Lausanne déclare la guerre aux pipis dans la rue

LitteringDes employés communaux seront assermentés pour pouvoir sévir. Un crachat coûte 100 fr., un pipi 200 fr. et introduire un animal dans un cimetière 70 fr. L'affichage sauvage a été sauvé et ne pourra pas être amendé.

Des employés communaux assermentés pourront amender les personnes prises en flagrant délit de «littering».

Des employés communaux assermentés pourront amender les personnes prises en flagrant délit de «littering». Image: Philippe Maeder

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Les fêtards qui se soulagent contre un immeuble, les promeneurs de chiens qui ne ramassent pas les crottes de leur animal, les fumeurs qui balancent leur mégot sur les pavés de la ville… Ils sont nombreux, les Lausannois, qui feraient mieux désormais de réfléchir à deux fois avant d'adopter ce type de comportement.

Les élus lausannois ont en effet validé mardi soir le nouveau règlement relatif à la propreté urbaine. C'est une procédure qui était concernée par le vote, et non pas la possibilité d'amender par exemple quelqu'un qui fait ses besoins dans la rue. Cette possibilité existe déjà. Mais la démarche qui l'accompagne engendre une longue procédure administrative. Celle-ci est désormais grandement simplifiée.

Onze comportements pourront être sanctionnés beaucoup plus facilement qu'auparavant. Via des amendes d'ordre qui pourront être collées non seulement par des policiers et assistants de sécurité publique, comme c'est déjà le cas, mais aussi par des employés de la commune assermentés et formés à cet effet.

L'amende pourra être payée immédiatement ou dans les 30 jours. Elle ne dépassera pas les 200 francs par infraction et 600 francs, si celles-ci sont cumulées. Le règlement s’appuie enfin sur le principe du flagrant délit.

Une façon d' «inverser la tendance au laisser-aller», pour l'UDC Jean-Luc Chollet. Il estime que cette adaptation à la loi cantonale sur les amendes d'ordre communales, respecte la «proportionnalité» en ne dépassant jamais les 200 francs. Et en ne visant pas les mineurs. Ce que regrette le PDC Manuel Donzé.

Cette procédure simplifiée provoque une «augmentation du risque d'arbitraire», pour l'élu de SolidaritéS, Jean-Michel Dolivo. Le municipal PLR en charge de la sécurité publique Pierre-Antoine Hildbrand a toutefois précisé que les personnes légitimées à mettre ce genre de contraventions seront reconnaissables. Il a en outre assuré qu'elles suivront une formation complète.

Philipp Stauber (PLC) a pour sa part jugé «excessif» qu'on amende une personne à hauteur de 100 francs pour un crachat. Idem pour les 200 francs qui seront demandés à ceux qui se soulagent dans la rue. Il a d'ailleurs proposé de faire baisser les tarifs prévus, sans succès.

Les socialistes se sont dits satisfaits de voir une procédure être simplifiée. Tout en espérant que les amendes ne seront pas automatiques en cas d'infraction, mais adaptées au comportement des personnes prises en flagrant délit. «On n'est pas dans une démarche de surveiller et punir», a précisé Pierre-Antoine Hildbrand.

Le PLR a lui aussi soutenu la nouvelle façon de procéder. Son chef de groupe, Mathieu Carrel, a souligné que les incivilités concernées «sont très peu graves d'un point de vue pénal mais elles ont un effet considérable sur la façon dont on appréhende l'espace public et la qualité de vie».

L'extrême gauche a proposé avec succès de modifier la mouture originale. Elle a souhaité qu'on supprime la possibilité de coller les gens pour affichage en dehors des supports prévus à cet effet. La tentative a été soutenue par les Verts. Ces derniers acceptent cette «forme de pollution paysagère», en faisant notamment référence à l'aspect citoyen que peut avoir l'affichage non officiel. Les socialistes ont aussi suivi la proposition, qui a ainsi passé la rampe.

Ce nouveau règlement devrait entrer en vigueur avec l'arrivée des beaux jours. Le temps de laisser passer le délai référendaire, mais aussi de former les employés communaux des quatre services concernés par ces nouvelles mesures. (24 heures)

Créé: 17.01.2017, 20h51

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