Le bruit des enfants dans la cour sème la discorde dans le quartier de Béthusy

ParascolaireUne structure d'accueil de jour lausannoise se trouve tiraillée entre les plaintes des voisins et celles des parents.

Le lieu du délit est la cour externe tout au fond. Ses murs et son

Le lieu du délit est la cour externe tout au fond. Ses murs et son "plancher" sont en béton. Image: Patrick Martin

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Disons-le d’emblée, le sujet est très émotionnel. Le cas de la cour de jeu de l’APEMS (Accueil pour enfants en milieu scolaire) de Béthusy, à Lausanne, a fait ressortir toutes les animosités qui peuvent se manifester quand il est question de bruit, d’enfants et de tranquillité.

Cette cour a été mise à disposition des petits usagers en décembre 2014, et elle a très vite suscité des plaintes de la part d’habitants de deux immeubles voisins. Cela a conduit les autorités municipales, dans un premier temps, à remplacer les balles en dur par des balles en mousse et à ne plus produire de musique à l’extérieur.

Puis, devant la persistance des plaintes, on a envoyé, lors de la dernière rentrée scolaire d’août, les bambins s’époumoner ailleurs. Enfin, juste avant les dernières vacances d’automne, ce sont des parents qui ont lancé une pétition. Ils demandent que les écoliers puissent retrouver la jouissance de leur cour de jeu.

«Je suis fâchée»

«Je suis fâchée, parce que nous n’avons pas vraiment été avertis, explique Elise Shubs, l’une des mamans concernées. Nous avons juste pu parler, après coup et un peu au dernier moment, avec le municipal David Payot, quand nous avons appris qu’il se rendait sur place. Je trouve aussi que les solutions de remplacement sont problématiques pour l’organisation de l’APEMS, et que l’effort exigé est important, alors qu’on n’en demande pas tant aux gens se plaignant du bruit.»

L’incompréhension vient aussi du fait que les changements d’organisation imposés par la Commune à l’APEMS ont varié au fil des semaines. On a d’abord utilisé un seul lieu de remplacement, un peu trop proche de la route aux yeux des parents, pour faire migrer ensuite quelques jours plus tard les enfants sur deux autres terrains.

Caisse de résonance

«Je ne suis pas contre les enfants et le bruit, loin de là, explique pour sa part une habitante qui fait partie des gens incommodés par les cris. Mais il y a là un véritable problème architectural. Cette cour amplifie les sons. On doit vivre une bonne partie de la journée avec les fenêtres fermées.» La forme des murs, leur emplacement et les matériaux choisis font en effet caisse de résonance.

«Nous sommes attentifs au ressenti des habitants du quartier, qui a pu d’ailleurs être confirmé par le personnel de la structure éducative, tout comme nous le sommes à celui des parents des enfants fréquentant l’APEMS», commente le conseiller municipal David Payot, fraîchement élu. Il a repris cet été des mains de son collègue Oscar Tosato le domaine de l’Enfance et de la Jeunesse. Il ajoute que la fameuse cour est encore utilisée à la pause de midi, que les alternatives mises en place «fonctionnent». Et que Lausanne est bien toujours une ville «amie des enfants».

L’élu promet qu’il rencontrera les parents afin de mieux évaluer la situation, et qu’une analyse plus poussée des nuisances sonores dans les appartements des voisins sera entreprise. «Nous regarderons aussi quelles mesures correctives de type technique sont applicables, continue le municipal. Pour, le cas échéant, les appliquer d’ici à la fin de l’année.»

Florence Bettschart-Narbel, conseillère communale PLR lausannoise, a fait voter au corps délibérant une résolution demandant à ce que toutes les mesures soient prises afin que les enfants puissent utiliser pour leurs jeux la «cour prévue à cet effet.» «Je trouve important, aussi pour la réalisation de futurs APEMS, qu’on se préoccupe de ce genre de détails et qu’on le règle en amont», avant de construire, commente-t-elle. (24 heures)

Créé: 30.10.2016, 19h10

Pas de normes sonores

Selon Oscar Tosato, municipal lausannois qui était chargé des structures d’accueil de l’enfance lors de la construction de l’APEMS de Béthusy, «il y a toujours des personnes qui, lorsqu’on construit un nouveau centre pour les enfants, craignent que cela ne fasse trop de bruit. Il faut trouver des compromis, en restant ferme sur le principe qui est que les enfants ont le droit d’être dans la ville et d’y jouer.»

Selon Dominique Luy, spécialiste du bruit à la Division générale de l’environnement du canton, il n’existe pas en Suisse de normes précises sur les seuils sonores maximaux à ne pas dépasser pour une cour d’école ou d’APEMS. «C’est de la compétence des communes, et cela se tranche au cas par cas s’il y a litige, résume-t-il. Nous n’avons pas eu de problème jusqu’ici – pas encore.» Il ajoute que l’Allemagne vient de régler la question en… protégeant le droit des enfants à faire du bruit.

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