À 3 ans, ils débarrassent Ouchy de ses déchets

LausanneChaque semaine, les enfants de trois crèches privées œuvrent à leur échelle contre le littering.

En parcourant le quai Jean-Pascal Delamuraz, les enfants rapportent gobelets, emballages, bouteilles et mouchoirs à leur éducatrice.

En parcourant le quai Jean-Pascal Delamuraz, les enfants rapportent gobelets, emballages, bouteilles et mouchoirs à leur éducatrice. Image: Odile Meylan

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C’est une chasse aux drôles de trésors. Les sept enfants s’éparpillent sur la place de la Navigation, à Lausanne, avant de revenir auprès de leur éducatrice pour remplir le sac qu’elle leur tend. Petit à petit, emballages, gobelets, bouteilles et mouchoirs viennent garnir le contenant. Et la petite troupe poursuit son labeur jusqu’à nettoyer une bonne partie du quai Jean-Pascal Delamuraz. Cette action écologique est proposée chaque semaine depuis janvier 2018 aux enfants des crèches privées lausannoises du groupe Educalis. Ils sont déjà une soixantaine, âgés de 2 ans et demi à 4 ans, à avoir participé. Parce qu’il n’y a «pas d’âge pour s’engager concrètement en faveur de la planète», souligne Olivier Delamadeleine, directeur général du groupe.

Armés de gilets jaunes et d’un gant bleu chacun, les enfants de la crèche Les Petits Acrobates, située vers Jurigoz, semblent ce jour-là vivre la chose comme un concours. C’est à celui qui ramènera le plus de déchets ou les plus gros. «Ils savent qu’ils n’ont pas le droit de ramasser les mégots de cigarettes; ça demande de la précision alors ils ont tendance à utiliser la main qui n’a pas de gant. On préfère éviter», indique Katia Dias, l’éducatrice de l’enfance qui mène l’opération. Régulièrement, elle rappelle aux petits l’importance de ce qu’ils sont en train de faire. Adrien, 3 ans, résume assez bien: «On s’amuse avec les copains et on nettoie la Terre. Tout le monde jette des choses alors il faut tout ramasser.»

Mais le projet ne s’arrête pas là. Ève L’Éplattenier, directrice de la crèche, questionne: «Qu’est-ce qu’on va faire ensuite?» Entre un «on va jouer» et deux «on va goûter», c’est de nouveau Adrien qui explique qu’il «faut rentrer pour compter». Car les déchets ne sont pas immédiatement détruits. De retour à la crèche, les petits pèsent le fruit de leur récolte et ajoutent le résultat au compteur fixé dans le hall. Ainsi apprend-on qu’en 248 heures sur le terrain les enfants des trois crèches concernées ont amassé 32,4 kilos de déchets. Ce jour-là, ils ajouteront 300 grammes.

Les déchets ramassés sont ensuite pesés et triés. Depuis janvier 2018, le total récolté s’élève à 32,4 kilos.

Intégrer les bons réflexes

«Nous essayons aussi de les éveiller au tri et de leur expliquer que les objets peuvent avoir une nouvelle vie en étant recyclés, mais c’est un peu plus difficile», explique Katia Dias. «L’idée, c’est qu’ils intègrent le plus tôt possible le réflexe environnemental, de leur faire comprendre que la Terre est quelque chose de précieux», ajoute Ève L’Éplattenier.

En attendant, les petits se défoulent, à peine troublés par la place de jeu adjacente. Qui pour se glisser sous un banc en quête d’un paquet de biscuits, qui pour se pencher sur un buisson où traîne une canette. Petite blonde souriante, Emma annonce qu’elle «ramasse des choses pour rendre le sol tout propre», avant de préférer cueillir quelques pâquerettes. Il faut dire qu’au bout d’une grosse demi-heure de travail les enfants se détournent un peu de leur mission.

Peu importe pour Olivier Delamadeleine. «Nous pensons qu’ils peuvent déjà intégrer ce genre de problématique. Puisqu’ils agissent sur le terrain, dans la vraie vie, ça devient un apprentissage concret, bien au-delà du simple concept. Nous devons leur faire confiance, dès 3 ans ils sont parfaitement capables de comprendre que combattre le littering est quelque chose de positif. D’ailleurs, des parents nous ont signalé que leurs enfants leur avaient rappelé les bons gestes en la matière. Pari gagné.»

(24 heures)

Créé: 04.03.2019, 07h36

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