Bras de fer autour de la taxe d’études

EPFLLe PS menace de ne plus soutenir les EPF en cas d’augmentation de l’écolage de 500 francs par année.

Image: Christian Brun - A

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C’était à prévoir, le projet du Conseil des écoles polytechniques fédérales (CEPF) de Lausanne et de Zurich d’augmenter les taxes d’études de 500 francs par année fait grincer des dents. Si le projet actuellement mis en consultation passe la rampe, l’écolage passerait de 1160 à 1660 francs par an dès la rentrée 2020, aussi bien à Zurich qu’à Lausanne. Une augmentation «modérée et socialement acceptable», justifiée par la qualité d’un enseignement dispensé dans des disciplines coûteuses telles que les technologies et les sciences naturelles. Autre argument avancé: dans les EPF, les taxes n’ont pas été augmentées depuis 2004.

«L’éducation est un droit fondamental. Idéalement, les études devraient être gratuites»

Sur le campus d’Écublens, la résistance s’organise contre une idée qui avait déjà provoqué une levée de boucliers. Il y a quelques années, dans le programme d’économies du Conseil fédéral, c’est carrément le doublement de la taxe qui avait été envisagé. Dans une prise de position déposée il y a quelques jours, l’Association générale des étudiants de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (AGEPoly) monte au créneau et détaille son «opposition ferme et inconditionnelle» à cette nouvelle mouture, qu’elle juge néfaste. «L’éducation est un droit fondamental. Idéalement, les études devraient être gratuites. En l’occurrence, le projet du Conseil des EPF veut les rendre encore plus chères, ce qui ne va pas dans le sens de l’égalité des chances mais serait au contraire un frein à la mobilité sociale, et qui va aussi contribuer à la précarisation des étudiants», souligne Arnaud Boissaye, président de l’AGEPoly. Il ajoute que le système vaudois d’attribution des bourses sociales ne permettrait pas de compenser l’augmentation de l’écolage pour les étudiants qui se retrouveraient en difficulté.

Dans le cadre de la consultation, l’association a sondé quelque 2000 étudiants. Près de 60% d’entre eux rejettent l’idée d’une augmentation, 12% répondent qu’ils devront emprunter de l’argent pour la compenser et 10% des sondés déclarent qu’ils sont endettés pour pouvoir subvenir à leurs besoins. «Pour de nombreux étudiants, l’augmentation voulue n’est tout simplement pas tenable», poursuit Arnaud Boissaye. Contrairement à ce que soutiennent les partisans de la hausse, le président de l’AGEPoly assure qu’elle n’aurait aucun impact sur la qualité de l’enseignement. «Entre les années 2014 et 2015, l’EPFL a vu son budget augmenter de près de 70 millions, soit une augmentation 17,5 fois plus importante que celle prévue pour les taxes d’études. Or, durant cette même période, nul impact significatif sur la qualité de l’enseignement n’a été constaté», détaille la prise de position.

Un oui sous condition
Dans ce bras de fer contre le Conseil des EPF, l’AGEPoly n’est pas seule. La preuve à Berne, où les Chambres, sur recommandation du Conseil des États, ont augmenté la contribution financière au domaine des écoles polytechniques fédérales de 53 millions, jeudi matin. Un oui obtenu de haute lutte, au terme de longs débats, mais qui pourrait voir la situation évoluer. «Nous sommes opposés à l’augmentation des taxes d’études. Dans un premier temps, nous avions d’ailleurs voté contre le budget 2018», rappelle le conseiller national Mathias Reynard (PS/VS), qui vient d’adresser une interpellation au Conseil fédéral à propos des EPF et de leurs finances. Si le PS a finalement voté le budget, c’est que Fritz Schiesser, président du CEPF, a laissé entendre que le montant demandé pourrait être revu à la baisse. «Mais si les EPF ne jouent pas le jeu et font augmenter la taxe annuelle de 500 francs, c’est fini, qu’ils ne comptent plus sur nous. Nous sommes d’accord de mettre des milliards pour l’enseignement et la formation, mais l’égalité des chances doit être garantie», poursuit Mathias Reynard.

Côté CEPF, on joue la prudence et on ne s’étale pas. «Décision finale sera prise en mars. À ce jour, tout est encore ouvert», indique son porte-parole, Gian-Andri Casutt. (24 heures)

Créé: 14.12.2017, 22h29

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