Le Biopôle inaugure le chaînon manquant de sa séquence ADN, l’incubateur

Sciences de la vieStartLab, qui couve les nouvelles sociétés actives dans les innovations biotechs, pharmas et de santé, accueille déjà deux jeunes pousses dans un nouveau bâtiment.

Nasri Nahas CEO du Biopôle et directeur du nouvel incubateur de ce pôle des sciences de la vie, le StartLab qui a été inauguré ce mercredi

Nasri Nahas CEO du Biopôle et directeur du nouvel incubateur de ce pôle des sciences de la vie, le StartLab qui a été inauguré ce mercredi Image: Patrick Martin

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Le canton de Vaud compte devenir un pôle phare, à l’échelle de la planète, dans les sciences de la vie. Un domaine d’activité qui touche aussi bien les biotechnologies, la santé digitale, l’intelligence artificielle médicale ou la recherche de molécules pour guérir le cancer. Créé en 2004 par les pouvoirs publics, le Biopôle, qui s’étale entre Lausanne et Epalinges, a cette vocation. Ces dernières années, le développement du site, qui accueille le monde de la recherche et de la formation, s’est accéléré. Mais il est encore loin de sa pleine maturité et il manquait un élément dans la séquence de son ADN: un incubateur servant à aider les nouveaux entrepreneurs de ce secteur à faire leurs premiers pas dans le monde de l’économie globalisé et ultra-compétitif. Le StartLab est ainsi sorti de sa couveuse et il a été inauguré mercredi matin, en même temps que le nouveau bâtiment SE-B qui l’abrite.

«The place to be»

«Pour devenir the place to be – l’endroit où il faut être - dans cet écosystème des sciences de la vie, il manquait le premier maillon de la chaîne: l’incubateur», a expliqué Nasri Nahas, le directeur de Biopôle SA et directeur du StartLab. Au départ, ce ne sont pas les fonds qui manquent aux jeunes entrepreneurs dont la société est issue d’un laboratoire de recherche ou qui développe un produit innovant, mais une structure de bureaux et de laboratoires, tout équipée où ils pourront véritablement lancer leur projet «hors de leur zone de confort», remarque le directeur.

Le StartLab comprend 300 m2 de bureaux et 700 m² de laboratoires, pour 44 places de travail. Plusieurs salles en accès libre et partagées contiennent des équipements spécialisés: chimie, microbiologie, salle blanche, centrifugation, culture cellulaire etc. Pour les entreprises qui auraient besoin de moyens plus pointus, notamment la spectrométrie de masse et l’animalerie, elles peuvent les obtenir auprès des laboratoires de l’EPFL et de l’UNIL installés sur le même site du Biopôle.

Les jeunes sociétés, qui peuvent faire appel à un accompagnement d’experts dans tous les domaines, louent leur espace de travail à la carte selon leurs besoins. Elles peuvent y rester pour une durée de trois ans au maximum. L’idée explique Nasri Nahas est qu’elles s’installent par la suite dans d’autres locaux du Biopôle et que d’autres aient leurs chances. Son ambition est d’accroître le pourcentage de réussite chez ces toutes jeunes pousses, sachant que, normalement, un dixième seulement connait le succès. Mais pour lui, il ne faut pas parler d’échec, c’est dans la nature d’un tel écosystème reposant sur l’innovation et le risque d’entreprendre.

Une dizaine de places

Le nouvel incubateur peut héberger une dizaine de start-up comprenant quatre personnes en moyenne. Deux y sont déjà installées depuis début avril. HaYa Therapeutics, issue de l’Unité de cardiologie expérimentale du CHUV, est spécialisée dans le traitement de l’insuffisance cardiaque et travaille sur des traitements d’un nouveau type. Et l’entreprise de biotechnologie originaire de Monthey, Gnubiotics Sciences, dont les études portent sur la flore intestinale, qui veut développer des compléments alimentaires pour l’homme et l’animal, pour des sujets qui ont des déficiences fonctionnelles des intestins.

Biopôle SA – appartenant essentiellement au canton, Lausanne et Epalinges se partageant à peine 2,5% - a investi 2 millions de francs dans les équipements de l’incubateur, les murs étant propriété du bâtisseur du bâtiment SE-B: Retraites Populaires. Le budget de fonctionnement du StartLab est de près d’un million par an, financé par les sociétés elles-mêmes ainsi qu’une subvention de l’Etat au titre du développement économique (200'000 francs), Biopôle SA couvrant l’éventuelle déficit. Retraites Populaires a investi 31 millions de francs dans la construction du bâtiment non équipé. Comprenant 9100 m2, il est déjà quasiment tout occupé, a expliqué Sébastien Henchoz, responsable de la division immobilier, aussi bien par des start-up que des entreprises multinationales et leaders dans leurs activités. L’immeuble a un potentiel de 300 à 500 emplois, qui viennent s’ajouter aux quelques 1200 travaillant actuellement sur le site du Biopôle.

Investissements d'infrastructures

Lors de l’inauguration, mercredi matin, Philippe Doffey, directeur général, a rappelé que, traditionnellement, Retraites Populaires a toujours été active dans les prêts hypothécaires et la construction de logements à loyers abordables. Mais depuis quelques années, elle investit dans des projets d’infrastructures d’envergure, parmi lesquels l’Hôtel des Patients, ouvert fin 2016, fruit d’un partenariat privé-public, en lien avec le CHUV, le futur centre de recherche high tech sur le cancer Agora, en face du même CHUV, et le projet de développement de nouveaux logements pour étudiants de l’Ecole Hôtelière de Lausanne (EHL).

Aujourd’hui, précise Sébastien Henchoz, le parc immobilier de Retraites Populaires est l’un des plus importants du canton avec plus de 500 immeubles comprenant 13'000 logements et locaux commerciaux. Cinq seulement sont des bâtiments d’infrastructures, mais l’institution compte augmenter ce type de projets dans l’idée de garantir à long terme ses engagements de prévoyance. (24 heures)

Créé: 25.04.2018, 17h54

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