Les 3 défis à relever pour assurer un avenir au Comptoir Suisse

LausanneA quatre éditions de ses 100 ans, la foire se réinvente face à des changements sociétaux ou économiques sur lesquels elle n’a pas toujours d’emprise.

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La 96e édition du Comptoir Suisse a fermé ses portes lundi soir sur un bilan contrasté, mais porteur d’espoir. Ainsi, voir la manifestation fêter son centenaire, en 2019, n’a rien d’une utopie. D’autant que cette année sera également celle de la prochaine Fête des Vignerons et du 100e anniversaire de la Fédération vaudoise des Jeunesses campagnardes. «Sauf événement extraordinaire, nous y serons, assure d’ailleurs le directeur Foires et salons de MCH Beaulieu, René Zürcher. Le groupe nous a accordé jusqu’à cette date pour faire nos preuves, mais nous réfléchissons déjà aux cinq années suivantes.» Parachuté à la tête de la manifestation quelques semaines avant son ouverture il y a deux ans, le nouveau directeur n’a toutefois pas toutes les cartes en main pour assurer sa pérennité. Passage en revue des enjeux qui influencent le destin du Comptoir.

1. L’évolution de la société

Le monde dans lequel a été créé le Comptoir Suisse en 1919 n’existe plus. Evénement incontournable durant une bonne partie du siècle passé, la foire a vu son intérêt commercial être grignoté successivement par les supermarchés, les comptoirs régionaux et, pour finir, le commerce sur Internet. A cela s’est encore ajoutée la création de nouveaux salons sur le site de Beaulieu, comme Habitat-Jardin ou Swiss Expo. Légalement, l’interdiction de la fumée dans les lieux publics et les abaissements du taux d’alcool autorisé au volant ont aussi influencé les comportements festifs. «C’est pour cela que nous avons réorienté notre cible sur les familles», explique Sophie Kart, responsable communication de MCH Beaulieu.

2. La situation géographique

L’implantation du Palais de Beaulieu au centre-ville est à la fois une chance et un handicap. Une chance, au vu de l’augmentation croissante de la part de visiteurs s’y rendant en transports publics, et un handicap, car l’accès en voiture y est toujours plus malaisé.

Enfin, le fait que l’organisateur du Comptoir ne soit que locataire des murs joue aussi un rôle. On l’a vu encore récemment avec l’annonce de l’abandon des caves, rendu inévitable par des coûts de rénovation et de sécurisation qu’il serait impossible de rentabiliser.

3. Les facteurs internes

Face à ces deux groupes de facteurs, les organisateurs n’ont d’autre possibilité que de s’adapter et d’essayer de réinventer la manifestation. En ce sens, l’accent mis sur les animaux de la ferme et les animations dans les jardins semblent porter leurs fruits. «70% de nos visiteurs désignent les animaux comme première raison de leur présence au Comptoir, annonce Sophie Kart. Et la part de familles parmi les visiteurs a considérablement augmenté.» Le prochain défi sera de convaincre la catégorie des 25-35 ans, qui pourraient être attirés par les concerts afterwork en fin d’après-midi. René Zürcher imagine d’ailleurs renforcer la programmation et la communication sur cette attraction dès l’an prochain.

Par rapport à la question récurrente du prix de l’entrée et de l’éventuelle gratuité, le directeur estime qu’en regard des animations proposées il est normal que les visiteurs supportent une partie des coûts des infrastructures. «En tenant compte des bons de réduction de 7 francs (ndlr: téléchargeables et distribués à 480 000 exemplaires), nous avons maintenant un rapport coût-qualité que j’estime bon.»

Enfin, après de nombreuses années de déclin, il faudra forcément du temps au Comptoir pour inverser la tendance et changer son image dans les esprits. «C’est pour cela que nous nous sommes donné jusqu’à l’année du centenaire pour y arriver», rappelle René Zürcher.

(24 heures)

Créé: 22.09.2015, 09h33

Bilan de l’édition 2015

Résultat stable malgré des pics de fréquentation extrêmes

Les sueurs froides des organisateurs durant le week-end d’ouverture du Comptoir Suisse n’étaient qu’un avant-goût. En matière de fréquentation, la 96e édition qui a fermé ses portes hier soir a été marquée par des extrêmes aussi bien négatifs (le premier samedi et lundi) que positifs (+25% d’entrées par rapport à l’an passé sur les trois jours du week-end du Jeûne). Résultat, la manifestation clôt sur un total similaire à celui de l’an passé, à savoir autour des 125 000 visiteurs. Le démarrage difficile s’explique vraisemblablement par l’avancement des dates d’une semaine, un changement qui n’a pas été enregistré par tous les visiteurs. En plus, l’ouverture un lundi ouvrable n’existait pas avec les dates précédentes, puisque le seul lundi était celui du Jeûne.

A contrario, la forte progression durant le week-end du Jeûne est, pour les organisateurs, un encouragement à persévérer dans les voies choisies. «En ce sens, la progression de 35% du nombre de billets familiaux vendus nous réjouit tout particulièrement», apprécie Sophie Kart, responsable communication de la manifestation.

Les contours précis de la 97e édition, l’an prochain, ne sont pas encore finalisés. L’impact du changement de dates sur la fréquentation devra être analysé finement pour savoir s’il sera reconduit ou pas. Et, sur un plan plus symbolique, les organisateurs du Comptoir attendront avec impatience les décisions finales au sujet de la réaffectation du centre de congrès, pour enfin savoir si les caves survivront une année de plus ou si les vieux murs ont hébergé hier pour la dernière fois les odeurs de papet et de fondue.

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