Le Théâtre 2.21 renoue avec le quartier du Vallon

LausanneUne visite guidée du théâtre et des improvisations des Piétons de la Scène ont conquis les curieux.

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«Nous avons voulu montrer que le théâtre n’est pas un monde cloisonné, élitiste et réservé à un public particulier!» Au vu de la bonne centaine de visiteurs de tous bords qui déambulaient hier dans les vastes bâtisses du Théâtre 2.21, le pari d’Annie Surdez et Marie-Laure Pinatel est réussi.

Agées de 22 et 23?ans, ces deux étudiantes en animation socioculturelle à l’EESP (Ecole d’études sociales et pédagogiques) ont monté un projet original. Celui de resserrer les liens entre les habitants du quartier populaire du Vallon et son théâtre, qui y fait un peu figure d’ovni. «La population du Vallon est constituée de beaucoup d’immigrés et d’ouvriers; et celle qui fréquente le 2.21, de beaucoup d’artistes et d’intellectuels. Nous voulions que ces deux mondes se rencontrent», explique Annie Surdez.

Pour mener à bien ce projet, les deux étudiantes ont imaginé une journée portes ouvertes aux multiples activités. «Tous les intervenants de ces animations travaillent au 2.21», précise Marie-Laure Pinatel. Les curieux du quartier ont ainsi assisté à un spectacle de magie du talentueux Pierric Tenthorey, qui en a profité pour inviter le public ainsi conquis à découvrir la création plus «théâtrale» qu’il jouera au 2.21 dès le 17 janvier. Les visiteurs ont aussi pu participer à un atelier d’écriture avec le slameur Abstral Compost, bien implanté dans le lieu, ou découvrir l’art des lumières avec l’éclairagiste d’une pièce programmée prochainement.

Partie intégrante de la cité
Encore mieux pour faire le lien entre le théâtre et son quartier: une visite guidée était organisée, qui montrait par des improvisations à quels lieux de vie citadine correspondaient jadis ces bâtiments qui appartenaient à la ville. «Montrer que les loges étaient autrefois un carnotzet ou que la salle 1 était le local des pièces à conviction de la police lausannoise de l’époque attire l’attention sur l’insertion du théâtre dans la cité, qui est sa caractéristique fondamentale», relève Laurent Baier.

C’est ce dernier qui a coordonné cette animation, jouée par deux comédiens pros et l’association Les Piétons de la Scène – des adolescents autogérés passionnés de théâtre. «La forme déambulatoire et l’improvisation sont idéales pour dédramatiser le théâtre», relève encore Laurent Baier, spécialiste de ce type de théâtre «démocratisé».

Et les habitants du Vallon, qu’ont-ils pensé de cette tentative du 2.21 de mieux les intégrer? «C’est surtout génial pour eux, c’est une occasion de se faire connaître, sourit David, venu pour la première fois au théâtre. J’étais souvent passé par ici, mais il faut du temps pour comprendre que c’est un théâtre dont on peut franchir la porte», ajoute-t-il.

Au cœur des habitations
Pour Maria, venue découvrir le 2.21 avec ses enfants, c’est aussi l’occasion de réaliser ou de se rappeler qu’il y a un théâtre dans le quartier: «Ce qui est rare, en plus! Les autres théâtres de Lausanne, comme Vidy ou l’Arsenic, sont plus éloignés des zones d’habitation.»

La journée s’est terminée par un concert chaleureux aux alentours de 21?h, rappelant que le théâtre accueille aussi régulièrement des musiciens. Michel Sauser, coresponsable du 2.21, s’est déclaré ravi du succès de ces portes ouvertes: «Je n’aurais jamais imaginé qu’il y ait autant de monde! Cela va bien au 2.21, qui se revendique comme un véritable lieu de vie.»

Créé: 08.01.2012, 22h30

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