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L’Arc-en-ciel, la «vitrine» vide de l’Ouest

Entre Crissier et Bussigny, un vaste secteur devait être redessiné avec un boulevard bordé de tours. Des ambitions en stand-by.

Le plan directeur localisé adopté en 2010 imaginait un boulevard où s'aligneraient les devantures et les bâtiments emblématiques. Aujourd'hui, cette zone industrielle attend encore de changer de visage.
Le plan directeur localisé adopté en 2010 imaginait un boulevard où s'aligneraient les devantures et les bâtiments emblématiques. Aujourd'hui, cette zone industrielle attend encore de changer de visage.
Philippe Maeder
Illustration issue des études test présentée dans le PDL Arc-en-ciel
Illustration issue des études test présentée dans le PDL Arc-en-ciel
Bureau CCHE
Illustration issue des études test présentée dans le PDL Arc-en-ciel
Illustration issue des études test présentée dans le PDL Arc-en-ciel
SDOL
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A la sortie de Renens en direction de Bussigny, les files de voitures tra versent un paysage typique d’un certain Ouest lausannois: des entrepôts, des parkings et des garages. Il y a presque sept ans, on apprenait pourtant que cette zone industrielle changerait bientôt de visage.

En 2010, après validation par le Conseil d’Etat, Crissier et Bussigny adoptaient le Plan directeur localisé (PDL) Arc-en-Ciel, véritable feuille de route pour le développement de cette zone, désignée comme la future «vitrine» commerciale de l’agglomération. Au programme: la création d’un boulevard, axe du futur tram T1, bordé de surfaces commerciales, de sièges d’entreprises et de six «bâtiments emblématiques», autrement dit, des tours.

Une stratégie qui promettait de faire passer de 9000 à 20 000 le nombre d’habitants et d’emplois dans un périmètre de 65 hectares. Que sont devenues ces ambitions? Aujourd’hui, le secteur Arc-en-Ciel attend encore sa mutation, alors même qu’une planification comme Malley, tout aussi stratégique, entre déjà dans le concret.

«Ce projet, c’était un peu la Cinquième Avenue, mais la réalité est encore loin de la vision des urbanistes, souffle le syndic de Crissier Stéphane Rezso. C’est toujours le drame avec ce genre de projet. On fait des réflexions et ensuite, la concrétisation est entre les mains des propriétaires.»

Le fait est qu’à ce jour, que ce soit sur sa commune ou sur Bussigny, aucun Plan partiel d’affectation (PPA) n’a été développé par les acteurs, essentiellement privés, qui se partagent le secteur. Côté bussignolais, le municipal en charge de l’Urbanisme, Jean-Daniel Lüthi, se veut plus optimiste: «Ça progresse, mais à son rythme. L’objectif d’un PDL est de donner des lignes directrices. A partir de là, concrétiser des projets est un processus lourd et énergivore, mais des discussions sont en cours entre propriétaires.» Un premier PPA devrait ainsi voir le jour «ces prochaines années» dans la zone entourant le magasin Athleticum, assure-t-il.

Propriétaires frileux

Pour Jean-Daniel Lüthi, le développement de la zone n’est que décalé, et pour une raison essentielle: le tram T1, attendu initialement pour 2019, ne sera pas là avant 2023 (voir ci-contre). Preuve que l’on va de l’avant malgré tout, les routes de Renens et de Bussigny seront bel et bien rebaptisées pour devenir le boulevard de l’Arc-en-Ciel, peut-être même dès cette année. Mais les réaménager ne fait pas sens tant que les rails se font attendre. Directrice du bureau SDOL (Stratégie et développement de l’Ouest lausannois), Ariane Widmer partage son analyse: «A l’époque, nous pensions que les choses se mettraient en place plus rapidement car quelques propriétaires affichaient de réelles intentions. Il est vrai que les stratégies d’entreprises peuvent évoluer très rapidement, mais je suis convaincue que l’arrivée du tram fera bouger la situation.»

Le terrain de l’ancienne fabrique Filtrona est l’un de ceux qui devaient accueillir un bâtiment haut, selon le PDL. Responsable immobilier chez AMAG, qui a racheté la parcelle en 2005, Valentin Müller cite une autre préoccupation que le tram: «Le marché des surfaces de bureaux est difficile actuellement et il n’y a pas beaucoup de demande.»

Du temps et de l’argent

Ce n’est pas la seule raison qui ralentit les projets immobiliers: «Etablir un plan de quartier demande du temps et de l’argent. Nous sommes en contact avec la Commune de Crissier pour discuter des prochaines étapes, mais nous réalisons que concrétiser un projet va prendre plusieurs années», relève-t-il, ajoutant que la parcelle reste intéressante et dotée d’une bonne accessibilité.

En dépit des incertitudes, revoir les ambitions du secteur de l’Arc-en-Ciel n’est pas à l’ordre du jour: «Les zones d’activités tendent à disparaître dans l’agglomération et le PDL tel qu’il a été conçu permet, entre autres, de freiner ce mouvement. C’est vrai que peu de choses ont bougé pour le moment, mais rien n’indique qu’il faut changer de direction. Nos réflexions dans le cadre du PDL montrent que ce secteur est un vrai trésor de l’Ouest lausannois», assure Ariane Widmer.

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