Les Verts veulent éliminer les «biochips» des plages

LausanneLes écologistes ont trouvé des plaquettes de plastique dans le lac. Trois épisodes de pollution ont été identifiés.

On trouve encore des médias filtrants sur les plages des années après qu'ils se sont échappés des stations d'épuration.

On trouve encore des médias filtrants sur les plages des années après qu'ils se sont échappés des stations d'épuration. Image: DR

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En se penchant un peu, les adeptes des rives du Léman trouvent à l’occasion des plaquettes de plastique blanc. Appelées «biochips», ou médias filtrants, ces petites grilles sont utilisées dans le processus d’épuration des eaux usées. Comment se sont-elles retrouvées dans le lac? Les Verts lausannois se sont inquiétés du phénomène. Celui-ci n’est pourtant pas récent. Trois épisodes de pollution ont été identifiés. Ils remontent à près de quatre ans.

Cet automne, les Verts lausannois s’étaient réunis au parc Bourget pour une soirée de nettoyage. Une façon de participer à la lutte contre le littering. Mais, au-delà des habituels mégots, capsules de bouteille ou bouts de plastique, les écologistes de la ville ont découvert, sur la berge, un nombre non négligeable de ces petites grilles carrées. L’occasion pour l’élue Natacha Litzistorf d’interpeller la Municipalité au sujet de cette pollution.

«La communauté scientifique est partagée. C’est pour cela que le principe de précaution doit s’appliquer»

Si elle emploie également ces médias filtrants, la station d’épuration (STEP) de Vidy n’y est pour rien. Deux vagues de biochips avaient abouti dans le Léman, via le Rhône, en 2012. Les stations d’épuration d’Evolène et de Saillon avaient toutes deux laissé échapper plusieurs mètres cubes de bouts de plastique ronds. Or ceux retrouvés par les Verts sont carrés. Ils proviennent de la step de Saint-Prex. En 2013, de fortes pluies avaient fait déborder les bassins. Les plaquettes ont été naturellement drainées vers le Léman.

Une solution technique

Beaucoup ont probablement coulé au fond du lac. «Peut-être que des courants en ont fait remonter jusque sur les rives», suggère Natacha Litzistorf. Dans sa réponse, la Municipalité assure toutefois que ces pollutions appartiennent au passé. «Les nouvelles constructions de bassins prévoient des grilles qui bloquent les biochips et empêchent toute fuite», indique l’Exécutif dans sa réponse.

A l’époque, la pollution de plastique avait été dénoncée au travers de la fondation environnementale Surfrider. Active sur les plages du monde, elle a commencé à se soucier de l’apparition de ces médias filtrants rejetés par les vagues. Pour les plages du Léman, son antenne suisse avait multiplié les coups de fil, pour finalement identifier la provenance de ces déchets.

Aucun nettoyage prévu

La question du retrait de ces bouts de polyéthylène s’est posée, mais il n’y a pas eu de suite. Quels risques pour l’environnement? «La communauté scientifique est partagée, dit Natacha Litzistorf. C’est pour cela que le principe de précaution doit s’appliquer.» Il est en tout cas reconnu que ces plastiques libèrent des microparticules en se décomposant. Face au Conseil communal de Lausanne, le municipal Olivier Français a indiqué qu’aucune opération de nettoyage n’était prévue. «Mais les employés de la Ville nettoient quotidiennement les parcs et les plages, dit-il. Si le Canton et les communes devaient entreprendre une telle démarche, nous nous y associerions.»

Face à cette pollution qui dure, les élus Verts ont fait passer une résolution demandant à ce que la Ville collabore avec le Canton afin d’assurer «un assainissement du lac et de ses plages pour éliminer ces biochips, en tenant compte du principe du pollueur-payeur».

Créé: 04.01.2016, 07h55

Une plus grande efficacité

Appelés «médias filtrants», ou «biochips», ces petits objets adoptent des tailles et des formes diverses, et servent de supports aux bactéries qui traitent les eaux usées. Une découverte scientifique du début des années 2000 a montré que l’utilisation de ces plaquettes – brassées dans les bassins en phase finale du cycle d’épuration – permettait de multiplier l’efficacité des bactéries. S’ils sont utilisés en grandes quantités dans les stations d’épuration, les médias filtrants ont également trouvé leur utilité dans l’industrie agroalimentaire, explique la Fondation Surfrider. L’association environnementale a ainsi répertorié plusieurs sources de pollution, en France et en Espagne notamment. Les surfeurs des côtes atlantiques ont participé à l’établissement d’une cartographie montrant où des médias filtrants ont été retrouvés.

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