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«C'est comme si la cathé pensait aux malheurs du monde»

Le guet de la cathédrale sonnera la cloche d'alarme tous les soirs à 22h pour appeler les Lausannois à la solidarité. Reportage.

Le guet de la cathédrale de Lausanne a sonné la Clémence, cloche d'alarme de 3,6 tonnes, pendant cinq minutes.
Le guet de la cathédrale de Lausanne a sonné la Clémence, cloche d'alarme de 3,6 tonnes, pendant cinq minutes.
KEYSTONE
L'action sera répétée tous les soirs à 22h, jusqu'à la fin de l'épidémie.
L'action sera répétée tous les soirs à 22h, jusqu'à la fin de l'épidémie.
KEYSTONE
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Un bruit assourdissant envahit le beffroi de la cathédrale de Lausanne. La Clémence, l'une des sept cloches de l'édifice, retentit pour la première fois depuis des siècles. De sa main droite, le guet Renato Häusler élance vigoureusement le lourd battant contre le vase. Peu après 22h, pendant cinq minutes, la vénérable cloche (qui pèse 3,6 tonnes) vibre au rythme de trois coups, pause, six coups, pause, et ainsi de suite. Il nous demande de lui faire signe lorsque les cinq minutes seront passées. Pour lui aussi, c'est une première!

«Une fois l'alerte passée, la sonnerie donnait le rythme pour soutenir et encourager les personnes qui luttaient contre le feu»

Cette action symbolique appelle les Lausannois à la solidarité et à l'entraide en ces temps troublés. «C'est comme si la cathédrale pensait aux malheurs du monde», confie Renato Häusler juste après cette première sonnerie (en do). Il répétera l'action tous les soirs, inlassablement, jusqu'à la fin de l'épidémie du coronavirus. Un clin d'oeil à la tradition médiévale: lors des incendies qui sévissaient dans la capitale, la cloche d'alarme retentissait jusqu'à ce que le sinistre soit éteint. «Une fois l'alerte passée, la sonnerie donnait le rythme pour soutenir et encourager les personnes qui luttaient contre le feu.»

On ignore quand la Clémence, fondue en 1518, a retenti pour la dernière fois. Avant elle, une autre cloche a sans doute retenti à de nombreuses reprises, les incendies ravageurs n'étant pas rares au Moyen-Âge. «Nous savons qu'une réunion a eu lieu en 1405 pour décider comment réagir en cas de sinistre. C'est d'ailleurs à cette date, le 4 novembre 1405, que remonte la première mention du guet, détaille Renato Häusler. La dernière alarme pour incendie majeur date de 1446. Après, on ne sait pas.»

L'idée de sonner la Clémence a émergé en début de semaine, alors que la Ville de Lausanne songeait à une action symbolique. «Au départ, il était question que je prononce un texte après l'annonce de l'heure. Mais cela ne s'entendrait pas très loin. Et en ce moment, il n'y a pas grand monde dans les rues.» Le retour à la tradition médiévale permet d'encourager les Lausannois, loin à la ronde, dans cette lutte contre le coronavirus.

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