La Blatte trépigne sur le perron du Pianissimo

RenaissanceL'installation de l'association dans l'ancien club de jazz se heurte à la lenteur des procédures.

Une partie des membres du comité de la Blatte devant la devanture de l'ancien Pianissimo qu'ils attendent de pouvoir investir depuis de longues années.

Une partie des membres du comité de la Blatte devant la devanture de l'ancien Pianissimo qu'ils attendent de pouvoir investir depuis de longues années. Image: Léo Duperrex

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Vu la durée des préparatifs, espérons que le mariage sera à la hauteur. Le Pianissimo, fermé en 2005, et l’association La Blatte attendent patiemment de sceller une union souhaitée depuis 2013. Date à laquelle ses membres ont obtenu une promesse de bail qui doit leur permettre de transformer la dernière partie inoccupée de l’ancien club de jazz en un bar socioculturel. Ils côtoieront un artiste peintre et une microbrasserie installés dans les deux autres étages.

Mis à l’enquête fin avril, le projet fait face à une opposition, actuellement entre les mains de la Ville. «Un voisin se pose des questions légitimes notamment en termes de nuisances. Mais il s’agit d’un lieu culturel avec un petit bar à l’intérieur et non l’inverse. D’ail­leurs, nous n’aurons même pas de terrasse», rassurent les membres du comité de La Blatte. Le lieu se veut rassembleur et dans la continuité de ce qui se faisait au Blatte Bar de Grancy. Une bibliothèque, des expositions, des spectacles burlesques, des projections en super-8 ou encore du troc de savoirs sont envisagés. Le local sera également mis à la disposition d’artistes qui souhaitent valoriser leur travail.

Travaux conséquents

«Nous avions déposé un premier dossier pour lequel la Municipalité nous avait demandé de nombreux compléments. La rue des Deux-Marchés est située en zone à habitat prépondérant et nous avions peur que notre demande soit refusée pour cette seule raison. Finalement, le principe de l’ouverture ne pose pas de problème mais nous devrons respecter des horaires restreints», indiquent les membres de La Blatte. A savoir 11 h-0 h soit un peu moins que dans leur ancien fief Sous-Gare, fermé fin 2012 à l’échéance du bail.

«Tout est à refaire: l’isolation phonique, l’isolation thermique, l’installation de toilettes…»

Seul souci, le projet est fortement freiné par les procédures. Sans permis de construire, La Blatte peut difficilement partir à la pêche aux dons. Or, l’association doit encore trouver une centaine de milliers de francs pour envisager sereinement les importants travaux de transformation. «Tout est à refaire, l’isolation phonique, l’isolation thermique, l’installation de toilettes, etc., listent les bénévoles. Et il faut tenir compte du fait que la devanture du bâtiment est classée. Les normes et les coûts en matière de ventilation nous ont déjà contraints à réduire la capacité maximale à 70 personnes. Mais, par chance, nous effectuerons certains travaux seuls ou avec l’aide d’amis.» Pas question néanmoins de s’avancer sur le premier coup de pioche et encore moins sur l’inauguration: «Nous avons appris à être non pas pessimistes mais au moins méfiants. C’est clair qu’avec l’argent et le temps déjà investis nous aimerions vraiment arriver au bout. D’autant plus qu’il y a une vraie attente.»

Propriétaire du bâtiment, la coopérative Tunnel-Riponne croise aussi les doigts. «Le projet nous plaît bien avec un esprit qui correspond à ce que l’on veut dans ce quartier. Et malgré la longueur des procédures, l’association reste motivée et dynamique, ce qui est positif, apprécie le secrétaire général Jérôme Marcel. Après l’échec du projet de Patrick David (voir ci-dessous), nous avions dû reprendre notre bâton de pèlerin. Beaucoup de temps s’est ensuite écoulé avant que la Ville demande d’importants compléments sur ce dossier. Désormais j’espère qu’il sera finalisé.»

Créé: 24.08.2016, 17h14

Déjà plus de dix années pour renaître

Théâtre et cave à jazz, le Pianissimo est fermé depuis le soir du 5 septembre 2005, après que d’importantes pluies ont inondé son sous-sol. Faute de moyens financiers, la patronne Jacqueline Morlet avait dû rendre les clés du lieu. Depuis, ce dernier reprend vie lentement et par étapes. Alors que le premier étage est désormais occupé par un artiste peintre, la microbrasserie Les Fleurs du Malt s’est installée au sous-sol début 2015. Reste donc le rez-de-chaussée, longtemps convoité mais toujours inoccupé.

En 2008, une dizaine de repreneurs potentiels s’étaient annoncés. Parmi ces nombreux projets, c’est celui du manager lausannois Patrick David qui avait été retenu. Ce dernier envisageait une petite salle de concerts pour faire la promotion d’artistes locaux. Il avait même reçu un bail en 2009 mais tout avait finalement capoté faute de soutien financier de la Ville. Arrivée ensuite avec l’ambition d’installer son bar socioculturel, La Blatte espérait initialement un permis de construire pour l’automne 2014. Ce sera, au mieux, pour fin 2016.

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