Le Béjart Ballet contraint à l'exil pour dix mois

LausanneLe Presbytère accuse le poids des années. L’antre de la compagnie et de l’école de danse sera rénové pour 6,5 millions de francs.

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On dirait un ballet. Des ouvriers casqués qui montent des parois phoniques, qui font grappe autour d’un plan et qui s’éparpillent aussitôt. Et au milieu de la halle 18 de Beaulieu en chantier, le directeur exécutif du Béjart Ballet Lausanne (BBL), baskets bleues en guise de chaussons, qui écarte les bras pour figurer les futurs espaces de danse. «Ici, le studio 1. Là, le 2. Et là, le 3.» Jean Ellgass en connaît les surfaces au centimètre carré près. C’est que depuis trois ans, il supervise l’installation provisoire de la compagnie dans cet espace encore occupé il y a peu par les vaches de Swiss Expo. Un exil forcé qui durera dix mois à compter de la fin de mai, histoire que le Presbytère bien décati retrouve une seconde jeunesse.

C’est en 1987 que le chorégraphe Maurice Béjart a investi le Presbytère, à Lausanne, un dépôt long de 200 mètres, articulé sur deux étages et aujourd’hui encore en chantier pour un bon tiers. «Le bâtiment n’a jamais été terminé. Depuis toutes ces années, nous nous sommes accommodés de la situation. On a bricolé. Mais les conditions d’enseignement et de travail ne sont tout bonnement pas dignes de la compagnie», avoue Jean Ellgass. Visite guidée.

Des invasions de cafards

Au rez-de-chaussée se trouvent notamment les deux vestiaires de l’École-Atelier Rudra Béjart, forte de 42 élèves. Des vestiaires occupés aussi par quelques danseurs de la compagnie, faute de place dans ceux qui leur sont réservés à l’étage. Il y a des trous au plafond. C’est humide. La ventilation n’est plus adaptée. Deux fois par année, il est même fait appel à un exterminateur de cafards et autres nuisibles. Les sanitaires semblent d’un autre temps. «Tout se décolle», déplore le directeur exécutif. Les vestiaires seront entièrement rénovés.

À ce même niveau se trouve une salle de chant pour petits groupes. Avec le temps, elle fait également office d’économat, de stock d’accessoires et, lors de notre passage, huit micro-ondes destinés à la cafétéria provisoire de la halle 18 y étaient installés. Les quatre studios de danse en enfilade seront repensés, avec la pose d’une cloison coulissante afin que le chorégraphe et directeur artistique Gil Roman dispose d’un espace lui permettant de présenter son travail «en train de se faire» à un public. Mais faute de budget, la rénovation de la cafétéria devra attendre.

Direction l’étage. Les couloirs sont encombrés de malles à costumes, de caisses de tournée. «Là encore, c’est faute de place. C’est aussi l’endroit où les danseurs viennent se détendre entre deux répétitions», explique Jean Ellgass. Les vestiaires dédiés aux danseurs de la compagnie seront entièrement redessinés et agrandis pour accueillir les 42 artistes. Tout comme la sombre salle de fitness qui est aussi le cabinet du physio, et le salon de détente aménagé dans l’atelier de mécanique. À noter que le régisseur de la compagnie, Enrico Cesari, disposera enfin de son propre espace. Il partage l’actuel avec le maître de ballet, le machiniste, l’éclairagiste, l’accessoiriste et… le stock impressionnant de chaussons pour la troupe et les archives techniques.

Une expansion de 1000 m2

Les travaux de rénovation, de réaménagement et de mise aux normes techniques du Presbytère, devenu propriété de la Fondation Béjart Ballet Lausanne, dureront jusqu’en février 2020, date du retour, en mars, d’Habitats & Jardins. Leur coût: 6,5 millions de francs, dont 1,6 million pour l’aménagement provisoire et la location de la halle. Un montant conséquent qui comprend aussi une expansion bienvenue du Presbytère, avec la possibilité d’occuper l’étage inférieur qui s’est libéré. Le BBL gagnera ainsi près de 915 m2 pour y aménager un nouveau studio de danse, un local de percussion et de chant pour l’école, les services techniques, l’atelier de couture, la buanderie, l’atelier mécanique, une boutique et l’accueil. C’est par ce nouveau niveau que se fera également l’entrée principale.

Les travaux sont réalisés grâce au soutien de la Loterie Romande, de la Fondation Famille Sandoz, de la Fondation Maurice Béjart, du Centre patronal et du Fonds intercommunal de soutien aux institutions lausannoises, pour un montant total de 1,085 million. Et un emprunt de 5,5 millions. Ce prêt, cautionné par la Ville de Lausanne, sera entièrement à la charge de la Fondation BBL, le remboursement étant prévu sur trente ans.

Créé: 24.04.2019, 15h04

«Dixit» pour une dernière

Avant la rénovation du Théâtre de Beaulieu, le BBL y redonnera «Dixit», du 11 au 16 juin, un hommage total au créateur de la troupe déjà donné ici en décembre 2017. Conçu par Marc Hollogne, touche-à-tout de génie qui fut l’assistant de Béjart à la fin des années 80, ce «cinéma-danse-théâtre» présente un dialogue permanent entre la scène et l’écran de cinéma où se projettent des images d’archives et des extraits d’une rencontre intime avec le maître belge qui discourt sur son art et sur ses pièces. Mêlant des chorégraphies de Béjart et de Gil Roman, «Dixit» célébrait alors les 30 ans de la compagnie et les 10 ans de la mort du chorégraphe. Les danseurs répondent au virtuel, dans un spectacle assez époustouflant autour de l’inspiration et de l’imaginaire du créateur.

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