L’aventure de Vidéo Folies touche à sa fin

CommerceMise à mal par la concurrence d'Internet, l'enseigne de location de DVD de Montchoisi devra mettre la clé sous le paillasson.

Carlo Pavone n’a pas le choix: Montchoisi doit fermer.

Carlo Pavone n’a pas le choix: Montchoisi doit fermer.

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Il espère résister jusqu’en janvier 2017, date à laquelle échoit le bail de son magasin de l’avenue Montchoisi, à Lausanne, mais il n’est pas sûr d'y parvenir. Et si Carlo Pavone, 76 ans, veut se battre jusqu’au bout, c’est uniquement pour ses derniers clients, ceux qui le supplient de ne pas les lâcher.

«Certains ont eu les larmes aux yeux quand je leur ai annoncé la prochaine fermeture du dernier Vidéo Folies, mais je n’ai pas le choix, dit-il avec amertume. Depuis que j’ai accepté de reprendre le magasin pour éviter qu’il ne disparaisse, il y a bientôt quatre ans, ma clientèle n’a pas cessé de diminuer. Pour tourner, je dois investir environ 4500 francs par mois, qui comprennent le loyer, les achats et les frais divers: je ne fais donc que perdre de l’argent.»

Carlo Pavone, qui a quitté La Spezia en 1960 pour venir chercher du travail à Lausanne, a longtemps été le premier loueur de films en Suisse romande. Désormais, la mort dans l’âme, il en sera bientôt le dernier. Pourtant, l’aventure de Vidéo Folies avait tout de la success story. Lancée en 1983, la chaîne de magasins franchisés, qui s’est appelée Vidéo 7 avant de devenir Vidéo Folies en 1989, a essaimé dans toute la Suisse romande. Pendant ses belles années, avant la concurrence d’Internet et des fournisseurs de vidéos à la demande, elle a compté jusqu’à 27 enseignes, de Genève à Sion en passant par Lausanne, Fribourg et Neuchâtel.

Un âge d’or dont Carlo Pavone parle avec émotion. «A l’époque, un franchisé comme celui de Montchoisi enregistrait 10 000 à 12 000 locations par mois, pour un chiffre d’affaires annuel d’environ un million de francs, se souvient-il. Nous avons alors gagné beaucoup d’argent. Aujourd’hui, toujours à Montchoisi, nous en sommes à peine à un millier de locations mensuelles et nous en perdons donc pas mal. Cela représente encore du monde, une clientèle familiale, souvent des femmes d’âge mûr, qui ne veulent pas entendre parler des nouvelles technologies et qui veulent bénéficier de conseils.»

Elles devront néanmoins apprendre à s’en passer. Parce que les 10 000 films de Carlo Pavone quitteront bientôt les locaux de l’avenue de Montchoisi pour être remplacés, selon toute vraisemblance, par un magasin d’alimentation.

Créé: 15.07.2016, 09h48

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