Vincent Baudriller projette Vidy au milieu du monde

ThéâtrePour lancer la dynamique de sa première saison à la tête de l’institution lausannoise, l’ex-codirecteur du Festival d’Avignon propose un prologue à la hauteur de son projet artistique. A découvrir dès dimanche.

Vincent Baudriller Image: GERALD BOSSHARD

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Sur le départ du Festival d’Avignon, il avait postulé à la tête du Théâtre de Vidy, séduit par le libellé du concours ventant «un théâtre de création ancré dans son territoire, au rayonnement international». Un peu plus d’une année a passé, le voilà désormais aux commandes du théâtre au bord de l’eau, au rendez-vous de sa nouvelle histoire avec un lieu extraordinaire. Pour sa première prise de parole, hier, Vincent Baudriller n’a pas failli en présentant à la presse les premières grandes lignes de son projet artistique pour l’institution lausannoise. Il correspond à sa vision de l’art, et il l’affirme résolument contemporain, ouvert sur la société et les courants qui l’agitent: «Je veux un lieu qui prend le risque d’inventer le théâtre, qui favorise l’échange et le débat, ancré dans son territoire et ouvert sur le monde, ouvert sur la danse et les nouvelles esthétiques et la musique.» Un lieu de culture pour «parler d’héritage, d’amour et de politique», ou de la vie des hommes: c’est le Théâtre de Vidy vu par le Français Baudriller. Sur le papier, c’est exaltant.

Marqué par le dynamisme culturel de la capitale vaudoise, sa dimension internationale et la puissance de son pôle Universitaire – avec lequel Vidy partage un point commun en cultivant la recherche - Vincent Baudriller a imaginé un programme pluridisciplinaire en concertation avec d’autres lieux phares de la capitale (L’Arsenic, la Manufacture, l’ECAL, entre autres). Non seulement son affiche entre en résonance avec les bonnes vibrations de la Ville et de son agglomération mais elle affirme la place de Vidy dans son jardin extraordinaire, au carrefour des institutions – à commencer de sa propre histoire avec une série de manifestations gratuites dès le 30 avril autour du cinquantenaire du théâtre imaginé par le visionnaire Max Bill pour l’Expo de 1964.

Reste l’enveloppe, l’œuvre de l’architecte: la construction, provisoire, a 50 ans, son infrastructure présente des faiblesses et des fêlures - les installations techniques notamment. Et il manque une salle de répétition, ce qui, pour un théâtre de création, est assez piquant. La cuisine d’un autre âge sera mise aux normes cet été. Vincent Baudriller espère pouvoir transformer son foyer en lieu accueillant où il fait bon vivre, travailler en étant connecté au monde (spéciale dédicace à l’attention des étudiants que le directeur espère voir coloniser les lieux) et manger. Enfin, le chapiteau, acheté d’occasion en son temps, a vécu de sa belle vie et ne correspond plus du tout aux exigences des arts de la scène - une salle provisoire mais en dur serait idéale… Tout cela coûtera bonbon. Aucun montant n’est articulé mais le projet de chantier est en discussion au plus haut niveau. Cette rénovation qui s’impose, et qui offrirait au directeur l’outil performant dont il a besoin, devrait se réaliser dans les 2 ou 3 ans.

Le début de la saison est fixé au 10 septembre, avec le Rimini Protokoll (Situation Rooms), en collaboration avec l‘ECAL. A suivre le 19 mai avec la présentation complète de la saison 2014/2015. La nouvelle billetterie ouvre le 28 mars déjà.

A lire, dans notre édition papier de vendredi 28 mars, notre entretien avec Vincent Baudriller. (24 heures)

Créé: 27.03.2014, 16h05

A l'affiche

Premier lever de rideau ce dimanche 30 mars (17h), «Diderot et l’art de l’acteur». Une lecture du Paradoxe du comédien du philosophe français par les acteurs Denis Podalydes et Gabriel Dufay, en écho à l’exposition «Le Goût de Diderot» présentée au Musée de l’Hermitage.

Mais le nouveau programme de Vincent Baudriller débute véritablement le 12 mai. A l’affiche, de la création résolument contemporaine (l’alémanique Christoph Marthaler avec sa comédie musicale «King Size» suivi de l’auteur et metteur en scène allemand Falk Richter pour «My Secret Garden», avec Stanislas Nordey), du docu-théâtre (le Genevois Yan Duyvendack dans le procès de Hamlet orchestré par de vrais magistrats, et le reportage musical et politique sur Jérusalem par la Winter Family) et un festival de danse (quatre jours en juin célébrés par Boris Charmatz et son Musée de la Danse, Foofwa d’Imobilité et le tandem Cecilia Bengolea-François Chaignaud, dans les murs et sur la pelouse du stade Samaranch).

Il y aura aussi des débats (l’historienne Annette Becker et Matthias Langhoff parleront d’héritage) et des concerts (le Couscous clan de Rodolphe Burger et Rachid Taha donné sur le toit de la terrasse, en ouverture de la Nuit des images du Musée de l’Elysée le 27 juin).

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