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Pas de caméras contre le harcèlement de rue

La gauche majoritaire du Conseil communal refuse d'installer de la vidéosurveillance pour dissuader les agresseurs.

Le harcèlement sexuel, thématisé ici lors d'une manifestation genevoise, ne doit pas être le prétexte pour des caméras supplémentaires, estime la gauche lausannoise.
Le harcèlement sexuel, thématisé ici lors d'une manifestation genevoise, ne doit pas être le prétexte pour des caméras supplémentaires, estime la gauche lausannoise.
LAURENT GUIRAUD/A

Il n’y aura pas d’étude pour de nouvelles caméras à Lausanne dans le futur proche. Ainsi en a décidé, mardi soir, le Conseil communal de Lausanne, qui a classé sans suite un postulat de Claude-Alain Voiblet demandant de la vidéosurveillance contre le harcèlement de rue.

L’élu du Parti libéral conservateur (PLC) avait exposé dans son texte, il y a un an, que le phénomène du harcèlement de rue pourrait être valablement combattu avec la pose de caméras dans les endroits très fréquentés de la ville et dans les bus TL. Il demandait à la Municipalité d’étudier la question.

Mardi soir, le Conseil communal lui a barré la route. D’emblée, les socialistes, représentés ici par Yvan Salzmann, ont annoncé qu’ils s’inscriraient en faux. À leurs yeux, il s’agit là d’une manœuvre peu subtile pour remettre d’actualité un combat perdu autrefois par la droite en faveur de la vidéosurveillance en ville.

Pour la gauche radicale, Céline Misiego a en outre fait valoir que d’autres solutions existaient contre le harcèlement de rue et que ce n’était pas un phénomène nouveau. Par la voix de Xavier Company, Les Verts ont argumenté que des caméras ne pourraient pas suffire à confondre les coupables, puisqu’elles ne montrent que l’image et n’enregistrent pas ce qui se dit. Or, le harcèlement de rue est souvent le fait de paroles lancées au loin par des hommes qui hèlent les femmes de la manière la plus irrespectueuse qui soit. Résumant l’opinion générale des élus de la gauche, Xavier Company a dénoncé un postulat «alibi et populiste».

À droite, le PLR Xavier de Haller a tenté de convaincre du contraire en estimant que les vidéos peuvent constituer des preuves en cas de démonstration physique du harcèlement: «Cela peut être utile pour la police et pour la chaîne judiciaire.»

Dans la même idée, le PLC Philipp Stauber avance que de telles pièces à conviction seraient plus probantes que de simples témoignages. Enfin, traduisant peut-être la vision de l’ensemble de la droite, le PLR Guy Gaudard n’a pas hésité à demander dans la foulée une vidéosurveillance pour les rues et le trafic automobile. Comme quoi, le désir de caméras reste bien vivace dans le camp bourgeois.

Mais à Lausanne, c’est la gauche qui commande. Le postulat Voiblet a été refusé par 48 voix contre 33 avec 2 abstentions.

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