Le Canton ne doit pas rendre le magot de l'ex-baron de la drogue

VaudLe Tribunal cantonal a débouté un Français de 67 ans, condamné à 20 ans de prison en 1986, qui réclamait près de 20 millions de francs au canton de Vaud

Le Tribunal cantonal vaudois

Le Tribunal cantonal vaudois Image: Patrick Martin

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Deuxième tentative ratée. Celui que la presse de l'époque avait surnommé le «banquier de la drogue» n'a pas eu gain cause ni au Tribunal d'arrondissement en mars dernier, ni au Tribunal cantonal qui a rendu sa décision publique aujourd'hui. Pas question donc à ce stade que le canton de Vaud rende le pactole, composé de devises et de lingots d'or, d'un Français condamné en 1986 pour un trafic international de drogue à 20 ans de prison. Le butin d'une valeur de 8,5 millions à l'époque, et estimé aujourd'hui à près de 20 millions, avait été séquestré par la justice et dévolu à l’État de Vaud.

Le baron s'était évadé de la prison du Bois-Mermet en 1986 juste avant son procès. Après avoir disparu de la circulation durant des années, il avait finalement pu être extradé des Etats-Unis en 2004. Comme son droit le permet, il avait alors demandé à la justice suisse une révision de son procès. Or, depuis l'époque des délits, les infractions étaient prescrites. La justice l'avait donc acquitté.

Après un silence de plusieurs années, le caïd a décidé de réclamer ses avoirs séquestrés. Mais la Chambre des recours pénale a confirmé la décision du Tribunal de police de Lausanne rendue en avril dernier. Le sort des séquestres est réglé puisqu'ils n'existent plus. Le Tribunal cantonal précise encore que si cet homme souhaite demander des prétentions sur les montants versés dans la caisse générale de l’État de Vaud, il doit ouvrir une action devant la justice civile.

Une vision qualifiée de «formaliste» par l'avocat du baron de la drogue, Me Matteo Inaudi: «En somme, comme cet argent est passé dans les caisses du canton à l'époque, on nous dit qu'il n'est plus là. Et que ce n'est pas à la justice pénale, mais à l’État que nous devons adresser notre requête.»

Le baron de la drogue ne devrait pas se contenter de cet argument précise son avocat. «Nous voulons avoir un jour une vraie décision sur le fond. Nous étudions donc la possibilité de faire appel au Tribunal fédéral ou d'ouvrir une procédure civile.»

Créé: 20.08.2013, 12h10

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