«L’abandon de la Police a été un crève-cœur, j’en garderai la cicatrice»

InterviewAu terme de son mandat, Marc Vuilleumier revient sur ses deux législatures passées à la Municipalité de Lausanne.

Marc Vuilleumier s'apprête à quitter ses fonctions de municipal lausannois, après deux législatures.

Marc Vuilleumier s'apprête à quitter ses fonctions de municipal lausannois, après deux législatures. Image: Vanessa Cardoso

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Elu en 2006 à la Municipalité de Lausanne, le popiste Marc Vuilleumier (64 ans) achève de faire place nette dans son bureau du Flon. Au terme de deux législatures, il concède un bilan terni par la situation qui l’a amené à laisser au socialiste Grégoire Junod la direction de la Sécurité publique. Mais son implication a été forte dans le domaine du sport et de l’intégration. Quelques photos au mur en témoignent encore, dont l’une où il pose avec Michel Platini. Juste au-dessus, la même, mais avec Roger Federer.

Malgré sa chute, vous gardez Platini accroché au mur?

Oui, je vais la garder. Elle illustre ce doux mélange entre les beaux aspects du sport – comme l’époque où il était footballeur – et un côté bien moins reluisant.

Dans quel état d’esprit quittez-vous la Municipalité?

C’est un métier où l’on connaît des moments enthousiasmants, qui sont vite suivis de moments très durs. Le jeu politique, la pression, les médias… C’est un monde dans lequel on est souvent seul.

Vous pensez à 2012, lorsque vous avez lâché la Police?

Ça a été un crève-cœur, j’en garderai la cicatrice. Même si cela a été le résultat d’une conjoncture. Les Roms sont arrivés dans les rues, et je m’en suis occupé alors que cela n’aurait pas dû être une question de sécurité. Et puis il y a eu le Printemps arabe, l’augmentation de la petite criminalité. Quelques grosses bagarres de nuit se sont ajoutées à cela. Or, aujourd’hui, la conjoncture s’est apaisée un peu partout.

C’est pourtant vous qui aviez demandé, en 2009, plus d’effectifs policiers.

Oui, mais cela avait été accueilli fraîchement par la Municipalité. Une étude montrait pourtant qu’il nous fallait 80 postes supplémentaires. J’en demandais soixante et on m’en a accordé la moitié. Finalement, on arrive quand même à une augmentation de 85 postes environ (ndlr: Grégoire Junod a poursuivi cet effort).

Pourquoi n’avez-vous pas démissionné?

Je me suis posé la question, mais je venais d’être très bien réélu. J’ai aussi reçu des mots de soutien. Mes collègues socialistes n’ont pas montré d’animosité, même s’ils n’étaient pas contents. Et puis j’ai hérité du Bureau lausannois pour les immigrés (BLI), que j’ai remis en place, en redonnant du souffle à la politique d’intégration.

Au final, les sports sont votre marque de fabrique.

A Lausanne, c’est porteur. La réalisation du club des Boveresses est une réussite en matière de réponse à des problèmes de quartier. La rénovation de Bellerive est aussi un bel exemple d’équipement populaire sportif. Mais on peut aussi parler du statut de Lausanne comme ville olympique, qui s’est renforcé.

Avez-vous des regrets?

Oui, je pense au stade de foot qu’on avait initialement prévu aux Prés-de-Vidy. C’était un projet magnifique pour l’entrée de la ville, qui serait aujourd’hui construit si on n’avait pas dû revoir le financement de Métamorphose.

David Payot est le popiste qui vous succède.

Symboliquement, un popiste à la Municipalité est une satisfaction. C’est un parti pour lequel j’ai de l’affection et, sociologiquement, tout est réuni pour qu’il prospère de nouveau. Quant à David Payot, dont l’élection a été raillée, je suis sûr qu’il va étonner pas mal de monde.

Créé: 30.06.2016, 07h37

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