[Vidéo] Toiletter sa vache peut rapporter gros

Swiss Expo La venue de coiffeurs pour vaches dans les foires au bétail révèle les enjeux d'un marché qui peut s'avérer juteux.

Pat Lundy, fermier américain, s'occupe de dresser la crête d'une vache.
Vidéo: AJR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Rasées, brossées, laquées… Les vachettes de Swiss Expo sont toilettées de la tête aux pattes dans les Halles nord du Palais de Beaulieu, transformées en écuries pour l’occasion. Dans le milieu, on appelle les coiffeurs pour bétail clippers, du mot anglais désignant les tondeuses électriques. Il s’agit d’un métier à part entière. Le New-yorkais Pat Lundy, initialement fermier, a parcouru le globe pour apprêter les bêtes des autres. «Maintenant, je ne fais plus ça à plein temps, mais par le passé je courais les foires et les ventes aux enchères de bétail 40 semaines par année.»

Si Pat Lundy est sollicité, c’est que derrière ce type d’événements se cache un important enjeu économique. «Mieux une vache s’en sort dans ce genre de show, plus elle aura de valeur sur le marché. Il en va de même pour sa progéniture. C’est la raison pour laquelle on fait venir des gars comme moi de très loin. Notre rôle est de mettre en valeur les qualités de l'animal, en partie pour faire de l’argent», explique-t-il en tondant les pattes de la vache dont il s’occupe. Deux autres clippers, un Allemand et un Italien, l’accompagnent dans sa tâche. Pat ajoute: «Même si le milieu est compétitif partout, la vente peut rapporter beaucoup plus aux États-Unis qu'en Europe. Là-bas, une bête peut aller jusqu'à 100'000 francs.»

Des Ferrari de la vache à 25'000 francs

Marc-Henri Sauty, vice-président de Swiss Expo, nuance cette réalité. «Une vache laitière classique coûte en moyenne 3200 francs en Suisse. Évidemment, il y en a des plus chères. Les Ferrari des vaches peuvent s'élever à 25'000 francs, mais ce n'est pas très répandu.» Il admet un bénéfice d'image pour les fermes qui gagnent ces compétitions, mais rappelle leur dimension émotionnelle: «J'ai toujours fait ces concours par passion. L'aspect marketing existe, certes, mais pour moi, c'est un bonus et non pas une finalité.» Et de souligner l'ambiance conviviale qui règne dans la manifestation, laquelle contribue largement à la venue de clippers de tous les coins du monde.

Le monde des défilés de vaches n'échappe pas aux lois de la mode. «Il y a vingt ans, la tendance était aux poils longs. Aujourd’hui par contre, on les rase de très près. On doit apercevoir les veines des animaux, leurs pis. Elles ont une apparence très féminine.» Et la crête qui longe la colonne vertébrale, la tap line, fait l’objet d’un soin particulier : régulière et sans un poil qui dépasse, elle aura plus de chances auprès du jury. (24 heures)

Créé: 12.01.2018, 08h51

Articles en relation

L’ombre des antispécistes plane sur Swiss Expo

Lausanne L’irruption sur le ring de l’an passé est restée dans les mémoires, mais les manifestants annoncent vouloir miser sur l’ironie Plus...

Pour l’emporter, le jeune éleveur devra «ressembler» à sa vache

Swiss Expo En plus des traditionnels concours bovins, Swiss Expo proposera aussi une compétition plus originale Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Woody Allen dans la tourmente de l'affaire Weinstein, paru le 20 janvier 2018.
(Image: Vallott) Plus...