À Bussigny, la possibilité d’une autre agriculture

InitiativeDeux jeunes lancent une association de micromaraîchage écologique et sociale. Un modèle en plein essor.

Arthur Turin (gauche) et Guillaume Sommer (droite), fondateurs d’À la Belle Courgette, dans leurs champs.

Arthur Turin (gauche) et Guillaume Sommer (droite), fondateurs d’À la Belle Courgette, dans leurs champs. Image: VANESSA CARDOSO

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Il leur manquait juste un lopin de terre. «C’est le plus dur à trouver, surtout avec un projet qui sort des normes», concèdent Guillaume Sommer et Arthur Turin. Le leur s’appelle À la Belle Courgette et il verra finalement le jour à Bussigny, sur un terrain de 1,5 hectare loué à un propriétaire privé. Ces deux amis, respectivement diplômé en agronomie et étudiant en aménagement de la forêt et du paysage, lancent une association de micromaraîchage qui se veut écologique et sociale. Un projet spécifique mais qui s’inscrit dans le paysage de plus en plus fourni des microfermes (lire encadré).

À partir de mai 2020, À la Belle Courgette proposera des paniers de légumes «cultivés sans intrant chimique et avec un minimum d’énergie fossile» à ses membres. En parallèle, ces derniers devront donner quelques coups de main en s’inscrivant, à la demi-journée, pour des travaux divers: désherbage, récolte, aide aux livraisons ou encore préparation de repas. Une manière de créer une communauté et de sensibiliser aux problématiques agricoles.

«C’est la transposition d’un concept que j’ai connu chez Rage de Vert, à Neuchâtel, raconte Guillaume Sommer. Il y a les paniers de légumes, un système déjà bien répandu, mais aussi la relation au consommateur et son implication.» L’association compte déjà une trentaine de membres et en vise 60 pour parvenir à l’équilibre financier. «Ces derniers se partageront l’ensemble de la production», précisent les responsables. Les paniers seront distribués aux petits marchés du quartier du Vallon (Lausanne) et de la ferme (Bussigny) mais aussi dans quatre lieux de dépôt de la région.

Aidés d’un comité, notamment pour les tâches administratives, les deux fondateurs compteront aussi sur le soutien d’un membre de l’association Rage de Vert pour les questions techniques. «Comme nous œuvrons au niveau ultralocal, il n’y a pas vraiment de concurrence entre les projets, plutôt de l’entraide», apprécie Guillaume Sommer. Alors que le travail aux champs commencera en février 2020, les fondateurs espèrent «atteindre la rentabilité et dégager des salaires corrects à partir de la deuxième année».

Créé: 17.12.2019, 22h24

Les microfermes se multiplient

La naissance d’À la Belle Courgette illustre une tendance: les microfermes se multiplient.

«C’est récent, donc il n’y a pas encore de données chiffrées, mais nous sentons un essor, confirme Hélène Bougouin, spécialiste des systèmes de production alternatifs au FIBL (Institut de recherche de l’agriculture biologique). Toutes les initiatives sont spécifiques, donc c’est dur de les recenser, mais, dans le canton de Vaud, j’en connais une bonne trentaine.» S’il est aussi difficile de les lister, c’est que le terme de microferme n’est pas précisément défini.

«C’est un nouveau type d’agriculture qui ne repense pas forcément la production mais surtout l’organisation de l’entreprise», esquisse Hélène Bougouin. Une agriculture qui va à l’encontre de la croissance exponentielle des exploitations à des fins productivistes et au service de la grande distribution. «Là on cherche la rentabilité en faisant plus serré, plus précis. Ce sont des fermes concentrées», poursuit la spécialiste.

Valentin Gionchetta est familier du système. Il est cocréateur du Collectif des carottes courbes (microferme en permaculture à Arnex-sur-Orbe) et maraîcher pour la coopérative de livraison Le Panier Bio à Deux Roues. Pour lui, il s’agit d’un «système de production à échelle humaine et avec peu d’intrants, d’un modèle de transition vers une agriculture plus sobre». Avec son collectif, il vise simplement «l’autonomie et la résilience en termes de production et de consommation».

Preuve qu’il y a un essor, une microferme pilote a été créée sur le site de l’école d’agriculture de Marcelin tandis que le FIBL et le Canton viennent de lancer un groupe d’intérêt «Microfermes et permaculture». «Il faut désormais accompagner le mouvement et trouver une écoute au niveau politique. Il y a un retard structurel et législatif à combler», termine Hélène Bougouin.

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