Un épandage au bord du lac de Bret fait polémique

PuidouxDu Roundup a été répandu à quelques mètres de l’eau destinée aux robinets lausannois. La pratique n’est pas illégale mais agace les amis de la nature.

La parcelle jaune a été traitée au Roundup. L’agriculteur affirme avoir agi hors période de pluie, comme conseillé pour limiter les risques de ruissellement dans le lac de Bret.

La parcelle jaune a été traitée au Roundup. L’agriculteur affirme avoir agi hors période de pluie, comme conseillé pour limiter les risques de ruissellement dans le lac de Bret. Image: PATRICK MARTIN

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En surplomb du lac de Bret, dans ce décor de carte postale, le jeu de couleurs entre des herbes vertes et d’autres complètement jaunies en agace certains. Cette parcelle brûlée au pesticide (du Roundup), à quelques mètres d’une eau destinée aux robinets lausannois, a récemment fait bondir un habitant de la région qui s’en est inquiété auprès de Pro Natura Vaud. «Je trouve anormal que de tels produits soient répandus sur des surfaces en pente durant des périodes de pluie. Les ruissellements finissent inévitablement dans le lac, alors qu’il s’agit d’une ressource en eau potable», s’offusque ainsi Frédy Chevalley.

Problème, Jean-François Richard, l’agriculteur concerné, affirme que l’épandage a été effectué il y a plus d'un mois, lors d’une période sèche. Il s’en est d’ailleurs expliqué auprès du Service de l’agriculture, venu lui demander des comptes. «Je suis tombé des nues lorsque j’ai appris cette dénonciation. J’ai pu démontrer que j’étais à Vevey le jour où l’on m’accuse d’avoir utilisé le produit et l’Etat a compris que j’étais de bonne foi, recadre-t-il. Nous savons pertinemment qu’il y a des règles et qu’il n’est pas possible de traiter lorsqu’il pleut ou qu’il y a du vent.»

Pas de règles particulières

Le Canton confirme cette notion de «bonnes pratiques» et explique qu’il n’y a pas de disposition légale particulière pour ce type de cas. «Comme pour les cours d’eau, il est néanmoins souhaitable de respecter une distance minimale d’environ 6 mètres», précise Philippe Vioget, chef de la division protection des eaux à la Direction générale de l’environnement. Ce dernier ne s’alarme pas non plus d’une possible pollution par le sol: «Le domaine reste peu connu mais il semble que la majorité des pesticides sont dégradés par les matières organiques à plus ou moins long terme.»

De son côté, la Ville de Lausanne mise sur la sensibilisation auprès des agriculteurs. D’autant plus qu’elle considère que son usine de traitement est suffisamment perfectionnée. «Notre chaîne de traitement est capable de retenir la majeure partie des micropolluants, grâce à l’ozone et au charbon actif», affirme Sébastien Apothéloz, chef du service des eaux à la Ville. Au Canton, le chef de la section inspection, Eric Raet, confirme que «les eaux distribuées respectent bien les exigences légales en vigueur».

«Même s’il s’agit d’une pratique légale, il est regrettable d’accepter que de tels risques soient pris. En ce sens, nous soutenons la démarche de Frédy Chevalley», indique Michel Bongard, secrétaire exécutif de Pro Natura Vaud. Des mises en garde qui révoltent Jean-François Richard: «L’agriculture est de plus en plus complexe, car les normes changent à une vitesse folle. Alors c’est très décevant que des personnes se permettent la délation sans même se présenter. C’est à cause de ce genre de pressions qu’un agriculteur voisin s’est suicidé dernièrement.» (24 heures)

Créé: 12.05.2017, 10h08

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