Passer au contenu principal

Lausanne se profile en pionnière de la politique du handicap

La Ville présente un plan d’accessibilité universelle qui pourrait faire d’elle un exemple. Les professionnels du milieu se réjouissent.

Jusqu'ici, Lausanne s'était distinguée par des actions ponctuelles, comme la création d'une aire de jeux adaptée aux chaises roulantes au chemin de la Cigale. Désormais, la Ville veut une vision globale et systématique.
Jusqu'ici, Lausanne s'était distinguée par des actions ponctuelles, comme la création d'une aire de jeux adaptée aux chaises roulantes au chemin de la Cigale. Désormais, la Ville veut une vision globale et systématique.
Florian Cella

Une ville pensée pour tous, une politique inclusive. C’était, depuis longtemps, le souhait des associations qui œuvrent auprès des personnes en situation de handicap. C’est désormais le projet de la Ville de Lausanne, qui a dévoilé mercredi son plan pour l’accessibilité universelle des lieux publics (voir détails ci-dessous). Ce dernier doit permettre d’offrir aux personnes handicapées «la même qualité de prestation qu’à n’importe quel citoyen», indique la Municipalité.

Le programme n’entend pas seulement permettre l’accès des bâtiments aux chaises roulantes. Il s’agit surtout de «repenser les espaces et les services publics en tenant compte des différentes incapacités (motrices, sensorielles et psychiques)». Un plan d’accessibilité des lieux publics sera notamment édité tandis que la prise en compte du public handicapé deviendra systématique à tous les niveaux de l’administration.

Réflexion systématique

Appelés à collaborer avec la Ville, les professionnels du handicap saluent déjà «une vision globale», différente de la logique du coup par coup qui prévalait jusqu’ici. Pour certains, Lausanne pourrait même devenir pionnière en la matière. Mais d’ici là, le chantier est important. Prenons le catalogue vacances de la Ville: la rubrique recensant les activités destinées aux enfants handicapés y figure depuis peu. «C’est ce genre de choses qui vont changer. Être intégré à la documentation et aux prestations, ça paraît minime mais c’est important», glisse Isabel Messer, secrétaire générale de Solidarité-Handicap mental. Autre exemple? «Sur le site Web de la Ville, parmi les organisations partenaires à disposition des familles, il n’y a aucune association liée au handicap. Si vous avez un enfant handicapé et l’autre pas, ça peut scinder des foyers», illustre Lise Curchod, coordinatrice pour Forum Handicap Vaud, tout en précisant que des adaptations sont déjà en cours.

«Il est important que le handicap ne soit pas toujours traité comme un problème social et que l’idée de s’en préoccuper dans tous les domaines émerge», souligne Lise Curchod. «Il faudrait voir tous les projets sous l’angle du handicap comme c’est le cas avec le développement durable, par exemple», ajoute Isabel Messer. Sur ce point, la Ville prévoit de consacrer pour chaque projet, même au-delà du domaine bâti, un paragraphe à propos de son impact sur l’accessibilité, «comme c’est le cas sur les finances».

Cette volonté de réfléchir plus globalement est louée par toutes les organisations. «Certaines villes sont exemplaires sur des mesures ponctuelles mais une vision transversale comme celle-ci est rare et primordiale», note Isabel Messer. «Il y a eu des initiatives particulières, comme les fauteuils amphibies de la piscine de Bellerive, mais ça manquait de vue d’ensemble», complète Monique Richoz, directrice de Pro Infirmis Vaud. Son organisation prépare une carte numérique d’accessibilité pour des centaines de lieux publics lausannois.

«L’arsenal juridique suisse donne beaucoup de moyens et promet une société où les personnes sont intégrées mais, pour l’instant, ça ne se voit que trop peu dans la réalité, regrette Sandrine Burger, porte-parole de la Fédération suisse des sourds (FSS). Nous espérons que la visibilité de ce handicap sera améliorée car, souvent, la surdité est peu perceptible. Il faudra aussi expliquer comment aller au-delà.» Sur ce plan, le recours aux interprètes en langue des signes sera encouragé.

«Nous en sommes encore au stade des intentions mais les signaux sont au vert. Si elle se concrétise, cette politique pourrait placer Lausanne en pole position suisse», conclut Monique Richoz.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.