«L’accueil de jour doit devenir un service public»

EnfanceLe PS Lausanne veut que la ville planifie à long terme et qu’elle supprime la pénurie de places.

Toujours davantage de parents souhaitent mettre leurs enfants à la garderie. Et si cela devenait un service public similaire à l'école?

Toujours davantage de parents souhaitent mettre leurs enfants à la garderie. Et si cela devenait un service public similaire à l'école? Image: PHILIPPE MAEDER - A

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«Nous devons être la première Ville où la question de l’accueil de jour n’en est plus une.» Le socialiste Benoît Gaillard et ses collègues de parti Quentin Beausire, Aude Billard, Barbara Pagés et Vincent Brayer empoignent la thématique qui a occupé les Vaudois toute la semaine.

Précision: la motion et l’interpellation qu’ils déposeront mardi au Conseil communal de Lausanne datent d’avant la mobilisation qui a fait descendre 8000 personnes dans la rue, mardi dernier. «Cette mobilisation montre que le changement a commencé. Elle montre qu’on considère que l’accueil de jour n’est pas simplement une boîte de rangement où les enfants ne meurent pas. C’est bien plus que ça, et c’est le modèle de base que les familles tendent à choisir.» En 2017, 70% des enfants à naître à Lausanne étaient inscrits sur liste d’attente. C’est dix points de plus qu’en 2013.

«Facultatif, mais accessible»

Ce modèle, tout le monde devrait pouvoir y avoir accès, selon le PS Lausanne. Dans sa motion, la section propose qu’à terme, on considère «l’accueil de jour des enfants comme un service public à l’instar de l’école, bien évidemment facultatif, mais accessible, au moins en partie, à tous les enfants indépendamment du statut et du taux d’activité de leurs parents […].»

Pour les motionnaires, il est bien entendu question de simplifier la vie des parents. Qu’ils aient choisi ou non d’avoir une activité professionnelle. Mais ils entendent aussi souligner l’importance qu’ont ces lieux pour les enfants. Pour leur apport social, pour les problèmes qui peuvent y être détectés par des professionnels.

«Lausanne est à la pointe sur cette thématique et en matière d’innovation sociale. C’est ici que ça peut se passer»

«La réflexion sera longue et elle est forcément politique, dit Benoît Gaillard. Il y a la question des coûts, bien entendu. Et de l’accès. Mais Lausanne est à la pointe sur cette thématique et en matière d’innovation sociale. C’est ici que ça peut se passer.» Les élus, au-delà du changement profond de paradigme qu’ils appellent, formulent aussi une demande moins idéologique. «Voilà des années qu’on crée des places, que la pénurie s’atténue, mais ne disparaît pas.»

La pression reste en effet forte, notamment pour les tout-petits. À la fin 2016, par exemple, près de 32% des enfants de moins de 2 ans n’avaient pas obtenu une place en crèche en temps voulu. Les statistiques de la Ville montrent aussi que la demande tend à se prolonger: les parents veulent faire garder leurs enfants plus longtemps chaque semaine.

Manque de vision à long terme

«Nous n’avons pas de politique à long terme, de plan de développement, déplore Benoît Gaillard. On sait combien de logements on va construire jusqu’à 2020 mais pas de combien de places en garderie nous aurons besoin. Ça doit changer.»

Et pour clore leur salve, les socialistes demandent aussi, via une interpellation cette fois, que les règles actuelles en matière d’attribution de place en crèche soient explicitées, rappelées. «C’est un peu un méli-mélo de structures auxquelles on s’inscrit. Cette diversité du paysage rend la démarche un peu troublante pour les futurs parents.»

Créé: 15.11.2018, 19h30

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