Une élue PLR critique la dureté du service social

LausanneThérèse de Meuron relaie une doléance de la combative Association de défense des chômeurs.

La conseillère communal PLR Thérèse de Meuron était adjointe au Service cantonal de l'emploi. Elle plaide pour une attitude souple et ouverte de l'administration.

La conseillère communal PLR Thérèse de Meuron était adjointe au Service cantonal de l'emploi. Elle plaide pour une attitude souple et ouverte de l'administration. Image: PHILIPPE MAEDER/A

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Le Conseil communal de Lausanne se saisira bientôt d’un objet plutôt inhabituel. La PLR Thérèse de Meuron s’insurge contre la rigidité du Service social Lausanne (SSL). Elle relaie une doléance de l’Association de défense des chômeurs (ADC), peu connue pour «pactiser» avec la minorité de droite lausannoise.

Parfois, le respect mutuel entre deux personnes transcende pourtant les clivages politiques. Ex-adjointe au Service cantonal de l’emploi, Thérèse de Meuron a été contactée par Nanda Ingrosso, de l’Association de défense des chômeurs. Une ancienne partenaire de travail aux opinions politiques totalement opposées.

Il est question d’une bénéficiaire lausannoise du revenu d’insertion (RI). Après une opération médicale banale qui a mal tourné, la dame n’a plus pu travailler, victime d’affreuses douleurs persistantes. Deux ans ont été couverts par l’assurance perte de gains de son employeur; avant qu’elle soit licenciée. En attendant une rente AI, elle a dû demander de toucher le revenu d’insertion.

Son cas est délicat puisqu’elle est copropriétaire au Portugal de la maison familiale. «Le Service social m’a demandé de la vendre, raconte-t-elle. Mais à l’époque de mon inscription au RI, ma maman vivait encore dedans.» Depuis, sa mère est décédée et la maison est en vente. Située au centre du pays, l’ex-demeure d’agriculteurs se trouve cependant loin de tout et les chances d’attirer un acheteur ne sont pas élevées.

Menace de suppression

Une prestation RI a été accordée dans un premier temps par le SSL. Mais la bénéficiaire s’est vue menacée d’un retrait complet une fois les calculs affinés: déduction faite du coût de l’hypothèque, sa fortune dépasse de 700 francs la limite de 4000 francs qui donne droit au revenu d’insertion.

Aidée par l’ADC, la bénéficiaire a fait recours et obtenu l’effet suspensif, puis l’abandon de la menace de suppression du RI. Aujourd’hui, sa situation est vivable mais très précaire car son revenu est amputé d’environ 20% à cause de la maison du Portugal. L’affaire aurait pu en rester là. Mais durant la procédure, le SSL a refusé d’entendre une représentante de la bénéficiaire. Le service s’est borné à lui indiquer la voie du recours. C’est là qu’entre en scène Thérèse de Meuron, qui a été prévenue par Nanda Ingrosso. La conseillère communale a dégainé une interpellation indignée sur l’inflexibilité du SSL. La Municipalité vient de répondre. L’objet sera porté prochainement à l’ordre du jour du Conseil communal.

«Le respect des normes»

Dans sa réponse à Thérèse de Meuron, la Municipalité argumente que le «droit d’être entendu», prescrit par les lois fédérale et cantonale, est «scrupuleusement» respecté à Lausanne. Les gestionnaires de prestations RI, qui travaillent en parallèle des assistants sociaux, entendent les bénéficiaires à tous les stades de la procédure. Ils apprécient, dit encore le texte, leur situation et son évolution.

Contactée, la cheffe du SSL, Judith Bovay, prévient qu’elle ne peut en aucun cas donner des explications publiques sur un cas particulier; la loi le lui interdit. Mais elle précise: «Nous travaillons dans le respect des normes et directives et nous devons tout mettre en œuvre pour que seules les prestations dues soient octroyées. Nous sommes conscients que les bénéficiaires n’ont pas toujours les moyens de s’expliquer précisément et nous montrons une grande ouverture à les écouter et à répondre à leurs questions. Nous leur transmettons les informations nécessaires. Il s’agit qu’ils comprennent les exigences et les normes. Peut-être pourrions-nous les entendre davantage dans certains cas. C’est une question de point de vue.»

Nanda Ingrosso, qui défend les cas des usagers mal pris avec l’administration depuis les années 1990, regrette cependant qu’il n’ait pas été possible de rencontrer la cheffe du SSL: «Nous avons été habitués à davantage de souplesse.»

De son côté, Thérèse de Meuron déplore une réponse «juridique» à son interpellation. «J’ai eu une pratique à l’État où il était possible de se parler», se remémore la conseillère communale. Elle se défend pourtant de lancer l’anathème sur le SSL: «Je ne veux pas faire une généralité pour ce service. Je comprends qu’il peut y avoir des incompréhensions, voire des erreurs, mais il faut savoir l’admettre.»

L’élue PLR réfléchit à une résolution qu’elle soumettra au Conseil communal lorsque son interpellation sera débattue: «J’aimerais avant tout que l’on soit davantage attentif aux administrés.»

Créé: 22.08.2019, 07h04

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