Rovéréaz, une vraie ferme où pousse du rêve

LausanneLe domaine agro-écologique du nord de la ville a enfin trouvé son mode de fonctionnement. Place à l’action.

La Ferme de Rovéréaz est désormais gérée par 2 associations et une Sàrl. Le domaine appartient à la ville de Lausanne depuis 1988.

La Ferme de Rovéréaz est désormais gérée par 2 associations et une Sàrl. Le domaine appartient à la ville de Lausanne depuis 1988. Image: Florian Cella

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«Ici, on a décidé de laisser courir ce qui court et d’enfermer ce qui ne court pas.» Elise Magnenat ouvre le portail du jardin pédagogique qu’elle gère à la Ferme de Rovéréaz, laquelle se dresse sur les hauts de Lausanne depuis 1821. Tout autour, les poules poursuivent leur balade matinale en toute liberté.

La jeune femme est l’une des occupantes de ce domaine de 33 hectares qui appartient à la Ville de Lausanne depuis 1988. Il y a un an et demi, elle était choisie avec le reste de son collectif pour reprendre et transformer la destinée de la Ferme.

L’idée qui a séduit la Ville: mêler pédagogie, insertion et culture maraîchère. A l’épreuve du réel, le groupe évolue, perd ou gagne des membres. Et se confronte aux complexités de l’administration. La forme la plus avancée de cette expérience d’agriculture urbaine et sociale était présentée mardi.

La responsable politique du dossier, Natacha Litzistorf, décline une série de volontés de la Ville: la conservation du site, la production et la distribution de nourriture en circuit court, la participation de la population lausannoise et l’importance de l’approche paysagère. «Un processus évolutif et itératif», précise-t-elle.

Il a déjà permis de lancer rapidement une «première vitrine», le jardin pédagogique. Mais aussi de faire reconnaître l’exploitation agricole qui peut désormais toucher des paiements directs.

Mais il reste une tonne d’idées à concrétiser pour les trois structures – deux associations et une Sàrl pour la ferme. Le programme immédiat prévoit des aménagements dans les bâtiments et des investissements dans la machinerie. Suivront des travaux sur les toitures et les façades du domaine, financées à hauteur de 800'000 francs par la Ville.

Côté social, des liens avec les crèches et cantines de la ville devraient être tissés pour que la ferme nourrisse la cité. Le marché, déjà fréquenté par une cinquantaine de personnes le samedi, est appelé à se développer et un café paysan devrait être aménagé. Rovéréaz cherche des bénévoles! (24 heures)

Créé: 22.08.2017, 19h33

Jardin pédagogique

Spirale aromatique, butte tressée, tunnel en saule vivant… Bucoliques, les «classiques de la permaculture», selon les termes d’Elise Magnenat, composent le jardin de Rovéréaz. Elle accueille dans le jardin qui n’est pas le sien, «mais celui de mille mains». Il s’étend, foisonnant, sur 3000 mètres carrés. Et a déjà fait l’objet de plusieurs vagues de chantiers participatifs. Chaque semaine, des bambins de crèches lausannoises y plongent leurs mains. Durant les vacances, les gosses des centres aérés viennent aussi se familiariser avec la terre. Des dizaines d’adultes se prennent aussi au jeu lors des lundis ouverts au public. «C’est un lieu d’inspiration, qui doit permettre aux gens de devenir des acteurs du changement.» Ici, les activités sont ainsi conçues pour être facilement reproductibles chez soi. Les journées au jardin se terminent systématiquement par de la cuisine. Le plus souvent une soupe.

Insertion professionnelle

Depuis le mois de mars, des réfugiés ont rejoint l’équipe qui s’active sur le domaine de Rovéréaz. Ils participent aux travaux maraîchers dans les champs. Et à la confection du repas quotidien, qu’ils prennent avec leurs collègues: des bénévoles, des membres de la Ferme ou encore des personnes à l’aide sociale qui viennent elles aussi apporter leur savoir-faire
à Rovéréaz. «Nous avons mis en route ce programme en particulier pour des gens qui ont des difficultés à apprendre le français de façon scolaire», explique Cyril Maillefer, responsable de ce volet et par ailleurs coordinateur de l’ensemble du projet. Une façon de faire qui «libère la parole» et permet pour certains de «sortir de la solitude, de se souvenir d’activités qu’ils ont faites ailleurs dans leur vie». Un maître socioprofessionnel est présent avec eux trois jours par semaine. Ils participent aussi de façon hebdomadaire au jardin pédagogique.

Culture maraîchère

Gilles Berger arpente le domaine d’un pas vif, couteau à la ceinture. Il cueille, sent, touche, donne à goûter. La récolte de 2 tonnes de patates est finie. Elles sont violettes ou rouges, «d’anciennes variétés». L’agriculteur en chef, arrivé il y a un an, veut tester de nouvelles choses. «Et surtout proposer une belle variété de produits.» Arbres fruitiers, carottes, asperges, fraise, sarrasin d’Arménie, brocolis d’automne… on se balade dans son hectare et demi de culture maraîchère sans savoir où donner de la tête. Passionné par ses cultures - toutes bio -, il sait que les couleurs atypiques, les variétés anciennes, plaisent au public. «Cette biodiversité agricole, c’est le patrimoine de l’humanité», souligne celui qui a aussi un emploi à 75% chez Sativa, spécialiste en la matière basé à Rheinau (ZH). Il prépare, avec l’aide de bénévoles, les marchés du samedi. «A terme, j’aimerais aussi une production de semences. Pour pouvoir aller de la graine à l’assiette.»

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