Le plus petit musée du monde est à Lavaux

CultureLa Kunsthalle Marcel Duchamp, installée à Cully depuis 2010, a inauguré son nouveau «bâtiment»: 2 étages sur 75 cm de haut.

La nouvelle KMD est construite en cuivre émaillé transparent et en verre, rappelant le phare au bord de l’eau, explique Stefan Banz. Elle offre une visibilité plus large que la précédente, qui utilisait des viseurs en référence au trou par lequel Marcel Duchamp invite le visiteur-voyeur à observer son installation «Etant donnés».

La nouvelle KMD est construite en cuivre émaillé transparent et en verre, rappelant le phare au bord de l’eau, explique Stefan Banz. Elle offre une visibilité plus large que la précédente, qui utilisait des viseurs en référence au trou par lequel Marcel Duchamp invite le visiteur-voyeur à observer son installation «Etant donnés». Image: Christian Brun

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L’inauguration d’un nouveau bâtiment dans le périmètre inscrit de Lavaux Unesco s’est faite sans opposition ni mise à l’enquête en mai à Cully. Cela tient sans doute aux mensurations confidentielles dudit «bâtiment»: 45 cm de large sur 75 cm de haut. Réputé «plus petite Kunsthalle du monde», le musée hommage à Marcel Duchamp, planté depuis 2010 sur le quai de l’Indépendance, offre dorénavant une visite «plus chaleureuse et plus ouverte», selon son directeur, l’artiste Stefan Banz.

L’institution est bien connue des Culliérans, qui se la sont appropriée, mais peu dans le reste de la Suisse romande. «C’est surtout à l’étranger qu’on parle de nous», indique le Lucernois installé à Cully depuis 2006. Même le New York Times a consacré un article à la KMD (pour Kunsthalle Marcel Duchamp) en 2015 et le premier écrin, signé Mélanie Althaus, trône dorénavant devant la Kunstmuseum de Wolfsburg, en Allemagne. Le Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne n’était pas intéressé.

Ai Weiwei et la Tate Modern

Pourtant, la réputation de la KMD n’est plus à faire auprès des artistes. «On est pris au sérieux. On a régulièrement des demandes pour exposer ici», témoigne Stefan Banz. Et ceux qui ont eu l’honneur d’une des cinq à sept expositions annuelles ne sont pas des artistes confidentiels. Parmi eux: le Chinois Ai Weiwei, le Brésilien Cildo Meireles, ou encore la Coréenne Haegue Yang. Mais aussi la participation du curateur Vicente Todoli, ancien directeur de la Tate Modern de Londres.

Ce qui attire ces pointures à Cully, c’est d’abord le carnet d’adresses du couple qui a fondé la KMD: Stefan Banz, artiste, cofondateur de la Kunsthalle de Lucerne, mais aussi ancien con­seiller artistique du galeriste Iwan Wirth, et Caroline Bachmann, enfant de Cully, peintre et professeure à la Haute Ecole d’art et de design de Genève. «Mais c’est aussi le jeu. Celui de venir à Cully, d’aller visiter la chute d’eau du Forestay (ndlr: présente dans l’installation «Etant donnés» de Duchamp), et celui de créer une exposition miniature.»

La petitesse du musée, qui compte tout de même deux niveaux d’exposition, ajoute aussi à son attrait. «Nous avons pensé ce lieu en réaction aux grands événements comme les biennales, dont à la fin il ne reste rien, explique le directeur. Cet endroit si petit devient précieux, suscite des amitiés, une réflexion, des discussions.» D’ailleurs, «ouvert» 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, il n’a subi «que» cinq déprédations mineures en six ans.

Public romand

Avec son nouveau bâtiment, une capsule de cuivre émaillé et de verre créée par l’architecte zurichois Jonathan Banz (fils de Stefan), la KMD s’émancipe (un peu) de son maître Marcel Duchamp et se consacrera davantage à la peinture . Elle veut aussi enfin être reconnue en Suisse romande. Car, aujourd’hui, 80% des fonds levés pour le musée proviennent d’outre-Sarine. «Et nous avons les mêmes charges qu’un musée plus grand, lâche Stefan Banz. Ce qui nous coûte moins cher, c’est le transport des œuvres et l’entretien du bâtiment. Mais c’est clairement une entreprise déficitaire. On est un peu fous.»

Créé: 22.09.2016, 20h17

Un couple d’artistes et la chute d’eau du Forestay

La Kunsthalle Marcel Duchamp (KMD) est née de l’imagination de Stefan Banz et Caroline Bachmann. Ce couple d’artistes, installé dans une demeure familiale à Cully depuis 2006, s’est passionné pour l’installation Etant donnés: 1° la chute d’eau, 2° le gaz d’éclairage (1946-1966). Découvrant que la chute d’eau qui y apparaît n’était autre que celle qui coule entre les communes de Puidoux et de Rivaz, ils ont mené l’enquête durant trois ans, puis mis sur pied un symposium autour de «Marcel Duchamp et la chute d'eau du Forestay» et construit le petit musée en hommage à sa «Boîte-en-valise».

A côté des expositions, le couple a créé les Editions KMD et publie des ouvrages d’art consacrés à la recherche autour du pape du ready-made. La plupart des œuvres présentées jusqu’ici y faisaient référence, mais les curateurs aimeraient s’en éloigner et misent aujour­d’hui davantage sur la peinture. Les quatre prochaines expositions en témoignent: Zara Idelson (25 septembre au 13 novembre, vernissage ce samedi à 18 h), puis Tom Hackney (GB), Karen Kilimnik (USA) et enfin Niklaus Troxler (CH), qui exposera ses affiches miniatures du Willisau Jazz Festival durant le Cully Jazz.

www.akmd.ch

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