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Assurer le chauffage : argument massue en faveur du gaz

Les élus lausannois ont largement soutenu la création d’une nouvelle chaudière à gaz à la STEP. Malgré des arguments écolos.

L'écologiste Jean-Yves Pidoux, dans l’usine de chauffage et d’exploitation électrique de Pierre-de-Plan.
L'écologiste Jean-Yves Pidoux, dans l’usine de chauffage et d’exploitation électrique de Pierre-de-Plan.
Odile Meylan

Alors que la canicule s’installe, les élus lausannois ont parlé chauffage, mardi soir. Le municipal écologiste Jean-Yves Pidoux demandait un crédit de 2,6 millions pour construire une nouvelle chaudière à gaz du côté de la STEP.

L’enjeu, tel que présenté par le municipal et largement approuvé par les élus 63 oui, 13 non), réside dans la «sécurité d’approvisionnement» des logements lausannois. «Aujourd’hui, en cas de grand froid et de panne, il n’est pas possible d’alimenter l’ensemble des consommateurs du sud-ouest lausannois, résume Jean-Yves Pidoux. Pour le moment, on croise les doigts pour qu’il n’y ait pas une conjugaison froid-panne.»

Le municipal est intervenu après un débat qui a vu gauche radicale, «centre extrême» et droite dure être sur la même ligne, comme l’a souligné le socialiste Romain Felli, méfiant face à cette alliance.

Pour elle, difficile d’accepter la création d’un chauffage à gaz. Le Vert’Libéral Vincent Vouillamoz s’est livré à un long argumentaire critique de ce projet. Il a souligné que les autorités devraient travailler à un «remplacement» de ce type d’énergie plutôt qu’à son développement. Il a aussi minimisé l’importance de la sécurité en approvisionnement, s’appuyant sur le faible nombre de pannes sur le réseau (environ 3 jours par an). Le popiste Johann Pain a lui plaidé pour une alimentation au bois. De quoi faire hurler Romain Felli: «vous êtes prêt à raser la moitié des forêts du canton pour tout brûler à Tridel ? Sérieusement?»

Le municipal Jean-Yves Pidoux a concédé: «à terme, nous fournirons de la chaleur de façon plus rationnelle.» Avant de rappeler qu’il faudra «au moins 50 ans pour que le parc actuel de logements soit efficace énergétiquement. Aujourd’hui le gaz est inévitable».

Autre rappel: la moitié de la chaleur, à Lausanne, est encore fournie par du Mazout. «Qui pollue et émet du CO2. Alors que le gaz c’est 2/3 de CO2 en moins et zéro pollution».

Les Verts ont mis du temps à prendre part au débat, ce qui n’a pas échappé au reste du plénum. A droite comme à gauche, on savait que l’exercice était délicat. Voter le développement d’une énergie fossile proposé par leur représentant à la municipalité...n'est pas la plus simple des positions pour les écologistes. Mais ils ont fini par se positionner clairement en faveur du projet. «Le gaz, ce n'est pas idéal», a lâché d’entrée de jeu le co-président, Xavier Company. «Il faut évidemment développer les alternatives. Mais on ne peut pas non plus revenir à l’âge de pierre. Nous sommes un parti pragmatique.»

Cette installation vient compléter le réseau des chaudières à gaz du chauffage à distance déjà déployé à la STEP, mais aussi à Pierre-de-Plan, aux Bossons et à Malley. Le réseau reste à 60% nourri de la chaleur récupérée à Tridel. Et pour une petite partie (5%) par les boues de la STEP.

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