La boucherie de Georgette vend ses derniers steaks

LausanneMarie-Hélène et Philippe Lincio ferment leur commerce après trente-quatre ans d’activité.

Marie-Hélène et Philippe Lincio mettent la clé sous la porte, comme de nombreuses boucheries artisanales en Suisse.

Marie-Hélène et Philippe Lincio mettent la clé sous la porte, comme de nombreuses boucheries artisanales en Suisse.

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«Merci pour avoir été là toutes ces années, vous allez nous manquer.» Cette remarque lancée par une cliente tire des larmes à Marie-Hélène Lincio. La boucherie qu’elle tient depuis 1985 avec son ex-mari, Philippe Lincio, à l’avenue Georgette, ferme ce samedi. Depuis quelques jours, des fleurs et des dessins d’enfants s’entassent derrière le comptoir. «C’est triste, mais nous avons décidé d’arrêter car ce travail est usant, explique-t-elle. J’ai travaillé ici trente-quatre ans, six jours par semaine et quinze heures par jour. Aujourd’hui, j’ai envie de profiter de mes petits-enfants.»

Au laboratoire, Philippe Lincio (58 ans) passe ses dernières heures à découper des pièces de viande. «Nous avons dénoncé le bail car les locaux devenaient fatigués. Il aurait fallu investir, mais à notre âge ce n’est plus le moment», explique cet artisan originaire de Brenles, qui avait rencontré son ex-épouse alors qu’elle faisait un stage de cuisinière diététicienne au CHUV. Leur boucherie artisanale était réputée pour la qualité de la viande et pour les produits transformés. La concurrence, le manque de places de parc et les changements d’habitudes alimentaires ont fait grandir la part de produits traiteurs ces dernières années. «Les gens ont moins le temps, à la fois pour cuisiner et pour faire leurs courses à des endroits différents», explique Philippe Lincio. Les locaux devraient être reloués à un traiteur.

La fermeture du commerce Lincio s’inscrit dans une tendance nationale: la disparition progressive des boucheries artisanales. Une enseigne sur deux a fermé ces dernières années en Suisse. Une enquête réalisée en 2017 montrait certes des disparités régionales (il reste cinq boucheries indépendantes à Payerne alors que certaines villes n’ont plus d’enseigne), mais l’Association vaudoise des maîtres bouchers-charcutiers (AVMBC) ne comptait plus que 85 membres il y a deux ans contre 200 au début du millénaire.

Créé: 22.02.2019, 20h32

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