L’église de St-François fait un carton plein

LausanneLoin des Fan zones, ils étaient plus de 500 à assister à la finale aux frais de l’édifice religieux.

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Il y a un endroit où il était possible de regarder la finale de l’Euro 2016 au frais, à l’abri des invectives entre les supporters des deux camps et des flots de bières: l’église Saint-François à Lausanne, où non seulement le match était diffusé sur grand écran, mais où en plus le son était coupé, remplacé par les improvisations aux grandes orgues du maître français en la matière, le titulaire de la Trinité à Paris, Loïc Mallié. Et c’est le pasteur Jean-François Ramelet qui donnait le coup d’envoi à 21h devant plus de 500 fidèles du ballon rond. «Cette expérience est extraordinaire, même si elle n’était pas au goût de tous vu les cartons rouges que j’ai reçus.»

Alors au début forcément, un match muet, cela surprend. De l’orgue à la place de la musique de David Guetta sur la pelouse du Stade de France en ouverture, aussi. Il faut un certain temps, comme dirait Fernand Raynaud, pour s’y faire. Ceux à s’adapter le plus vite sont les enfants. Arthur (10 ans) et son petit frère sont venus à l’église avec Jean-Luc, leur grand-père. «Pour une fois qu’on peut un peu gueuler dans une église», se réjouit Arthur. Papy ajoute: «On ne fréquente pas les églises d’ordinaire, à part pour les mariages ou les enterrements. L’idée est simplement géniale, et si ça se trouve, la prochaine fois qu’il y aura un culte intéressant ici, on reviendra.» David et Selma le confessent tout de go et sans rougir: le foot, très peu pour eux: «On est surtout venu pour entendre l’organiste. Et pour une fois qu’on n’est pas obligé de se farcir les commentaires de la RTS, on va en profiter. Moi, cela fait 39 ans que j’habite à Lausanne et jamais je n’étais entré ici.»

La surprise passée, les premiers applaudissements résonnent à Saint-François. Les premiers jurons à peine retenus aussi. Chaque fois qu’il le peut, Loïc Mallié glisse les notes de La Marseillaise, un brin chauvin. L’hymne de la Seleçao se fait plus rare. Et quand Ronaldo sort sur une civière, l’orgue se fait grave pour souligner cet instant de pure tragédie humaine. Zéro à zéro à la mi-temps. Les spectateurs sortent fumer une cigarette. Certains extirpent des bières de leurs sacs. David Payot, municipal popiste fraîchement élu, et l’écrivain lausannois Eugène refont les 45 premières minutes. «En tant que nouveau responsable des temples et des cultes, je me devais d’être ici ce soir. C’est un peu mon baptême», sourit David Payot. Pour Eugène, l’expérience est tout bonnement «surréaliste». «On se croirait chez Dali ce soir.»

Le match reprend. L’orgue devient à l’image du temps qui passe. Stressant. Au point que certains espèrent un but, d’où qu’il vienne, pour mettre fin à la performance. Le délivrance viendra finalement du camp portugais. La messe est dite. Dehors, la communion entre supporters portugais ne fait que commencer.

Créé: 11.07.2016, 00h29

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