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La boutique de fripes à vocation sociale se bat pour sa survie

La vente d’habits de seconde main a permis à des dizaines de femmes de s’intégrer depuis 2015. Faute d’aides suffisantes, elle devra devenir rentable.

Rosa, Vera, Jenny et Angelica doivent beaucoup à la boutique Taffetas.
Rosa, Vera, Jenny et Angelica doivent beaucoup à la boutique Taffetas.
Christian Brun

La dure réalité commerciale risque de rattraper un projet à vocation sociale à Bussigny. Depuis 2015, la boutique Taffetas fait bien plus que vendre des habits de seconde main, dans le quartier un peu industriel juste en dessous de la gare. En près de cinq ans d’existence, elle a donné une formation dans le domaine textile à 25 femmes immigrées, du nettoyage à la vente. Une quarantaine de personnes y ont travaillé comme bénévoles pour acquérir une expérience professionnelle et se créer un réseau. Enfin, des cours de français dispensés dans l’arrière-boutique bénéficient à 60 élèves par an pour un coût modique.

Aujourd’hui, ce projet bénéficie d’une subvention communale qui permet de payer le loyer, mais il a dû renoncer à une aide du Canton. Reste le chiffre d’affaires pour s’assurer un avenir, et c’est là que le bât blesse. «Nous avons connu une bonne année en 2018, avec l’engouement pour la durabilité et la récupération de vêtements. Nous pensions que cela durerait, mais aujourd’hui, nous devons élargir notre clientèle», analyse Angelica Gutierrez, gérante et unique salariée.

«Ce qui nous distingue, c’est ce que nous apportons sur le plan social. Il faut trouver le moyen de le faire savoir», estime cette ancienne avocate qui a laissé derrière elle sa vie en Espagne. Face à la concurrence des échanges de fripes sur les réseaux sociaux, la boutique a déjà renforcé sa présence sur Instagram. Elle prévoit désormais de créer des vidéos sur YouTube pour raconter les histoires de ces femmes qui s’entraident pour trouver leurs marques en Suisse.

Espagnole elle aussi, Milagros est l’une d’elles. «À mon arrivée, j’avais une expérience de la vente de vêtements, mais aucune connaissance du marché suisse. Ce que j’ai appris ici m’a aidée lors de mon premier entretien d’embauche.» Désormais, elle travaille dans un magasin à Lausanne, mais reste liée au groupe de bénévoles de Taffetas. Caridad, elle, a trouvé un poste de concierge quatre ans après sa venue en Suisse du Portugal et un an après son passage à la boutique. «Cela m’a aidée à me motiver alors que je me sentais perdue.» Taffetas se donne un an pour prouver qu’un projet social peut s’assumer.

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