Le PLR hausse le ton contre le deal de rue à Lausanne

DrogueLe parti bourgeois veut plus de répression. Il a déposé divers textes auprès de la Ville et du Canton pour appuyer son plan d’action.

Philippe Miauton, president du PLR lausannois, Marc-Olivier Buffat, president du PLR Vaud, et Gregory Devaud, chef de groupe au Grand Conseil.

Philippe Miauton, president du PLR lausannois, Marc-Olivier Buffat, president du PLR Vaud, et Gregory Devaud, chef de groupe au Grand Conseil. Image: KEYSTONE/Jean-Christophe Bott

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Après avoir prêché dans le vide contre la politique de la drogue à Lausanne, le Parti libéral-radical a décidé de hausser le ton. Emboîtant les pas des socialistes, qui présentaient lundi leurs propositions pour lutter contre le deal de rue, le PLR a présenté un plan d’action à l’échelle communale, cantonale et fédérale. Pour la droite, il s’agit de renforcer la répression, sans oublier la prévention dans les milieux scolaires.

Taclant au passage le gouvernement vaudois pour son inertie et la Municipalité de gauche lausannoise pour son laxisme par le passé, le président du PLR Vaud a donné de la voix en conférence de presse: «Il faut désorganiser les dealers, tonne Marc-Olivier Buffat. On les voit, on sait où ils sont: il faut les arrêter.»

À l’échelle communale, le parti bourgeois fait circuler une pétition demandant que le Conseil communal de Lausanne se montre bienveillant à l’égard de sa police, spécialement sur le plan budgétaire. «On le voit bien au marché, même des gens disant qu’ils ne voteront jamais PLR viennent signer cette pétition», dit Philippe Miauton, président de la section lausannoise. Il indique que le texte réunit déjà près de 5000 signataires.

Mais c’est à certaines associations caritatives que s’en prend surtout le parti. Un postulat déposé au plénum demande que la Ville s’assure que ces associations au financement public ne puissent pas servir de base arrière aux vendeurs de drogue. La Ville de Lausanne ne peut assurer seule la gestion du trafic. Au Grand Conseil, le PLR dépose donc quatre textes. Le premier compte sur une augmentation des places de détention. Il s’agit de faire en sorte que la chaîne pénale puisse absorber de nouvelles arrestations de dealers. «Il manque 300 places et nous souhaitons qu’une plateforme puisse ouvrir un dispositif qui pourrait aussi être intercantonal», explique Marc-Olivier Buffat. Une motion soutiendra cette demande adressée au Conseil d’État.

Afin de renforcer la répression, le PLR compte agir à l’échelle fédérale en faisant modifier la loi sur les stupéfiants. «Il s’agit de simplifier les procédures et d’aggraver les peines», résume Grégory Devaud, chef du groupe au Grand Conseil. Les députés libéraux-radicaux vaudois entendent ainsi fédérer afin que remonte jusqu’à Berne cette demande de révision de la loi. Le PLR préconise qu’une circonstance aggravante soit reconnue lorsque le trafic a lieu sur l’espace public. Dans ce cas, une peine privative de liberté – de 6 mois – pourrait être prononcée en cas de récidive. Cette mesure remplacerait les peines pécuniaires, jugées peu dissuasives, qui sont aujourd’hui la règle.

Malgré ses ambitions répressives, le PLR n’en oublie pas la prévention avec une motion demandant la création d’ateliers de réflexion dans les écoles. «À l’inverse des socialistes, nous ne soutenons pas l’intervention d’anciens toxicomanes dans les écoles, explique le député Guy Gaudard. Mais il faut que les enfants apprennent à dire non à des sollicitations qui sont parfois pressantes de la part des dealers.» (24 heures)

Créé: 12.06.2018, 12h28

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