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A Bussigny, la densification fait grincer des dents

Une pétition veut un moratoire sur les futurs plans de quartier. La Muni ne tiendrait pas ses engagements à limiter l’afflux de population.

Yvette Barraud, Jacques Virchaux et Catherine Morel, membres de DEBU, devant le chantier du quartier Bussigny-Ouest, qui comptera 2500 habitants d’ici 2030.
Yvette Barraud, Jacques Virchaux et Catherine Morel, membres de DEBU, devant le chantier du quartier Bussigny-Ouest, qui comptera 2500 habitants d’ici 2030.
Philippe Maeder

Dans l’Ouest lausannois, les projets de nouveaux quartiers champignonnent à intervalles réguliers. Effet collatéral, les poussées de méfiance de la population se multiplient elles aussi. A Bussigny, une association vient d’adresser un carton jaune à la Municipalité. Au début du mois de mai, Demain Bussigny (DEBU) a lancé une pétition déjà forte de près de 500 signatures. Elle réclame un moratoire sur tous les nouveaux plans partiels d’affectation (PPA) et plans de quartiers afin de mettre un frein à «une surdensification non concertée».

L’association n’en est pas à son coup d’essai. En 2012, c’est elle qui avait lancé, et remporté, la bataille du référendum contre une tour de 60 mètres prévue au cœur de la ville. Suite à ce camouflet, la Municipalité s’était engagée dans une charte à contenir la densification de la ville. Promis juré, les immeubles ne dépasseraient pas 30 mètres, et surtout, à l’horizon 2023, la Commune ne gagnerait pas plus de 3000 habitants.

Pour Yvette Barraud, présidente de DEBU, la promesse n’est pas tenue: «En présentant une succession de PPA, la Municipalité pratique la politique du saucissonnage. En faisant l’addition de tous les projets déjà avalisés par le Conseil communal, nous nous sommes rendu compte qu’à l’horizon 2023, il y aura en fait 5100 habitants de plus, pas 3000.»

6600 habitants en 13 ans

La pétition n’étant pas encore déposée, la Municipalité n’est pas encore officiellement saisie de la question. En charge de l’Urbanisme, le municipal Jean-Daniel Lüthi n’en conteste pas moins le constat de DEBU: «Il doit s’agir d’extrapolations, je ne sais pas d’où ils tirent leurs chiffres. Les estimations de nombre d’habitants sont inscrites dans chaque PPA. Elles sont connues depuis des années et n’ont pas changé.»

Selon les données de la Commune, les sept projets de quartier déjà avalisés par le Conseil communal (lire ci-contre) amèneront à Bussigny un total de 2980 habitants à l’horizon 2023. Les engagements de la charte seraient donc tenus.

Le compte ne s’arrête toutefois pas là. La plupart de ces quartiers continueront en effet de se développer et d’accueillir de nouveaux habitants au-delà de 2023. Ainsi, ces mêmes sept projets, auxquels s’ajoutera un huitième PPA actuellement en préparation, feront encore augmenter la population de 3610 Bussignolais en l’espace de six ans, entre 2024 et 2030. Selon les projections de la Commune, Bussigny devrait donc gagner près de 6600 habitants ces 13 prochaines années.

Densité obligée

Au-delà de la bataille de chiffres, Yvette Barraud l’assure: «Nous ne sommes pas contre la densification. Le problème est que la population n’est pas du tout écoutée. Après le référendum, les oppositions que nous avons déposées ont été les seuls moyens de nous faire entendre.» DEBU est en effet montée au créneau plusieurs fois, amenant la Municipalité à revoir sa copie pour les PPA Industrie et Mochettaz par exemple.

Dernier épisode en date, le PPA Buyère avait vu sa densité de population abaissée de 20% par le Conseil communal sur la proposition d’un élu membre du comité de DEBU.

Faut-il renforcer l’implication de la population pour éviter ces situations? Jean-Daniel Lüthi relève que la Municipalité organise déjà deux séances publiques d’information par année, et une pour chaque PPA également. Selon lui, il ne faut pas non plus oublier que la marge de manœuvre des communes n’est pas totale en matière de développement urbain: «La population elle-même a adopté le principe de densification des centres avec la loi sur l’aménagement du territoire. Aujourd’hui, on ne peut pas présenter des PPA qui n’atteignent pas le niveau de densité requis par le cadre légal. Ils seraient simplement refusés.»

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