Le blanc-seing des élus lausannois au local d'injection

Conseil communalContre l’avis d’une minorité, les conseillers ont dit oui à un espace de consommation sécurisé pour les toxicomanes. En attendant le référendum.

La majorité du Conseil communal de Lausanne souhaite que les toxicomanes puissent bénéficier de conditions d'hygiène limitant leurs risques de contracter une maladie.

La majorité du Conseil communal de Lausanne souhaite que les toxicomanes puissent bénéficier de conditions d'hygiène limitant leurs risques de contracter une maladie. Image: KEYSTONE/A

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Après un débat fleuve, le Conseil communal de Lausanne a accepté mardi soir à une forte majorité la création d’un local d’injection pour les toxicomanes. Dix ans après le refus populaire d’une structure similaire par le peuple lausannois, les élus ont remis l’ouvrage sur le métier.

Les débats ont été passionnés, les élus se plaçant souvent davantage sur un plan personnel que politique. Dans le camp des défenseurs du projet, socialistes, Verts et membres d’Ensemble à Gauche ont fait valoir qu’il s’inscrivait parfaitement dans le cadre des quatre piliers de la lutte contre la drogue, adoubée par les votants suisses en 2008.

Ce dispositif comprend la prévention, la thérapie, la répression et la réduction des risques. La création d’un «espace de consommation sécurisé» permet, selon eux, précisément de protéger les toxicomanes de l’hépatite ou du virus HIV.

Au PLR, les opposants de 2007 ont changé d’avis. Une majorité du groupe a en effet fait valoir que les temps avaient évolué et que les expériences menées dans les autres villes (huit autres structures en Suisse) produisaient des effets que les différentes études scientifiques jugeaient globalement positifs.

Mais certains opposants de 2007 n’ont pas désarmé. A l’instar de Françoise Longchamp, qui ne veut pas contribuer à «installer confortablement les toxico-dépendants dans leur addiction». Elle a été suivie dans cette position par le PLC et l’UDC.

Quatre amendements ont été acceptés qui ajustent le projet. Les horaires seront élargis à un temps continu, à savoir l’après-midi, sept heures par jour, chaque jour. Priorité sera donnée aux résidents vaudois. La rédaction d’une convention avec la police et la Fondation ABS (Accueil à bas seuil d’accessibilité) a aussi été ajoutée. Enfin, un monitoring sur 18 mois débouchant sur un rapport est commandé, de même qu’une information régulière aux riverains.

Le référendum automatique a été refusé, laissant les opposants en monter eux-mêmes un, ce qui se produira sans doute...

Créé: 30.05.2017, 22h48

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