«Le LHC a pu se croire par moments davantage propriétaire que locataire»

Patinoire de MalleyFace aux critiques du Lausanne Hockey Club, le président du Centre sportif de Malley s’explique sur le retard du chantier et ses impacts.

Président du Centre sportif de Malley, Jean-Jacques Schilt s'explique sur les retards qui plombent le chantier de la patinoire, et les relations avec le Lausanne Hockey Club.

Président du Centre sportif de Malley, Jean-Jacques Schilt s'explique sur les retards qui plombent le chantier de la patinoire, et les relations avec le Lausanne Hockey Club. Image: Odile Meylan

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C’est la polémique qui fait tache. Mercredi dernier, «24 heures» dévoilait que le chantier de la patinoire de Malley avait pris un retard aux lourdes conséquences. Alors qu’une inauguration était prévue avec un show du Cirque du Soleil, le LHC a dû tout annuler. Entre le club lausannois, futur locataire, et la société propriétaire des lieux, le Centre sportif de Malley (CSM), le ton monte. Le président du CSM, Jean-Jacques Schilt, s’explique.

Le LHC espérait inaugurer la patinoire le 19 septembre. Le calendrier a été revu?
Les délais n’ont jamais varié. La patinoire sera prête pour le premier match à domicile du LHC, le 24 septembre. Nous avons toujours parlé d’une ouverture pour les matches de la saison 2019-2020. Il est vrai que le contrat de l’entreprise générale devait s’achever pour la partie glace le 2 août, mais cela n’impliquait pas que la patinoire serait utilisable le lendemain. Il y a peut-être eu un malentendu lié à la transparence dont nous avons fait preuve.

Le CSM a pourtant bien donné son feu vert au show du Cirque du Soleil?
Oui, c’est vrai. Mais il faut replacer les choses dans leur contexte. Nous devions donner les délais de livraison en été 2018. Nous avons communiqué en août que ce serait le 10 octobre pour les matches et en février 2020 pour les spectacles. Le LHC a alors demandé à être reçu par le conseil d’administration, qui a accepté les dates du 24 septembre pour le premier match et du 19 pour le Cirque du Soleil, malgré le préavis négatif des experts. Le Conseil s’est laissé séduire afin d’aider le LHC, mais il a dû revenir sur sa décision en décembre suite à un nouvel avis catégorique du planificateur.

Le CSM s’est-il montré léger dans la gestion du calendrier?
Non. Il y a eu une défaillance de l’un des bureaux d’ingénieurs, qui a dû être remplacé. Les difficultés sont apparues l’été passé, mais nous avons vraiment compris l’ampleur du désastre au début de cette année. Nous avons depuis lors pris des mesures pour rattraper les retards.

En attendant, le LHC parle de demander compensation.
Le CSM n’a encore rien reçu et je ne vois pas en vertu de quoi nous devrions payer. J’aimerais rappeler que les pouvoirs publics mettent à disposition un complexe sportif superbe pour un montant d’investissement de 227 millions de francs.

Le club en demande trop?
Avec son partenariat avec AEG (ndlr: pour l’organisation de spectacles), le LHC s’est engagé dans une démarche ambitieuse. Je peux comprendre que cela rende ses dirigeants inquiets.

Reste que le torchon brûle. Faut-il s’en inquiéter?
Quand on pense pouvoir aller plus vite que la réalité, cela conduit à des tensions. Le LHC a pu se croire par moments davantage propriétaire que locataire. J’aimerais toutefois relativiser cette polémique, qui ne devrait pas ternir l’enthousiasme qui entoure la Vaudoise aréna.

Y a-t-il eu du mouvement au sein de la direction du CSM?
Notre directeur, Serge Beslin, a annoncé sa démission il y a quelques jours, mais cela n’a strictement rien à voir avec ces retards. Ses fonctions l’impliquent dans la préparation de l’exploitation de la Vaudoise aréna plus que dans le suivi du chantier. Quant à moi, je suis toujours en place, et la commission de construction n’a pas bougé.

Quelles sont les raisons de ce départ?
Elles sont familiales, mais les difficultés de collaboration avec le LHC ont également pesé.

Vous êtes engagés dans une course pour combler les retards. Quel en sera le coût?
Nous avons mené une discussion complexe avec l’entreprise générale, qui a abouti à un accord la semaine passée. Le coût supplémentaire sera de l’ordre de 5 millions de francs.

Qui va payer?
Comme il y a eu faute professionnelle d’un bureau d’ingénieur, une partie des coûts devra être couverte par une assurance. Pour le CSM, les intérêts et l’amortissement du coût et du surcoût de construction seront compris dans les 11,8 millions de francs de déficit annuel que couvriront nos actionnaires (ndlr: les communes). Les conséquences financières seront donc absorbées par l’exploitation, sans conséquences pour eux. (24 heures)

Créé: 16.04.2019, 06h55

Le directeur précise

«Il n’y a pas de problème relationnel avec le LHC», tient à clarifier Serge Beslin, contacté suite à cette interview. Il s’inquiète néanmoins de la collaboration future entre le club et le CSM: «Il risque d’être difficile pour la société d’organiser des événements, alors que le LHC peut prévoir jusqu’à 30 matches et 50 spectacles par année. C’est comme si deux familles devaient se partager un salon avec une seule télévision.» Selon lui, le profil du poste dont il a pris possession en 2017 ne correspond ainsi plus à ce qui était proposé initialement. «L’un des côtés attractifs était l’événementiel, mais de ce point de vue, la gestion reviendra principalement au LHC», estime-t-il.

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