Une douleur intense au thorax? «Appelez le 144»

SantéLe CHUV veut mieux informer sur les infarctus pour réduire le nombre d’hospitalisations. Une conférence a lieu mercredi.

Image: KEYSTONE

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Une douleur intense au niveau du sternum, qui peut éventuellement irradier dans le bras gauche ou dans les deux bras, un sentiment d’oppression qui dure: vous êtes très probablement victime d’un infarctus. Il ne faut pas hésiter une seconde. Ne pas se rendre aux urgences, mais appeler le No 144 et attendre l’arrivée du service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR). Vous serez alors pris en charge et amené directement au CHUV (où que vous soyez dans le canton) dans le cadre de la filière infarctus mise en place en 2013 par le Service de la santé publique du canton de Vaud.

«Près de 700infarctus sont traités au CHUV chaque année. Nous aimerions diminuer ce chiffre, sensibiliser le public aux facteurs de risque et informer les gens pour qu’ils réagissent vite aux premiers symptômes», dit le Pr. Olivier Muller, chef du Service de cardiologie du CHUV. Il sera l’un des orateurs d’une conférence organisée mercredi par le CHUV avec la Fondation vaudoise de cardiologie interventionnelle (FVCI) et la Fondation Pro Rea*, avec le PrEric Eeckhout et le DrStéphane Fournier, cardiologues également.

«Time is muscle»

«L’infarctus se produit lorsqu’une des trois artères coronaires se bouche et ne peut plus perfuser le muscle cardiaque, qui va se nécroser. La fonction de la pompe du cœur est altérée. Il faut déboucher l’artère au plus vite, il s’agit d’une urgence médicale absolue. Plus le temps passe, plus grand est le risque d’arrêt cardiaque», explique le Dr Eeckhout, qui préside la FVCI. «Time is muscle» (Le temps, c’est du muscle), résument les spécialistes. On estime que jusqu’à 30% des infarctus n’arrivent jamais à l’hôpital pour cause de mort subite.

La douleur intense décrite plus haut se présente dans la majorité des situations. Il arrive cependant, chez les femmes notamment, que les symptômes soient atypiques: une indigestion, des douleurs d’estomac, voire dans le dos. «Dans environ 30% des cas, l’infarctus est précédé de douleurs dans la région du thorax, annonciatrices d’un infarctus. Il ne faut donc pas les prendre à la légère et consulter rapidement», indiquent les spécialistes. D’une manière générale, des difficultés respiratoires, durant l’effort typiquement, constituent un signal d’alerte qui doit amener à consulter. Il peut s’agir de l’angine de poitrine, qui limite le flux sanguin, et qui se traite soit avec des médicaments, soit par la pose de stents.

La prise en charge en cas d’infarctus commence avec l’arrivée du SMUR sur le lieu où se trouve le patient. Un électrocardiogramme est effectué pour confirmer le diagnostic. Parallèlement, le CHUV est averti et se prépare à accueillir le patient dans l’une des deux salles de cathétérisme cardiaque. Après avoir visualisé par imagerie l’artère bouchée, le cardiologue introduit le (ou les) stent(s) – dispositif permettant d’écarter les parois de l’artère pour rétablir le flux sanguin – à travers l’artère fémorale (aine) ou radiale (bras).

Le patient reste hospitalisé durant trois jours au minimum. Au menu pour la suite: prescription durable de médicaments qui fluidifient le sang et modification de l’hygiène de vie. «Certains de mes patients me disent qu’ils vivent mieux après», confie le PrMuller. Un constat qui devrait motiver à la prévention.


*«Infarctus. Comment arrive-t-il? Comment l’éviter?»
Mercredi 26février, 18h30-20h, palais de Rumine, salle de l’Aula.
Entrée libre.

Créé: 21.02.2020, 10h49

Dès 40 ans, la vigilance s’impose

C’est chez les hommes autour de la soixantaine que le taux de prévalence de l’infarctus est le plus élevé. Mais les plus jeunes, et les femmes en général, ne sont pas épargnés. Si le tabac constitue une des causes principales de l’infarctus, d’autres facteurs s’y ajoutent. La prévention dite primaire implique d’effectuer, tous les cinq ans à partir de 40 ans, un profil cardiovasculaire: il détermine le risque d’accident (faible, moyen, haut). Sont passés au crible le taux de cholestérol et de sucre (diabète), la pression artérielle, l’hygiène de vie (alimentation, sommeil, stress, mobilité) et le profil génétique. Les résultats indiqueront quel type de prévention (médicaments, changement dans le mode vie) doit être mise en place.

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