Appel d'offres pour l'avenir du Vaudois

PatrimoineLa brasserie subira des mois de travaux en 2021. Les propriétaires cherchent un exploitant même si l'actuel patron souhaite poursuivre.

La brasserie, rouverte à cet emplacement en 1993, subira des travaux entre janvier et septembre 2021.

La brasserie, rouverte à cet emplacement en 1993, subira des travaux entre janvier et septembre 2021. Image: Philippe Maeder

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Qui veut Le Vaudois ? C’est la question que pose, depuis quelques semaines, la fiduciaire Gastroconsult, via un appel d’offres pour la mise en location de l’historique brasserie de la Riponne. L’avis publié nous apprend qu’une «rénovation complète des locaux et des installations» est prévue, avant une ouverture envisagée en septembre 2021. «Nous voulons rafraîchir un peu le restaurant pour qu’il réponde mieux aux besoins actuels, explique André Bellon, représentant de la Société Immobilière Maison Vaudoise, propriétaire du bâtiment. Nous en profiterons pour transformer certaines choses, ce qui nous permettra de garantir un meilleur accueil, en lien avec les nouvelles normes. Par contre, nous avons à coeur de maintenir l’esprit du lieu.» Pas question, donc, d’envisager autre chose qu’une brasserie typique. «Non, nous tenons beaucoup à ce lieu et à cette ambiance chaleureuse. Simplement, comme tout établissement, Le Vaudois arrive à un moment où il doit reprendre un peu de pep’s.»

Même si Le Vaudois mérite un petit rafraîchissement, il faut poursuivre dans la même veine

Réouverte en 1993 à son emplacement actuel, la brasserie avait auparavant vécu une dizaine d’années juste à côté sous un concept de bistrot, où se trouve maintenant le Bruxelles Café. «Mon père a créé et fait la réputation de cette enseigne sous sa forme actuelle et l’a implantée solidement dans un quartier qui n’était pas forcément bien fréquenté à l’époque, se souvient le désormais patron Richard Balsamo. Nous avons œuvré à développer et à fidéliser les clients par notre accueil et nos produits dans ce nouveau format. Même si Le Vaudois mérite un petit rafraîchissement, il faut poursuivre dans la même veine.»

Si Richard Balsamo veut continuer l’aventure familiale, il devra néanmoins se mesurer aux potentiels autres exploitants intéressés par l’appel d’offres. Son bail de location arrive en effet à échéance fin 2020, date à laquelle débuteront les travaux prévus pour durer neuf mois. «Nous avons discuté avec les propriétaires, ils savent que je vais postuler et ils semblent ouverts à une nouvelle collaboration. J’aurais aimé que les choses se fassent d’un commun accord mais ils ont préféré passer par un appel d’offres«, indique le patron.

«Les choses se sont toujours très bien déroulées avec l’exploitant actuel mais nous avons décidé d’ouvrir à une large palette de professionnels la possibilité de venir exploiter cette brasserie», défend André Bellon. Le nom du futur tenancier devrait être connu cet automne.

Pour mettre toutes les chances de son côté, Richard Balsamo entend miser sur l’authenticité et adapter le produit au mode de consommation d’aujourd’hui. «C’est ce que nous avons fait jusqu’à présent. Une brasserie vaudoise, des produits locaux, des partenaires de proximité et un esprit de quartier. Une entreprise familiale qui est là depuis 35 ans, qui a forgé la réputation de l’établissement, c’est quand même un gage de qualité et de pérennité pour l’avenir.» (24 heures)

Créé: 17.05.2018, 13h04

Histoire: un fief politique des radicaux

L’institution «Vaudois» possède près de deux siècles d’histoire à la Riponne. Son tout premier ancêtre avait ouvert ses portes en 1826, déjà à l’angle sud-ouest de la place. Mais le bâtiment qui l’abritait, la fameuse «maison Bocion», avait ensuite été détruite en 1937. A cette occasion, une annonce parue dans la Feuille d’Avis de Lausanne proposait à la vente 20'000 tuiles, 1500m2 de parquet en chêne, des cuvettes de WC, un escalier en granit ou encore la marquise de ce «Café Vaudois».

Cette démolition avait fait l’objet d’un papier courroucé de Félix Bonjour, dans La Revue du 10 août 1937. «Le vieux Lausanne disparait à grands pas [...] On démolit sans relâche. Certains quartiers n’ont plus qu’une vague ressemblance avec ce qu’ils étaient lorsqu’ils reçurent leur nom, écrivait-il. Le Café Vaudois ! Que de souvenirs évoque ce nom chez ceux qui ont été mêlés à la politique active à Lausanne dans le dernier quart de siècle passé et le premier du vingtième.»

Dans cet article, l’établissement est vanté pour son bon vin et sa bonne chère, des attributs qui attiraient du monde «les jours de marché et durant les sessions du Grand Conseil». «Le soir, les membres radicaux du gouvernement y faisaient des haltes plus ou moins prolongées, apportant les dernières nouvelles officielles et venant discuter avec des amis politiques», raconte l’auteur. Et de citer Louis Ruchonnet, Antoine Vessaz ou encore Eugène Ruffy.

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