«La victime des Bergières était d’abord un être humain»

LausanneUne source qui connaissait la victime tombée sous les coups de couteau de son compagnon vendredi dernier témoigne pour rétablir les faits.

Vendredi 10 juillet dernier, en début de soirée, une femme tombait sous les coups de couteau de son compagnon avant que ce dernier ne retourne l'arme contre lui. Il est hors de danger aujourd'hui.

Vendredi 10 juillet dernier, en début de soirée, une femme tombait sous les coups de couteau de son compagnon avant que ce dernier ne retourne l'arme contre lui. Il est hors de danger aujourd'hui. Image: Sylvain Muller - a

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Six jours après le drame de l’avenue des Bergières, Manu* est encore choqué et révolté. Choqué parce que, le jour du drame, il avait passé tout l’après-midi à discuter avec la femme poignardée par son compagnon. Et révolté par les articles et les personnes ayant fait des amalgames douteux. Après avoir attendu qu’au Portugal la famille de la victime soit avertie de son décès, il a donc décidé de témoigner publiquement pour rétablir certains faits.

«J’ai fait la connaissance du couple une dizaine de jours avant le drame. Ils cherchaient à louer une chambre pour travailler tous les deux dans le salon de massage situé à quelques mètres du lieu du meurtre. La victime était très aimable, polie et éduquée, elle m’a fait très bonne impression. Lui semblait plus nerveux. Mais ils avaient l’air de bien s’entendre et, en tout cas, ils étaient tout à fait au clair sur leurs activités réciproques».

Manu les a ensuite recroisés quelques fois, sans que rien ne lui semble anormal. Mais la veille du drame, le couple s’est disputé et la femme a demandé au propriétaire des lieux de mettre à la porte son compagnon. Manu a ensuite passé tout l’après-midi du jour fatal à discuter avec elle et des amis. «On a beaucoup ri et elle avait l’air soulagée. A un moment, elle nous a dit qu’elle voulait aller acheter des cigarettes. Elle est sortie et quelques instants plus tard, nous avons entendu des cris dans la rue.»

Manu s’est alors annoncé à la police et a communiqué l’identité de la victime et de son meurtrier. Déjà secoué par les événements, il a ensuite été profondément affecté par certains amalgames et propos tenus. «Oui, les deux étaient des travailleurs du sexe, mais ils pratiquaient une activité légale et déclarée. Je suis effaré par l’hypocrisie ambiante, car une part importante de la clientèle du salon habite le quartier. Ici tout le monde connaît le responsable, qui entretient de bonnes relations avec les autres commerçants. En partie parce que le salon n’expose pas ses activités», explique notre témoin.

Plus encore que les jugements à l’emporte-pièce, Manu juge inacceptables les remarques au sujet de la victime: «Le manque de respect est incroyable. Cette femme était d’abord un être humain, avec une famille et des sentiments.» Pour lui rendre hommage, il espère donc arriver à organiser une messe en sa mémoire, une cérémonie digne, à laquelle il voudrait inviter tous les riverains et les gens qui le souhaitent. Un moyen pour lui de l’aider à tourner cette dramatique page.

* prénom d’emprunt (24 heures)

Créé: 15.07.2015, 20h43

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