Transplantation végétale inédite à Lausanne

InsoliteLes arbres des Plaines-du-Loup s’en vont s'enraciner ailleurs. Le déménagement est impressionnant.

L’engin d’une trentaine de tonnes s’empare de l’arbre et de son système de racines sans difficulté avant de le transporter sur le lieu où il sera empoté.

L’engin d’une trentaine de tonnes s’empare de l’arbre et de son système de racines sans difficulté avant de le transporter sur le lieu où il sera empoté. Image: PATRICK MARTIN

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Une opération insolite est en cours aux Plaines-du-Loup. Entre ce vendredi et samedi, une vingtaine d’arbres fait l’objet de toute l’attention des pépiniéristes. Bien qu’âgés d’une bonne cinquantaine d’années, ces bouleaux, charmes ou pins sylvestres sont en effet arrachés et seront conservés en pots, sur place, pendant la réalisation de la première phase de l’écoquartier.

À cette échelle, c’est une première à Lausanne. Quelques arbres ont bien été transportés ici et là, mais l’expérience que tente le Service des parcs et promenades est nouvelle pour la Ville. Genève a déjà tenté la chose et les arbres transplantés à Plainpalais semblent avoir tous bien vécu l’opération après un peu plus d’une année.

Monstre venu de Hollande

Celle-ci n’est pourtant pas anodine. À suivre le manège qui s’opère aux Plaines-du-Loup, on se dit que tout n’est qu’une question d’échelle. Une bêche suffit pour planter un jeune pommier dans son jardin. Pour un arbre d’une cinquantaine d’années, il suffit d’une machine plus grosse. Beaucoup plus grosse.

Après quelques péripéties administratives, le monstre d’une trentaine de tonnes est arrivé de Hollande par convoi exceptionnel. La bête s’approche d’un beau bouleau, enfonce dans le sol sa lame d’acier. Quelques élingues pour sécuriser le tronc, un coup de levier et voilà que l’arbre s’élève, avec un beau volume de terre accroché à son système de racines.

Ce colis de plusieurs tonnes ne voyagera que sur une centaine de mètres, juste à côté de la patinoire éphémère. C’est là que sont réunis les arbres que la Ville a choisi de conserver, dans un pot réalisé sur mesure et dont la technologie devrait permettre de renforcer le déploiement des racines. De quoi améliorer les chances de reprise au moment de replanter.

«On est sur le site où sera construite l’école du quartier», oriente Etienne Balestra, chef du Service des parcs et domaines. Sa réalisation n’interviendra qu’en dernier dans le planning de construction de l’écoquartier des Plaines-du-Loup. Depuis le temps qu’on en parle, le projet de «ville dans la ville» entre soudain dans la réalité. Dans un peu plus de deux ans, la vingtaine d’arbres préservée sera replantée ici et là.

Le coût de l’opération – 210'000 francs sur trois ans – couvre la transplantation des arbres et leur entretien. Le jeu en vaut-il la chandelle? La municipale en charge, Natacha Litzistorf, avait manifesté le souhait de voir un quartier «préverdi» au moment où les premiers habitants viendront s’y installer. La transplantation d’arbres existants va dans ce sens. «Cela s’est fait dans l’idée de préserver ce que l’on pouvait du quartier actuel, ajoute Etienne Balestra. Et il y a des arbres auxquels la population s’attache.» D’ailleurs, les arbres qui survivront au chantier ont été choisis minutieusement. «Il y en a 70 environ qui auraient mérité d’être transplantés, en raison de leur belle forme et leur santé», dit le chef de service. C’est la facilité d’accès à ces essences qui a dicté le choix final.

Une petite proportion

Reste que les 20 arbres transplantés forment une faible proportion des 400 troncs que compte le secteur. Seuls 250 d’entre eux passeront à la tronçonneuse pour alimenter le chauffage à distance de la ville. Un chiffre en retrait par rapport à ceux prévus initialement. Le restant n’est pas impacté par le chantier.

Enfin, le bosquet formé par les 20 arbres en pots contribuera à rendre le chantier plus agréable à regarder. La Ville ne souhaitait pas voir cet écoquartier pousser derrière des palissades. La présence de moutons, de cultures de céréales et d’un nouveau parc viendra aussi améliorer la perception de ce chantier. (24 heures)

Créé: 17.03.2018, 19h50

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