilien. Les origines plurielles de la jeune maman de 37 ans, troisième d’une fratrie, jouent des coudes. «Ma mère, anglaise, changeait souvent la position des meubles, pour faire entrer l’air!» Ses multiples passions s’invitent aussi dans ses travaux. Des études de biologie l’avaient amenée à l’UNIL pour un Erasmus et fait aimer Lausanne. Mais c’est cinéaste qu’elle aurait rêvé d’être. La voici scénographe épanouie des nuits lausannoises.

(24 heures)

Créé: 24.08.2018, 08h21

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